
Dès notre arrivée sur la Grosse Île, nous nous sommes sentis imprégnés de son ambiance. Une indéfinissable atmosphère règne dans l'île et nous a accompagnés pendant notre visite des monuments, des lieux de sépultures, des ouvrages et des bâtiments historiques.
Nous avons vécu une expérience unique en rencontrant divers personnages d’époque lors de notre passage à la Grosse-Île.
L’histoire
Entre 1832 et 1937, environ quatre millions d’immigrants ont fait escale à la station de quarantaine de Grosse-Île avant de pénétrer dans le port de Québec.
Des milliers d’entre eux n’en sont jamais repartis, terrassés par des maladies telles que le choléra, le typhus, la variole ou l’influenza.
Aujourd’hui, le lieu historique national Grosse-Île-et-le Mémorial-des-Irlandais ne
garde plus ses visiteurs en quarantaine au milieu du fleuve St-Laurent. Il les
plonge plutôt dans un chapitre relativement peu connu de l’histoire du Québec,
mais aussi de l’Amérique du Nord.
«Québec a longtemps été la porte d’entrée de toute l’Amérique du Nord», explique Philippe Gauthier, de Parcs Canada. De là l’importance de contrôler l’arrivée de ces immigrants qui quittaient souvent des pays où sévissaient de grandes épidémies. «Tous les bateaux avaient l’obligation de s’arrêter pour une inspection médicale.»
Située au milieu du fleuve Saint-Laurent, la Grosse-Île surplombe l'archipel de L'Isle-aux-Grues. D’une superficie de 185 hectares à marée haute et de 220 hectares à marée basse, près de 70% de son territoire est toujours en friche. Seule la bande littorale sud est développée, en bordure du Passage de la Quarantaine jadis emprunté par les bateaux d’immigrants. Elle sert de station de quarantaine pour le port de Québec , la principale porte d'entrée des immigrants au Canada jusqu'à la Première Guerre mondiale.
Ce lieu historique national commémore trois thèmes particuliers soit l’importance de l’immigration au Canada, les événements tragiques vécus par les immigrants en ce lieu, principalement lors de l’épidémie de typhus de 1847 ou 100 000 Iralandais décident de s’embarquer vers l’Amérique pour fuir la famine qui sévit dans leur pays, et d’hôpital par la suite, les chapelles anglicane et catholique, les trois cimetières, les divers monuments commémoratifs, la croix celtique, et plusieurs maisons construites pour abriter les employés de la station quarantaine.
Nous avons allons tenter de vous faire revivre en images l’expérience troublante de ces gens qui ont navigué vers l’espoir d’un avenir meilleur et de ceux qui ont su les accueillir.
La Grosse-île est le témoin de drames humains et de dévouement exceptionnel du personnel. Plus de 7000 personnes y sont enterrées, la majorité étant des victimes de l'épidémie de typhus de 1847.
Le voyage commence donc par une belle croisière sur le fleuve Saint-Laurent avec les Croisières Lachance une entreprise familiale privée(1) qui nous invite à son bord à la marina de Berthier-sur-Mer. La Grosse-Île est située, au large de Montmagny. Du bateau nous apercevons déjà la croix celtique.

Notre guide Philippe Gauthier, coordonnateur et agent de communication, nous prend en charge pour la visite des lieux et l’information.
Dès l'arrivée sur le quai, nous sommes invités à entrer dans l'édifice de désinfection, comme le faisaient les immigrants à l'époque. Le bâtiment abrite une exposition multimédia qui présente les événements marquants de l'histoire de la station de quarantaine. Les étuves de désinfection originales, les douches, les salles d'attente et la présence de comédiens en costumes d'époques permettent de mieux comprendre le processus de désinfection auquel les immigrants devaient se soumettre à partir de 1893.
Via le train-ballade en opération durant la période estivale avec des départs toutes les heures, nous avons visité le secteur du village jadis occupé par les employés de la station de quarantaine.

