Le Journal de l'Auto Sport

 

 

STOCK CAR AU QUÉBEC :

ProCam seul en piste

-par Pierre LUC

Avec la disparition de la classe Pro-Truck Cummins de l’Autodrome St-Eustache, la série  ProCam devient l’unique classe de camions dans les courses de stock car au Québec. Et elle conserve son statut de « touring »

Il reste  trois épreuves à ce calendrier , la prochaine course de 100 tours ayant lieu à l’Autodrome Chaudière de Vallée-Jonction, le samedi 13 septembre.
Les activités se poursuivront ensuite à St-Eustache, à l’occasion  d’une épreuve de 100 tours.

La clôture de la saison se fera au même endroit, le lundi 13 octobre prochain. Lors de cette tombée du rideau, la confrontation se fera en 150 passages.

Rappelons qu’après six courses du championnat Bestbuy Rive-Sud de Lévis, deux recrues se disputent chaudement le premier rang et le titre qui l’accompagne.
Un seul point sépare Jimmy Cormier de Princeville, le pilote de la Remeq #95 et Maxime Pelletier, le conducteur de la Big Bill # 66.

Photo, gracieuseté   Mario Shink

pierrel30@videotron.ca

 

STOCK CAR AU QUÉBEC :

Riverside Speedway 

-par Pierre LUC

Les plus sentimentaux rêveront de la réouverture du Riverside Speedway, rond de stock car situé à Laval et en opération de 1958 à 1985, ce n’est pas tout à fait le cas.

Toutefois, pour la sentimentalité, sachons que le propriétaire de ce complexe, dans la région de Québec, a nom Richard « Dick » Fooley, fils de celui qui opérait la piste lavalloise jadis.
Et comme l’autre complexe se trouve à proximité du fleuve St-Laurent, c’était trop tentant de  ne pas  rebaptiser le Circuit Ste-Croix d’un nom anglais…Riverside Speedway.

Opéré depuis les années 70 par Denis Lachance, ce complexe multifonctionnel n’aura pas vu beaucoup de stock car en 2008, sous la nouvelle direction.

Les hommes de confiance de Richard Fooley, Jean Bergeron et Yves Turmel, sous la supervisation de Jean-François Descarries s’en sont surtout tenus à de la drift, des épreuves de motos, de l’accélération (1/8 de mille)  et des courses pour camionnettes sur l’ovale de 5/8 de mille.

Sur le tracé routier de 1,77 kilomètre, le club Delta de Québec y a tenu des compétitions de solo, la configuration n’ayant rien à voir avec l’ancienne piste dessinée sur trois paliers dans cette région montagneuse.

Souhait des amateurs de stock car de la région, que les activités de cette discipline reprennent du poil de la bête en 2009.
Après tout, «Dick » Fooley est un gars de stock car.

 

STOCK CAR AU QUÉBEC :

Autodrome Chaudière -par Pierre LUC

Dans quelques jours, nous mettons le cap sur la Beauce et l’Autodrome Chaudière, à Vallée-Jonction. Afin, notamment, d’y assister à une confrontation entre les pilotes de la série ACT-Castrol canadienne.

Depuis 2005, les frères Pierre et Claude Lessard (PHOTO) ont converti leur rond de course de terre battue en un anneau asphalté.

L’endroit est vite devenue populaire auprès de la population régionale comme des amateurs de stock car en général.

Avec des inclinaisons de 8 à 12 degrés au centre de la cuvette et de 12 à 16 degrés dans les courbes, ce ¼ de mille mérite d’être reconnu comme le plus incliné au Québec.

De la mi mai à la mi septembre, les activités ne dérougissent pas, les vendredis et samedis soirs.
Cette saison, la Chaudière accueille à deux reprises la série ACT. Les compétiteurs y retourneront le 6 septembre pour la confrontation Showdown, réunissant les plus fructueux de 2008.

Les catégories régulières de Vallée-Jonction sont : Semi Pro, Limitée, Sport Compacte et Légendes Modifiées.
Les meneurs au championnat (en date du 10 août) dans ces classes respectives, ont noms : Daniel Sylvain, Jérôme Gagné, et Dominic Jacques (PHOTO voiture no. 7).

Avec la contribution de l’un des meilleures relationnistes de stock car au Québec, André Gagnon pour ne pas le nommer, et un site internet riche en renseignements de toutes sortes (endroits où se loger, restauration, activités touristiques, la température dans la région…), l’Autodrome Chaudière jouit d’un bon rayonnement.

www.autodromechaudiere.com

 

STOCK CAR AU QUÉBEC :

Autodrome Montmagny -par Pierre LUC

Depuis deux ans, l’Autodrome Montmagny a pris un virage vers la terre battue. En fait, on n’y présente plus que trois ou quatre courses de stock car sur asphalte.

Le complexe, propriété de l’Américain Ralph Nason- un ancien pilote, s’est également ouvert au super cross sur motos, de même qu’à une discipline de plus en plus populaire, la drift.

Le gérant général André Fortin (photo en compagnie de Pierre Luc) a du pain sur la planche, car n’a ne dérougit pas de la mi-mai à la mi-septembre.

Les 23 et 24 août, les fervents de l’asphalte auront été comblés, avec deux programmes de suite mettant en vedette les LMS (Late Model Sportsman) de la série ACT Castrol, le circuit le plus relevé au Québec.

 

RANGER, UN JEUNE HOMME COMBLÉ

-par Pierre LUC

Les amateurs de course automobile arrivés tôt sur le site du NAPA 200 , hier, vendredi, en ont eu pour leur argent ! Une course folle opposant deux jeunes loups à un guerrier aguerri  du stock car ainsi  qu’au meneur aux points de NASCAR Canada, s’est terminée à l’avantage du héros local : Andrew Ranger.

