ESPACE NOSTALGIE

Espace Nostalgie (4)
ROBERT GADOUAS  ET
LES DEYGLUN PÈRE & FILS

  • par Pierre LUC

Que le temps passe vite. Nous voici déjà en février…avec des souvenirs qui nous ramènent aux années cinquante et soixante.
Nous rencontrons cette fois un acteur qui sera victime de sa trop grande sensibilité et, d’autre part, père et fils décédés à une année l’un de l’autre.
ROBERT GADOUAS

Père du comédien Daniel Gadouas et de la musicienne Catherine Gadouas, nés d’une union avec Andrée Lachapelle, ainsi de l’actrice Nathalie Gadouas, fille d’Andrée Lachapelle, Robert Gadouas (1929-1969) –PHOTO- débute sa carrière active vers la fin des années 40 à la radio : Madeleine et Pierre, Jeunesse Dorée, Rue Principale…
Celui qui sera co-fondateur du Théâtre du Nouveau Monde, fait ses premiers pas sur scène grâce à Pierre Dagenais. Il joue avec autant de brio du Shakespeare, du Molière ou du Cocteau.
À la télé, nous le voyons dans 14 rue de Galais et Pension Velder, notamment.
Son histoire d’amour d’une dizaine d’années avec Andrée Lachapelle débute au début de la télévision, à l’automne 52. Dans une adaptation d’une pièce d’Anouilh, elle incarne l’amoureuse, lui l’amoureux. C’est le début de leur relation. Ils auront quatre enfants.
Robert était reconnu par son sens inné du théâtre, l’instinct de son jeu et sa grande sensibilité. Cette dernière fera, que le 3 juin, 1969, injustement abandonné par le milieu théâtral, il se suicide en plongeant des hauteurs d’un bloc appartement, centre-ville de Montréal.
Le métier d’acteur était sa principale raison de vivre…

DEYGLUN PÈRE ET FILS
Nous avons rencontré Henry Deyglun ( 1903-1971) dans nos pages Nostalgie précédente. Français débarqué à Montréal en 1943, il se lie à Fred Barry et Albert Duquesne, joue avec Bella Ouellette, la plus grande actrice de l’époque.
Auteurs prolifique, ce Français de naissance signe une cinquantaine de feuilletons radiophoniques et 70 pièces de théâtre –il pouvait en écrire une en 15 jours.
Marié à Janine Sutto, ils auront deux enfants : les jumelles Mireille (comédienne) et Catherine. Serge est né de l’union avec Mimi D’Estée.

Serge Deyglun, décédera l’année suivante du décès de son père. Il n’avait que 44 ans. Mais il aura beaucoup bu et vécu à du 100 l’heure.
Auteur, chanteur, comédien, producteur, journaliste, Serge Deyglun, grand amateur et chasse et pêche, fut un apôtre de la conservation de la faune et de l’écologie.
De sa production de chansons, retenons : Cinq pieds deux, les yeux bleus, Retour des chantiers, Check tes claques Tom Dooley.
Serge a été marié à Andrée Boucher, fit partie de la vie de la journaliste Francine Dufresne et Marie-Christine fut sa veuve.
Tout un personnage que j’aurai eu l’occasion d’interviewer à  quelques reprises.

(Cet article a d’abord paru dans le magazine Carrefour Floride)

 

Espace Nostalgie (3)
TROIS PERSONNAGES MYTHIQUES

    • par Pierre LUC

Retour vers le futur… nous rencontrons trois artistes qui auront nourrit notre imaginaire pendant des décennies : un homme de théâtre, une comédienne, une chanteuse.

FRED BARRY
Une salle porte son nom dans l’enceinte du Théâtre Denise-Pelletier à Montréal, Fred Barry ( 1887-1964) y trouve la récompense d’une trentaine d’années infructueuses pour implanter un théâtre à Montréal.
Celui que l’on titrera de « pionnier du jeu à la canadienne » aura débuté, comme comédien et directeur de troupe à l’Impérial de Québec.
À Montréal, il s’installera au Chanteclerc devenu Stella ensuite devenu…Rideau Vert, rue St-Denis.
Entre’temps, en 1937 le voilà à Paris avec la pièce d’Henry Deyglun, «  Vers la terre canadienne », les tout premiers à traverser l’Atlantique.
On se souviendra peut-être de Fred Barry dans « Rue Principale » et  dans « Un homme et son péché » (Docteur Cyprien) à la radio ; puis dans « La Pension Velder » et « Métropole ».