Les bagages pour désinfection
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L'acceuil des passagers
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Des étudiants nous rappelle le drame en costumes d'époque
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Un système de désinfection à la vapeur
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Chapelle catholique et le presbytère

Chapelle anglicane
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La salle des douches
Les instructions  |

La maison des médecins
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La petite école
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L'ambulance
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Le plan du secteur des hopitaux |
C’est dans le secteur ouest de l’île que les premières installations de quarantaine sont aménagées à la hâte, en 1832. Toutefois, elles ne permettent pas l’isolement adéquat des malades
Ce n’est qu’après la terrible tragédie de 1847 que l’on sépare plus efficacement les malades des voyageurs en santé. Le secteur ouest sera désormais réservé au séjour des immigrants en santé mais gardés en observation,
En 1892, avec la construction de l’édifice de désinfection, le docteur Frederick Montizambert commence vraiment la modernisation de la station pour l’adapter aux plus récentes découvertes médicales.
Trois hôtels, construits entre 1892 et 1914 permettent d’améliorer les installations d’accueil et de logement des immigrants, selon les niveaux de confort offerts sur les bateaux. Les gens de première classe auront droit à l’hôtel de première classe ….(voir photo du haut de la page)
Le secteur centre de l’île est réservé au logement du personnel. Il sera occupé de façon saisonnière, selon la durée de la période de navigation, ce n’est qu’à compter des années 1860 que l’Île accueille ses premiers résidents permanents. Au fils des ans, la population s’accroît et compte plus de 200 personnes en 1921.
Le secteur est se développe en 1847, au moment de l’épidémie de typhus, quand les responsables de la quarantaine font installer douze abris pour loger le flot d’immigrants gardés en observation. Nous avons visité ces installations.
À compter de 1848, le secteur sera désormais uniquement réservé aux immigrants malades et les abris serviront d’hôpitaux. 
«Le Lazaret» qui a servi d'abri pour émigrants en 1847 et d'hôpital par la suite, est le dernier témoin encore debout de ces évènements.
En 1881, la modernisation de la station amène la construction d’un hôpital en brique appelé Hôpital de la Marine. Toutefois, le seul abri qui subsiste de 1847 conserve sa vocation d’hôpital de la variole. Beaucoup de bâtiments de l’époque sont disparus ou ont été rénovés, car le temps avait fait son œuvre.
En 2009, ce fut l’année de changements, on y ajoute des sentiers pédestres.
Le sentier du secteur ouest vous mène à la croix celtique érigée en 1909 en mémoire des immigrants irlandais décédés en 1847. De ce point, le plus élevé de l'île, la vue est saisissante

Au pied de la colline se trouvent le cimetière de 1832 et le Mémorial dédié aux immigrants et aux employés enterrés à la station. Dans ce lieu de calme, de paix et de recueillement, sont gravés les noms des personnes qui sont décédées sur l'île. Des visites guidées gratuites de ce secteur sont offertes par des guides de Parcs Canada pour une meilleure compréhension du lieu.

Le Mémorial des Irlandais témoigne du triste sort des populations irlandaises victimes de la Grande Famine de 1845-1849. En 1847, entre 40 et 50 personnes y décèdent chaque jour, des suites du typhus. Cette année-là, 76 000 Irlandais transitèrent à Grosse-Île.

L'île fut ensuite, entre 1937 et 1957, une base militaire expérimentale où se déroulaient en secret des expériences liées à la guerre bactériologique. Par la suite et jusqu'en 1980, elle retrouva ses premières fonctions en tant que station de quarantaine animale et centre international de recherches vétérinaires, les premiers laboratoires et étables à sécurité maximale.

(1)À Berthier-sur-Mer, une compagnie privée, Les Croisières Lachance offre de nombreux départs à tous les jours, de la mi-mai à la mi-octobre. Pour vous rendre à Berthier-sur-Mer à partir de Québec, vous devez prendre le pont Pierre-Laporte, direction sud et suivre l'indication autoroute 20 est, direction Rivière-du-Loup. Prenez la sortie 364, Berthier-sur-Mer, et dirigez-vous vers cette localité. Suivez les indications vous conduisant à la marina.
Gaëtane Nadeau
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