Scott Steckly, celui qui domine la feuille de pointage, le rusé Kerry Micks, le jeune prodige J.R. Fitzpatrick  et Ranger ont animé sans arrêt les 100 kilomètres en 23 tours une épreuve époustouflante.

Micks et Fitzpatrick, partis à l’avant, n’ont pu semer Ranger (3e au départ), tandis qu’on pouvait s’attendre à une bataille en règle en le pilote de Roxton Pond et sa bête noire, le vétéran Micks.

Mais Ranger avait une autre priorité, remporter sa première victoire de la saison et triompher dans une épreuve majeure sur le circuit Gilles-Villeneuve, comme le firent Jacques Villeneuve et Patrick Carpentier.

Ce fut donc alors un duel de tous les instants entre ces deux jeunes coqs, Fitzpatrick et son poursuivant Ranger.
À ce jeu du chat et de la souris, le premier semblait avoir le dessus, mais trois erreurs causèrent sa perte.

Un premier dérapage au 18e tour profita à son adversaire, mais l’Ontarien reprit vite son dû.

L’affaire semblait conclu et Ranger voué à une deuxième place comme l’an dernier, sauf que…
Dans le tout dernier tour, Fitzpatrick l’échappa dans les premiers virages, voulut se reprendre trop rapidement et perdit le contrôle de nouveau.

Ranger n’eût plus qu’à rouler paisiblement vers le fil d’arrivée…et retrouver ses commanditaires et partenaires ainsi que la jeune qui lui avait prodigué le baiser de la chance (PHOTO).

Un jeune homme comblé !

 

GENTLEMAN FELLOWS RÉALISE UN RÊVE

-par Pierre LUC

Outre les trois Québécois impliqués dans cette deuxième édition du NAPA 200 de Montréal, le favori des fervents de sport automobile allait s’avérer Ron Fellows.


Vainqueur de cette course écourtée pour cause de pluie, le Torontois reçoit les acclamations… même s’il a devancé Patrick Carpentier celui que presque tout le monde aurait aimé voir gagner cet après-midi, samedi, au Parc Jean Drapeau.

Fellows, personnage éminemment sympathique, parrain de causes sociales et auréolé en tant que membre du Temple de la renommée du sport automobile canadien, cet Ontarien qui n’oublie jamais de glisser quelques mots en français, a réalisé un autre rêve dans sa vie : remporter les honneurs d’une course automobile sur le circuit portant le nom de son héros, Gilles Villeneuve.  Même si pour cela il devait vaincre Jacques, le fils du Petit Prince.

L’histoire officielle dit donc que Fellows, dans la Chevrolet no. 5 de Hendrick Motorsport a devancé Carpentier au volant de la Dodge de Gillett-Evernham, alors que Marcos Ambrose (Ford) a filé devant Ron Hornaday (Chevrolet),  Boris Said (Ford), Carl Edwards (Ford), Jason Leffler (Toyota), Greg Biffle (Ford), meneur aux points de la série, Clint Bowyer (Chevrolet) et Steve Wallace (Chevrolet), complétant les 10 premiers.

Villeneuve a été classé 16e et Andrew Ranger 28e.

Sa victoire, une quatrième en carrière chez NASCAR, Fellows la doit en grande partie à une tactique l’envoyant ravitailler bien avant tout le monde.

Lorsque la pluie s’est mise à tomber pour une deuxième fois, les organisateurs ont commandé un ralentissement durant lequel le pilote de 48 ans roulait en grande économie d’essence.

On a finalement mis fin à la course au 48e des 74 tours prévus alors que toutes les voitures se trouvaient arrêtées dans la ligne des puits : Fellows avec un grand sourire, puisque quelques tours de plus, il aurait dû prendre de l’essence tout comme le firent ceux qui le suivent au palmarès de l’épreuve.

Carpentier aurait sans doute préféré une reprise, lui qui termine 2e une seconde fois dans l’île Notre-Dame, car il aurait hérité de la commande.
Rien ne garantit toutefois qu’il l’aurait conservée, derrière lui, se trouvant  Ambrose de loin le plus rapide de l’après-midi. Le Tasmanien revenait après une pénalité pour vitesse excessive dans les puits.

Villeneuve était 6e lorsqu’il a été aveuglé par pluie et détruit en partie le devant de sa Toyata dans l’arrière de Chevrolet d’Alex Garcia

N’empêche, Villeneuve affichait son contentement en descendant de voiture, lui qui fut l’un des principaux animateurs. Lui, Carpentier et aussi Andrew Ranger –tout simplement formidable à sa première expérience dans ce circuit de NASCAR.

À un certain moment, sous les regards ravis d’une foule qui ne voulait pas quitter malgré la température maussade, les trois Québécois s’enchaînaient aux positions 4-5-6, derrière le trio infernal composé d’Ambrose, Scott Pruett et Max Papis.
Tous n’ont pas connu un sort heureux n’arrivant point à éviter les écueils sur piste trempée.
Pour un, Ranger a abandonné parce qu’il n’y voyait plus rien dans la lunette avant.

C’était la première fois que les gars de la Nationwide roulaient sous le déluge, leurs montures chaussées de pneus à rayures ; quelques-uns n’avaient même pas d’essuie-glace. Ce fut le cas pour Villeneuve.

Le plus chanceux : Fellows
Le plus malchanceux : Ambrose, lui qui avait mené pendant 37 tours l’an dernier avant d’être bousculé par Robby Gordon. Cette fois-ci encore, il semblait voguer vers la victoire.
La plus belle surprise : Ranger qui parvenait à rouler avec les meneurs.
Le plus spectaculaire : Villeneuve.

À l’an prochain, donc.