AMANDA ALARIE
Bien avant d’incarner Maman Plouffe à la télévision, Amanda Alarie (1888-1965) aura été chanteuse lyrique et artiste de vaudeville.
Mère de la soprano Pierrette Alarie, la native de St-Jovite s’est imposée comme la vedette de « La Veillée du samedi soir » à CKAC (1937). C’était avant de participer, comme chanteuse et comédienne, aux « Fridolinades ».
Puis, nous nous en souviendrons mieux, de 1942 à 46, avec Hector Charland, Estelle Huot et Fred Barry (comme on se retrouve), Amanda joue au théâtre dans « Les Paysanneries » de Claude-Henri Grignon.
Il s’agit en fait d’une adaptation scène des succès de radio et télévision de « Un Homme et son péché ».
Dans les années cinquante, Amanda devient Maman Plouffe de « La Famille Plouffe ». Personnage qu’elle continuera d’incarner dans « En haut de la pente douce » et « Le Petit monde du père Gédéon ». Ceci jusqu’à trois ans avant son décès.

COLETTE BONHEUR
Prix radio au Concours de la chanson canadienne en 1957, Colette Bonheur (Chailler) (1927-56) était la sœur de la chanteuse Guylaine Guy. Elle débuta dans « Le Fantôme du clavier » de CKVL, auprès de Gilles Pellerin, le pianiste Billy Monroe et Jacques Normand qu’elle suivra presque partout par la suite.
Soit au cabaret Le Faison Doré (fin années 40), à « Porte Ouverte » de la télé, ainsi qu’aux Trois Castors du Café St-Jacques, auprès de Normand Hudon et Pierre Thériault.
Plus tard, vivant dans les Bahamas avec son mari le saxophoniste Billy Robinson, elle y mourra dans des conditions qui nous demeurent mystérieuses.

Que de bons souvenirs…
(Cet article a d’abord paru dans le magazine Carrefour Floride)

Espace Nostalgie 2
DES VOIX QUI NOUS
ONT FAIT VIBRER

  • par Pierre LUC

Retour vers le futur… puisque le passé est garant de l’avenir : deuxième volet d’Espace Nostalgie, nous rencontrons des personnages qui ont fait vibrer les plus âgés d’entre nous. Les « têtes blanches », quoi.

Gérard Barbeau (1936-1960)
La Voix du Québec, ce soprano voué à la prêtrise en a enchanté plus d’un par son timbre particulier.
Comment ne pas se souvenir de « Une Voix d’enfant » à la radio de CKVL ? Ou le film « Le Rossignol et les cloches » en compagnie de Nicole Germain, Juliette Béliveau et Jean Coutu ?
Ce prodige verdunois, qui a commencé à chanter à l’âge de 6ans, fut populaire dans les années 1949 à 52.
Les voix du Seigneur, elles, ont fait que l’enfant prodigue a été ordonné prêtre quelques jours avant sa mort.

 

 

Hector Charland (1883-1962)
On aura voulu l’imiter, le timbre d’Hector Charland, dans le personnage de Séraphin Poudrier demeurera unique. Que ce soit à la radio, à la télévision ou encore au cinéma dans le film « Un homme et son péché » d’Henri Grignon aux côtés de Nicole Germain (Donalda) PHOTO).
Monsieur Charland fut ensuite le Père Évangiliste dans le feuilleton télévisé, « Les Belles Histories des Pays d’en Haut « .
Né à L’Assomption où il fut ses études et fut inhumé, la mémoire d’Hector Charland se perpétue particulièrement par un théâtre qui porte son nom dans cette municipalité.