(Photos, courtoisie NASCAR)

 

LES CHEMINS VERS LA FORMULE 1

-par Pierre LUC

Qu’ont en commun tous les pilotes présentement engagés dans le championnat du monde de Formule 1 ?
Ils ont tous débuté par la pratique du karting, avant de suivre sensiblement les mêmes étapes des séries de promotions.
Autre question : quel est le dénominateur commun entre les champions du monde de ces vingt dernières années ? Vous avez deviné la réponse...

Du kart à la Formule Junior, à la Renault et la BWM principalement, les jeunes auront ensuite songé à des affaires plus sérieuses : la Formule 2, la Formule 3, la 3000, le GP2.

Dans les temps anciens, les Farina, Fangio, Ascari, Brabham, ne jouissaient pas d’un tel encadrement. On se faisait les dents dans de petites voitures, on s’efforçait de se faire remarquer lors de courses d’endurance comme le Mille Miglia de Sicile ou celle du Nurburgring.

La génération suivante, celle des Rindt, Hulme, Lauda, Fittipaldi, profita soit de la Formule Junior, de la Vee d’Allemagne ou du Brésil, notamment. Alors qu’une éclosion formidable se préparait.

Le karting
Au milieu des années 70, un karting structuré allait connaître ses lettres de noblesse. Ce fut l’ère des Mansell, Prost, Piquet, Senna…
Et cette discipline n’a pas cessé d’engendrer de beaux talents, les récupérant des plus en plus jeunes. Comme Kimi Raikonen et son dauphin actuel Lewis Hamilton, dès l’âge de 8 ans.

Leurs premiers trophées, les Massa, De la Rosa, Trulli , Button, Barrichello et autres, les décrochèrent à ce premier stade de leurs carrières. Trouvez-en sur la grille de F1 de 2008 qui n’ait pas débuté de la sorte.

Séries de promotion
Après le kart, la Formule Renault, fondée en 1971 attendait les jeunes espoirs. De la Rosa, Pironi, Prost, Massa s’escrimèrent dans ces monoplaces de 2 litres, dans l’un ou l’autre des nombreux championnats de France, d’Italie, d’Angleterre. Ou encore dans l’Eurocup.

Ne pas confondre ici avec les World Series By Renault (V6 de 3,5 litres) qui permirent, aux Alonso,  Montagny,  Gené de s’exprimer.


Depuis 2002, la Formule BMW  (moteurs de 1200ccc) accueille des adolescents aussi jeunes que 15 ans. Ont emprunté cette voie, les Rosberg, Vettel, Sutil, Heidfeld…

Actuellement, nous avons les séries d’Asie, d’Allemagne et d’Europe réunies et BMW Americas, laquelle pourrait favoriser l’émergence de nord-américains.
Souvent aux mêmes programmes que la F1,  avec son camp d’évaluation, son suivi des apprentis triés, ses bourses, BMW s’impose comme un programme  de développement de pointe, en ce début du 21e siècle.

Formules 2, 3 et 3000
En haut de l’échelle, devant se situer entre la F1 et la F2, la Formule 3 (caisses Dallara, moteurs Mercedes-Benz) tiendra le coup plus longtemps et plus solidement qu’aucune autre classe professionnelle mis à part la F1.
On ne pourrait pas tous les énumérer ceux qui ont marqué d’une pierre blanche cette F3 : Patrese, Stewart, Graham Hill, son fils Damon,  Kubica, Fisichella, Nakajima, Coulthard, Sato…
F-3 d’Allemagne, d’Amérique du Sud, du Japon, de France, d’Angleterre convergeront toutes vers l’Euroséries.

Quant à la F2, la plus ancienne de toutes (débuts en 1948), les coûts faramineux qu’elle imposait l’étoufferont, faisant place à la F3000.
Tout de même, les Ickx, Arnoux, Jarrier et Lafitte en ont bien profité,
La F3000, moulins  (surtout des Cosworth atmosphériques) limités à 3 litres comme son appellation l’indique, ouvre ses portes en 1985. Elle aura pour maîtres, entre autres : Alesi, Panis,  Montoya, et Sébastien Bourdais avant que celui-ci aille tout récolter en Champ Car.

GP2
Plus récent passage obligé vers la catégorie reine, le GP2 qui, en 2005, a remplacé la Formule 3000, grâce un peu, beaucoup, à son propriétaire Bernie Ecclestone qui l’a installé sous les projecteurs.

Châssis Dallara pour la grande majorité, engins Mechacrome (Renault) V8 de 4 litres développant 600 chevaux, soit une centaine de moins que ceux tournant à 19 000 tours de la F1, pneus lisses (non rainurés), ce groupe offre de beaux prospects. Voyons.

- Nico Rosberg, champion 2005, entreprend sa troisième campagne chez Williams.
- Heikki Kovalainen, deuxième cette même année, défend les couleurs de Mc Laren
- Lewis Hamilton, 1er de classe 2006, vice-champion actuel pour McLaren.
- Deuxième à Hamilton, Nelson Piquet fils débute pour Renault
- Tim Glock, champion 2007, se retrouve chez Toyota.
- Kazuki Nakjima, meilleur débutant 2007, titularisé chez Williams.
- Lucas Di Grassi, vice champion de la précédente campagne : pilote d’essai pour Renault.
- Et d’autres, essayistes : Romain Grosjean de GP2 Asia Series  (Renault) ; Kamui Kabayashi (Toyota) ; Sebastian Bueni (Red Bull) ; Luca Filippi, Mike Conway (Honda).

Dans ce cheminement, certains compétiteurs se trouvent plus choyés que d’autres, ceux que couvent des manufacturiers. L’exemple le plus frappant : McLaren et Ron Denis avec Hamilton, qui ont pris sous leurs ailes alors que tout adolescent.

Et puis il existe des filières. L’une d’elles, Red Bull, parrainant des athlètes en Amérique comme en Europe. Actuellement, le fabricant d’une boisson énergisante a en quelque sorte fait bifurquer l’un de ses protégés, le Torontois Robert Wickens (il représente le Canada en A1GP) de l’Atlantique vers la World Series by Renault.
Petits garçons deviendront grands…

                                         

ILS SONT VENUS D’AILLEURS
Alors que la progression normale en Europe passait alors par les divisions mentionnées, il en allait autrement en Amérique.


Lorsque Mario Andretti remporta le championnat du monde des conducteurs de Formule 1, en 1978, il avait déjà gagné le championnat USAC (Cart- IndyCar) à deux reprises, les 500-Milles stock car de Daytona et ceux d’Indianapolis. Voilà le trajet du pilote le plus complet de tous les temps.

À la même époque, après une entrée en matière sur motoneige et la Formule Ford canadienne, Gilles Villeneuve semait le désarroi en Atlantique. Il s’y frottait avec le futur détenant de la couronne mondiale de F-1, Keke Rosberg, prenant, aux Grand Prix de Trois-Rivières,  la mesure des Européens Patrick Depailler, Didier Pironi, du titulaire mondial James Hunt. Ce haut-fait et deux couronnes lui valurent un premier volant en F-1, celui d’une McLaren.

 

Châssis March, Reynard, Swift, moteurs Ford développant 350 chevaux, l’Atlantique se comparait à la F3 d’outre mer. Jacques, le fils de Gilles, allait y passer aussi. Mais non sans s’être attaqué à la F3 d’Italie et à celle du Japon. Suivirent pour lui, le championnat CART, la victoire aux 500-Milles d’Indianapolis, un parcours sans faute.

                                      

PROMOTIONS AYANT DÉVELOPPÉ DES CHAMPIONS DU MONDE
Formule Ford : Jody Scheckter, James Hunt, Michael Schumacher, Damon Hill, Ayrton Senna
Formule Renault : Alain Prost, Kimi Raikonnen
Formule 3000 : Damon Hill, Fernando Alonso
Formule 3 : Nicky Lauda, M. Schumacher, Hunt, D, Hill, Nelson Piquet père, Mika Hakkinen, Prost, Alan Jones, Jackie Stewart, Emerson Fittipaldi.
Formule 2 : Lauda, Keke Rosberg, Jochen Rindt, Graham Hill
Atlantique : Rosberg, Jacques Villeneuve
USAC/CART : Mario Andretti, J. Villeneuve

                               

BLOC-NOTES
La Formule Ford et son « festival » annuel a aussi largement contribué à l’essor de conducteurs présents ou anciens de la catégorie reine... À ne pas oublier, non plus, la Euro Open by Nissan, l’Opel, l’Alfa Boxer , la Vauxhall, alors que AI GP donne leur chance aux coureurs durant l’hiver…

Si l’on devait élire un roi du karting, il aurait nom Jarno Trulli : championnats nord-américain, Memorial Senna de Suzuka, du Monde en 125cc, d’Europe de Super A… De longues périodes d’épanouissement en kart : Davidson, 12 ans, Alonso et Barrichello, 8 ans… Une ascension rapide, celle de Button : kart, Ford d’Angleterre, F3 et hop !... 

Encore plus vive  la progression du double champion mondial et seul athlète à détenir un tel titre sur deux roues, John Surtees : moto, une course en F-2 et la marche la plus haute instantanément…Un Québécois, Mikaël Grenier, fait partie du programme de développement BMW…

Ce reportage a paru dans le magazine AutoMag

 

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JEAN-PAUL CABANA, LA LÉGENDE

-par Pierre LUC

À son école de Sanair, le champion partage savoir-faire et passion

Jean-Paul Cabana venait à peine de troquer la culotte courte pour le pantalon lorsqu’il a gagné sa première course de stock car. Aujourd’hui, celui qu’on surnomme La Légende enseigne les rudiments de ce sport à des jeunes de seize ans, l’âge qu’il avait quand il s’est lancé sur les anneaux de compétition. Entre ces deux étapes, chevauchant sur quelques générations, nous avons une carrière spectaculaire, garnie de plus 500 triomphes. Avec, toujours présente, la passion !

Aucun autre pilote de stock car québécois n’aura connu une carrière aussi exemplaire que Jean-Paul Cabana. Autant sur la terre battue à ses débuts que sur l’asphalte, autant dans le nord-est américain qu’au Canada, le légendaire pilote des bolides arborant le numéro 5-A a récolté un grand total de 503 victoires, ses plus récentes, en 2003, au volant d’une camionnette.

                                            Des hommages

Seul Québécois vainqueur d’une course de stock car au Daytona Speedway, il fut aussi le seul des nôtres intronisé aux États- Unis (New England Auto Racers Hall of Fame), suite à son entrée à celui du sport automobile canadien, à Toronto, au même moment que Jacques Villeneuve et Richard Spénard.

Le natif de Saint-Valérien, en Montérégie, bien que craint et jalousé parfois par ses compétiteurs, aura trouvé des appuis indéfectibles au long de cette glorieuse carrière. On pense à son mécanicien de toujours, Claude Favreau, en pense à la fidélité de son commanditaire d’une quinzaine d’années, Roland Benoit de P.P. Électrique.

10 souvenirs impérissables

Dans son logement de Saint-Hyacinthe, où trônent presqu’autant de trophées, plaques et certificats honorifiques, nous avons demandé à Jean-Paul Cabana de retracer les dix moments les plus importants de sa carrière. Suivons-le.

(1) Ma première victoire, je devais avoir 16 ou 17 ans, en 1954. J’allais encore à l’école. C’était sur terre battue, à Shawinigan Falls. J’étais mécano pour le propriétaire Gilles Dutilly qui cherchait un pilote.