Rolande Désormeaux (1926-1963)
Chanteuse, musicienne et animatrice, Rolande Désormeaux doit sa popularité entre les années 40 et 50 à ses nombreuses émissions radiophoniques et, particulièrement « Rolande et Robert » à la télévision d’État.
Rolande et Robert L’Herbier, un couple dans la vie, furent entendus à CKVL dans « Vive la Gaité ».
Rolande désormais, sa voix et sa musique s’exprimèrent aussi via « Rolande et ses chansons » à CKAC (1942), «Les Joyeux Troubadours » de Radio-Canada (1944) et « Rolande Reçoit » à Télé-Métropole, une année avant le décès de celle qui fut auréolée du titre Miss Radio par les lecteurs de Radiomonde, en 1948.

 

Michel Normandin (1913-1963)
Sportifs, comment oublier la voix tonitruante de Michel Normandin, la voix des Canadiens pendant 12 ans, celle des Royaux de Montréal, 13 ans, et celle de La Lutte du mercredi Soir… ?
C’étaient les belles années, celles de Maurice Richard et d’Yvon Robert.
Un aréna porte le nom, à Brossard, de celui qui fut de plus le premier à décrire les matches de football en français.

Des voix inoubliables !
(Ce texte a été publié dans le magazine Carrefour Floride, édition décembre 2011)

Photos

Àffiche du film « Le Rossignol et les cloches »

Hector Charland et Nicole Germain

Rolande Désormeaux

Michel Normandin (en front)

 

DE LA BOLDUC ET DE TI-ZOUNE 

    • par Pierre LUC

Retour vers le futur… puisque le passé est garant de l’avenir, nos souvenirs se marient avec notre présent…qui deviendra souvenirs pour nous comme pour des générations auxquelles on aura raconté… Les documentaires télévisuels favoriseront ce passage d’aujourd’hui à demain. Et toute l’histoire d’une Ginette Reno ou d’une Céline Dion, d’un Jean-Pierre Ferland vivra pendant longtemps.

Dans cette série de reportages qui durera le temps que vous vous y plairez, nous allons plonger dans des époques éloignées, rencontrer des icônes de la communauté artistique québécoise qui, pour la plupart, demeurent présentes à notre mémoire.

En revanche, peu d’entre nous auront vécu l’époque de La Bolduc et d’Olivier Guimond, père, dont les carrières se croisent sur les routes du Québec. Dans des tournées épuisantes en voitures sur des routes parfois peu praticables. Ces sont nos pionniers du music-hall.

Mary Travers (1984-1941)
Bien sûr, je n’ai jamais vu Mary Travers, dite La Bolduc, sur scène. Je n’en conserve pas moins de beaux souvenirs de disques et documentaires de notre toute première chanteuse, auteure et compositrice.
Encore aujourd’hui, comment ne pas swingué en entendant Dans le temps du Jour de l’An, J’ai un bouton sur la langue ou encore Le petit sauvage du Nord.
Notre spécialiste de la turlutte aura joué au music-hall avec Olivier Guimond père et fils dans la troupe de Jean Grimaldi, auprès de Manda Parent.
Cette gaspésienne de naissance racontait au quotidien la vie des petites gens.
La Bolduc, un vent de fraîcheur qui résiste au temps.

Olivier Guimond, père (1983-1954)
Baptisé T-Zoune par Arthur Pétrie (mari de Juliette) du nom d’un comédien retraité, Pierre Desrosiers (père de Jacques, fantaisiste contemporain), fut et demeurait, selon Juliette décédée en 1955 le plus grand comique de l’histoire du burlesque canadien.
Alors que Mary Travers venait de la Gaspésie, Olivier Guimond était originaire de l’Ontario. Son éducation anglaise et l’influence du burlesque américain, fit qu’il se produisit d’abord dans la langue de Shakespeare.

Ti-Zoune, père, écuma le Québec et une partie du Canada depuis les années 1910 à la fin de la décennie 40. Donc un souvenir quelque peu vivace pour certains d’entre nous.
Se familiarisant peu à peu avec le français, le premier Ti-Zoune (ou plutôt le second) forma sa troupe. Que l’on vit composée notamment de Manda Parent, Paul Desmarteaux et Rose Ouellette qui lui doit son métier… et son surnom de La Poune.
Mary (La Bolduc) Travers et Olivier (Ti-Zoune) Guimond, père, deux grands noms, deux fleurons d’or.

Photos :
Mary Travers, dite La Bolduc

Olivier Guimond, père, dit Ti-Zoune

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