(2) Quand, au Riverside Speedway de Laval, on m’a signifié que l’on n’avait plus besoin de moi : parce que je ne voulais pas « mélanger », c’est-à-dire en laisser d’autres gagner de temps à autre. Je suis alors parti pour les États-Unis

(3) Le jour où j’ai gagné huit courses sur 9 dans le rond de terre battue de Laprairie. La neuvième, je ne l’ai pas disputée parce que les compétiteurs menaçaient de faire la grève.

(4) Mon premier championnat de piste au Airborne Park de Plattsburgh. Ça m’a valu une position garantie à Daytona, en 1962.

(5) Ma victoire en catégorie Sportsman dans le Permatex de Daytona, l’année suivante.

(6) L’ouverture en 1962 et la fermeture vingt ans après, du Catamount Stadium de Milton, alors que j’ai gagné dans les deux

(7) Justement, 22 ans après, j’y ai gagné le fameux Milk Bowl. Comme tous les autres vainqueurs, j’ai dû boire le lait de vache, j’en avais partout sur le corps, le visage, les cheveux.

(8) Mon 500e triomphe, en 1993, au Circuit Ste-Croix de Lotbinière : dans une Thunderbird de Ford appartenant à Donald Forté.

(9) Mes intronisations aux Temples de la Renommée de Toronto en 2003 et celui de la Nouvelle Angleterre, en janvier dernier.

(10) L’ouverture de mon école de pilotage, il y a trois ans. 

 

Le bonheur à l’école

De tous ces-moments magiques, Jean-Paul Cabana privilégie son école, au complexe Sanair de St-Pie de Bagot :

Je capote avec ça, de voir la jouissance de ceux qui embarquent dans des voitures de course ; d’apercevoir leurs sourires en sortant de l’habitacle, ça procure un sentiment incroyable !

Treizième d’une famille de 14 enfants, communique son savoir-faire et sa passion aux jeunes générations.
Il faut leur apprendre calmement que le meilleur pilote, celui qui gagne, c’est celui qui contrôle le mieux la situation.
À raison d’une trentaine de cours par année, le prof accueille des gens de tous les âges :
J’en ai même eu un de 14 ans, ou encore des frères, frères et sœurs et des femmes. Ces dernières écoutent attentivement, tandis que les gars pensent souvent tout savoir. Elles se montrent très enthousiastes, achètent des journées de cours à leurs maris à l’occasion d’anniversaires ou de la fête des pères. Tous veulent connaître l’aventure du stock car.

Cabana ne fait pas qu’enseigner à des néophytes ou débutants. Par exemple, Patrick Carpentier et Andrew Ranger ont profité de ses conseils. Pour sa part, il ne tarit pas d’éloges à leur sujet.


Jean-Paul Cabana, 72 ans, homme de toutes les générations, affiche une verdeur peu commune. Ce grand-papa de deux jeunes filles nourrit d’autres projets, comme de créer un Temple de la Renommée du sport automobile québécois. Rien d’autre. Les amateurs de terre battue le retrouvent tous les vendredis à l’Autodrome Granby, où il entretient les gens au micro.

 

À Sanair, on s’ébahit de le voir rouler à pleine vapeur ,on s’étonne de son ardeur au travail, on ne peut que l’admirer, quoi !

PRINCIPES DE BASE INCULQUÉS PAR LE PROF

Position confortable

Pour Jean-Paul Cabana, il est important que le pilote soit bien installé dans la voiture, avec une bonne position des mains sur le volant. Car, selon « La Légende », trop gens conduisent crispés avec pour résultat que la fatigue s’installe dans les bras lors d’une longue course.

Où porter le regard

Pour la sécurité de tous, le regard du compétiteur doit se porter au loin : pas sur le capot de son bolide, ni même sur l’entrée des virages, qu’il aura appris à connaître, mais bien à la sortie de ceux-ci. Ainsi, si un accrochage survient, on évitera le carambolage.

La piste parle

Les pilotes d’expérience découvrent facilement les caprices d’un tracé.
Pour Jean-Paul Cabana, l’asphalte dit tout. Là où il est abîmé, on doit y diriger ses roues droites. C’est la groove, trajectoire idéale de sécurité et de performance. Pour les initiés, la ligne de corde.

Savoir reconnaître un bon pilote

Il n’est pas tendu, il sait attendre le bon instant pour prendre une décision. Tout comme une autre légende, Richard Petty, il ne craint surtout pas de longer les murets. Surtout que l’air compressé contre le ciment, rebondit derrière le bolide, lui procurant une poussée additionnelle. Tout aussi primordiale, il doit penser, toujours penser à ce qui se produit ou ne se produit pas, en chercher les raisons.


ÉCOLE DE CONDUITE JEAN-PAUL CABANA
· D’une durée de un à trois jours
· Pour pilotes débutants, avancés et professionnels. Aussi, programmes corporatifs de divertissement.
· Début des cours sur la petite piste de ¼ de mille
· Programme intensif sur le triovale.
· Voitures utilisées : de types des séries CASCAR, LMS, BUSH avec moteurs Chevrolet de 350 pouces cubes.
· Le cours théorique comprend l’examen du site, bien discerner les entrées et sorties de piste, trouver la trajectoire idéale (groove), apprendre à ralentir et freiner aux bons endroits de même qu’une signalisation sécuritaire. Un dernier repérage : assis à la droite de l’instructeur... qui parfois s’amusera à vous faire de petites frayeurs. Une personne avertie en vaut bien une autre.

· Le cours pratique (simulation de course) pourrait s’appeler : tactiques et intimidations. Dans un premier temps, vous roulez derrière ou devant l’instructeur, à la recherche du meilleur moment pour le dépasser. En d’autres instances, à la Dale Earnhardt Sr. on vous intimide, vous ne voudrez pas vous en laisser trop imposer. L’une contre l’autre, les voitures foncent vers les virages. Tout va bien si vous avez l’intérieur de la piste, cela se complique si on vous garde contre le mur...

· Un système de communication permet à l’élève d’entendre les recommandations de l’instructeur tout en roulant. On le presse de se montrer plus combatif ou on lui conseille de ralentir comme de mieux négocier les virages. Et puis on l’encourage, ouf que ça fait du bien !
· Coût total : 890,00$

Jean-Paul Cabana, dit La Légende du stock car québécois.


La piste asphaltée de Victoriaville posait de sérieux problèmes aux compétiteurs.


Un tout jeune homme passionné de la mécanique et du vrombissement des moteurs.


Acclamé dans le cercle des vainqueurs, à Deux-Montagnes (1963), par le promoteur André Beaudry, Jean Béliveau et le mécano Claude Favreau.


Jean-Paul (en avant-plan) et son équipe, posant à la piste de terre battue de Laprairie dans les années cinquante.


Au Fury Speedway , la victoire !


1959 : ici, nous sommes au Riverside Speedway, de Laval. Que de souvenirs.

Dans la voiture PP Électrique de Roland Benoit, Cabana a imposé sa loi dans le circuit American Canadian Tour (ACT).


Pierre Luc bien décidé à découvrir les sensations du stock car.


À l’avant-plan, le professeur Cabana ; contre le muret, l’élève Pierre Luc. Tactique d’intimidation.... ?


Jean-Paul Cabana introduit au Temple de la Renommée de la Nouvelle-Angleterre.


Rencontre avec un rival d’antan, Terry Labonte au Circuit Gilles-Villeneuve, en avant-première à la venue des compétiteurs de NASCAR.


La voiture Sportsman arborant le numéro 5 va gagner le Permatex de Daytona, en 1963. À son volant, Jean-Paul Cabana.

Drapeau de la victoire pour le « 5-A », à Thunder Road, Vermont, où il fut champion en 1971 et 1980.  

Ce reportage a paru dans le magazine AutoMag                                           

 

RALLYE…À LA QUÉBÉCOISE

-par Pierre LUC  

Le rallye québécois vit-il en santé, ou se trouve-t-il en manque de souffle. Les intervenants que nous avons interrogés se prononcent unanimement : il va comme il vient, il vient comme il est venu. Il tient bon. Malgré les coûts astronomiques des voitures de haute performance, malgré une dynamique de tous les instants exigés des organisateurs d’événements. Dans ces quelques pages, nous faisons un survol des compétitions et de leurs acteurs, brossant au passage un tableau des dépenses à encourir.

                               Le champion et ses dauphins

Depuis quelques années, le pilote numéro 1 au Québec, a nom Antoine L’Estage, 33 ans, membre d’une famille de  rallystes avec père, frère et sœur. Champion canadien en titre, L’Estage conduit une Hyundai Tiburon 2007 appartenant au multiple champion canadien John Buffum. Cette saison, le pilote de Saint-Jean-sur-Richelieu et sa conjointe de copilote Nathalie Richard dominent largement.


Trois dauphins à L’Estage s’annoncent en tant qu’Espoirs québécois.
Mathieu L’Estage, frère de l’autre, s’installe dans une Subaru Impreza, avec à sa droite, Yanick Napert. On dit que bon sang ne saurait mentir…


Un autre Mathieu, Dubé celui-ci, suit au classement. Au Défi Ste-Agathe, il a fait une frousse à son assistant Éric Losier, en reversant leur Impreza.
Johan Tessier (copilote, François Morin) s’amène dans la série canadienne fort de deux titres en Coupe Jon Nicols. Au volant de sa VW Golf deux roues motrices, il se promet de s’imposer en Production. 
Les chiffres parlent souvent par eux-mêmes, retenons les performances de Martin Gauvin, 3e au classement canadien et premier des Productions au milieu d’une meute « Open » au Défi, avec Daniel Duchesneau.
Graig Henderson et son copine Lyne Murphy (Impreza), tous deux de Saint-Constant complètent le cadre des cinq premiers dauphins.


N’allons cependant pas oublier Bruno Carré et Martin Joyal (Subaru WRX), non plus que un duo qui grimpe dans les points au national, celui  de Réjean Losier/Philippe Poirier (Mitsubishi EVO V 99).

                                      Coûts astronomiques
Le champion canadien Antoine L’Estage, conducteur d’une Hyundai Tiberon 4 roues motrices de la catégorie Open,  le reconnaît d’emblée: « Si John Buffum n’a m’avait pas confié sa voiture à piloter, je n’aurais pu compétitionner à un si haut niveau. Nous sommes seulement quelques pilotes à ce stade là, parce que ces voitures, leur construction, l’électronique embarquée, les transmissions coûtent très, très cher. »
Nous avons évoqué un coût de 50 à 60,000$, L’Estage parle du double.
Effectivement, nos recherches montrent qu’une Subaru d’usine peut valoir jusqu’à un quart de million de dollars. Ouff !
Néanmoins, le champion canadien en titre encourage les jeunes à ne pas se décourager et à s’efforcer de grimper les échelons. Jusqu’à  ce qu’un commanditaire ou un mécène se manifeste.
Jean-Paul Pérusse, qui avait effectué un retour après douze années d’absence, lui et son fidèle copilote Marcel-Paul Raymond, Pérusse vient de vendre sa Mitsubishi à Jon Nichols :
« Trop de gros sous sont impliqués », nous dit-il. «Quand vous pensez que les amortisseurs valent 25 000$, que vous devez engager un programmateur d’ordinateur à 2000$ à chaque épreuve, ainsi qu’à tous les frais inhérents, voilà une situation où seuls des commandites d’envergure permettent d’envisager le futur avec optimisme. »
N’empêche, Pérusse ajoute qu’il reviendra en rallye, tout comme en course sur glace. La piqure…
Sylvain Erickson qui vient de déclarer forfait après un incendie qui a tout détruit son matériel, affirme que pour rouler avec les premiers, un aspirant se doit de débourser environ 25 000$ par championnat. À ce jour, il estime avoir enfoui 85 000$ dans sa Subaru WRX STi.
Celui qui occupait le 5e rang au championnat canadien avant de s’arrêter explique qu’à cause de tous les coups endurés dans un rallye, on doit démanteler et rebâtir le bolide constamment.
Malgré la déception, Erickson envisage avec optimisme le futur du rallye québécois : « Il y a un bon intérêt de la part de nouveaux pilotes, ainsi que des compagnies qui veulent s’impliquer. »
Gageons qu’il ne restera pas longtemps à regarder passer la parade.

                                               Scène québécoise
Quatre épreuves comptent pour les deux championnats  québécois, le Jon Nichol et la Coupe du Québec, soit les rallyes : Falardeau (Saguenay), Sanair (St-Pie-de-Bagot, Saguenay et Des Draveurs (Maniwaki).
Le Jon Nichol pour 2-roues motrices modifiées appartient en 2007, à Simon Losier pour les conducteurs et à Louis-Alexandre Dubé pour les copilotes. Losier l’a emporté par un petit point de priorité sur Simon Dubé
En Coupe du Québec (2-roues motrices de production), le tandem Philippe Bazinet/Patrick Piché a fait un maître.
Dans cette classe, le titre de recrue va à l’équipe féminine de Geneviève Morin et Mélanie Chagnon (Subaru).

Ils sont six
LES  CINQ MEILLEURS
Lorsque nous avons demandé au chroniqueur et spécialiste du rallye Michel Poirier-Defoy son choix des cinq meilleurs conducteurs de l’ère « moderne » québécoise, le premier nom venu à ses lèvres fut celui de Jean-Paul Pérusse.
Les autres, dans l’ordre ou le désordre selon chacun :
Antoine L’Estage- Alain Bergeron- Sylvain Erickson- Jon Nichols- Guy Vanier

                                       Leurs qualités
Jean-Paul Pérusse (Fiat Abarth, Saab), le grand maître de la glace, roi du Canadian International Winter Rally en 5 occasions, couronné à deux reprises au Canada, vainqueur d’une Spéciale en Coupe du Monde, invité en Suède comme en Angleterre, le quasi légendaire pilote présente un palmarès que lui envient les cracks d’aujourd’hui.
Parmi ces derniers, Antoine L’Estage, le plus prolifique de l’heure, défend son championnat canadien au moment de notre publication.
Autre double champion, Alain Bergeron, un digne représentant du centre du Québec.
Sylvain Erickson n’a peut-être pas autant de trophées prestigieux que les trois autres, toutefois son style spectaculaire n’a rien d’égal depuis belle lurette.
Personne n’aurait pu toucher Jon Nichols, le magicien sur 2 roues motrices, du temps où il concourait dans cette classe. Ses deux titres nord-américains en font foi.
Le Jérômien Guy Vanier appartient presque à une autre époque, celle où la navigation primait sur la performance.
                                          D’autres talentueux
Poirier-Defoy aurait aussi mentionné les, Sylvain Vincent, Kuno Wittmer, Robin Edwards, Walter Boyce si on le lui avait donné l’occasion.
Ce qui allait, selon nous, sans oublier les Paul Rainville, Florent Guilbault, Klaus Ross, le Québécois d’origine Tom McGeer.
Cependant, notre spécialiste aura commis un oubli majeur en oubliant le nom de…Michel Poirier-Defoy : 3 fois champion canadien en Production, maître du championnat québécois de la classe Ouverte à 4 reprises, seul de nos as à gagner en Groupe 1 au niveau mondial (Olympus Rally), voilà une fiche qui parle d’elle-même.

Copilote au féminin comme au masculin
UN ESTOMAC EN BÉTON
Sorties de route, pare-brise défoncé, bris d’essieux, de différentiels ou de suspension, capotages, face à face avec un arbre, froissements de tôle contre un mur de pierre, roues brisées, incursion dans le fossé, il y a de quoi rendre malade… et certains le sont au point d’abonner. Ils sont rares toutefois et si les conducteurs roulent à l’adrénaline, les copilotes passent par toute la gamme des émotions.
Passagers de voitures en furie ou en perdition, les copilotes doivent avoir une confiance aveugle en leurs conducteurs et le leur faire comprendre : la chimie s’installe à deux. En ce sens, on remarque que les duos demeurent sensiblement les mêmes au fil des années.

                                     Nathalie et ses consoeurs
Installée dans le siège voisin du champion Antoine L’Estage, sa conjointe Nathalie Richard affiche un sang-froid remarquable. Est-ce qu’elle a eu des frayeurs ?
« Pas souvent », répond-t-elle. « Sauf à ma première expérience au Pikes Peak américain, où on grimpe pendant 4000 mètres sans protection. J’ai commis l’erreur de regarder en bas…Autre moment d’incertitude : aux XGames du Maine. Nous devions exécuter des sauts de 40 pieds dans le vide. Lors du premier, ça s’est bloqué dans mon estomac. Ensuite, ce fut amusant… »
Un estomac en béton, qu’on vous dit.
Celle qui agit comme commentatrice en rallye pour le réseau ESPN, ne se retrouve point seule  du Québec, les week-ends de rallye :
Lyne Murphy accompagne Graig Henderson, Catherine Woods seconde Simon Losier ;  Myriam Levert, Frédéric Beausoleil, Nancy Frigon, Éric Aplleby ;Sarah-Maude Gagnon, Tom Labrecque ; Lawrence L’Estage a copiloté son frère Mathieu, et Chloé Erickson son père Sylvain.
                                        Attention, danger !

À chaque détour, à chaque bout de chemin, le danger guette les rallystes de performance. On peut frapper un orignal, s’engloutir les quatre fers en l’air dans un ruisseau ou rencontrer un rocher tout comme Yvan Joyal et Raymond Cadieux en Charlevoix. Trois semaines à l’hôpital et une longue réhabilitation rappellent que le rallye se joue…avec un estomac en béton !

EN FAMILLE
Le rallye, nous l’avons déjà évoqué dans AutoMag, le rallye se révèle souvent une affaire de famille.
Outre Chloé et Sylvain Erickson, rencontrons les L’Estage : Antoine, Mathieu, Fanny et Lawrence qui ont attrapé la piqure de leur père Jacques.
Avant eux, nous avons connu Jacques et Jean-Sébastien Besner, père et fils. De Québec, nous avons les Lajoie, Michael et Réjean faisant tandem, de même qu’André et Julien Cloutier, Simon et Maxime Losier, Simon et Louis-Alexandre Dubé, Maxime et Robert Labrie, Patrick et Nathalie Richard…
                                 

LES TROIS GRANDS
Trois rallyes québécois sont inscrits au calendriers nord-américain et canadien : le Perce-Neige, le Rallye Baie des Chaleurs et le Défi Ste-Agathe/Duhamel.

                                  Les déménagements du Perce-Neige
Fondé en 1965 sous la gouverne du Club Autos Sport la Licorne de Montréal, s’avérait un rallye de navigation couru dans les Basses-Laurentides et Lanaudière.
Le 11 janvier 1975, le jour de son anniversaire, Michel Poirier-Defoy intégrait le système des Spéciales, le rallye s’intégrant dans le Championnat national du Canada.
L’événement déménagera à quelques reprises : Lachute, St-Michel des Saints, Maniwaki, Pembroke sur la rive ontarienne et finalement retour à Maniwaki.
On note qu’en 2001, le Perce-Neige Maniwaki est gagné par un fils du pays, Sylvain Erickson.
On retiendra le record de participation, en 1988 : 63 inscrits.
Il est couru en hiver, comme son nom l’indique.
Vainqueurs en 2007 : le Torontois Andrew Comrie-Picard et l’Américain Marc Goldfard dans une Mitsubishi.
                                      30 ans à la Baie des Chaleurs
Rallye d’été, disputé dans la région de New-Richemont, le Baie-des-Chaleurs constitue un événement majeur en Gaspésie, un événement qui, à juste titre, fait la fierté de ses organisateurs depuis 30 ans.
L’édition 2007 de ce « rallye spectacle » offrait 182 kilomètres en 14 spéciales. Il a été gagné par Antoine L’Estage et Nathalie Richard (Hyundai Tiburon).

                                    Le Défi : un beau lundi soir…
Le Défi est né un beau lundi soir du printemps 1982, lors d’une assemblée de La Licorne. Il avait pour but, notamment, de faire oublier le Critérium, trois fois installé au Championnat du Monde, grâce au pionnier J.A. Ratelle.
Plus de cinquante voitures dans les routes du parc de Mont-Tremblant, le Tour du Lac, des épreuves à St-Donat, au Lac Français, les spectateurs se massaient le long des tracés.
La belle histoire s’interrompit en 1986, dû à un manque de route. Mais comme en rallye tout remonte qui a descendu, le Défi reprenait vie en l’an 2000. On le trouve aujourd’hui dans une belle santé.
Vainqueurs en septembre dernier : L’Estage/Richard, devant leurs éternels rivaux Comrie-Picard/Goldfarb.

BLOC NOTES
La seule femme gagnante d’une course de championnat canadien en sol québécois, Nicole Ouimet a réussi l’exploit en 1982, lors du Défi Ste-Agathe…Antoine L’Estage, 33 ans : « J’aimerais rouler aux États-Unis, je sais que j’aurais ce qu’il faut »… Les principales qualités d’un(e) copilote selon Nathalie Richard : la concentration, savoir mettre le conducteur en confiance, une bonne préparation…et ne pas être malade !!! 

 

PHOTOS

Antoine L’Estage, champion 2006-07

Le couple Graig Anderson/Lynn Murphy

Bruno Carré et Martin Joyal dans leur Subaru

Geneviève Morin et Mélanie Gagnon, recrues 2007

Ce reportage a paru dans le magazine AutoMag

 

RÉTROSPECTIVE 2007

   

L’année 2007 aura été riche en rebondissements dans les ligues majeures du sport automobile, tout en fournissant de nombreux moments d’excitation aux amateurs. Dans un même temps,  si de nouveaux champions ont été couronnés, d’autres athlètes ont continué d’imposer leur domination.
Voici un bref regard sur une saison automobile qui nous a
 apporté davantage de joies que de déceptions.  

 Faits saillants

FORMULE 1

  Le drapeau vert est donné sans la présence de Michael Schumacher.

    Le départ canon de la recrue Lewis Hamilton.
    • Les disputes entre Fernando Alonso, Hamilton et le team McLaren
    • Ferrari et Kimi Raikkonen renversent la vapeur, tandis que les stratèges de McLaren et leur pilote Hamilton commettent bourdes après bourdes. L « homme de glace » gagne le championnat in extremis.
    • Les affaires d’espionnages entre Ferrari, McLaren et Renault éclaboussent le sport.
    • Transferts : Alonso retourne chez Renault, Heikki Kovalainen le remplace dans l’équipe britannique.

CHAMP CAR

    • Sébastien Bourdais remporte un quatrième titre consécutif et grimpe ensuite chez Toro Rosso, en F-1.
    • Alexandre Tagliani connaît une saison en demi-teintes.
    • Il arrive que seulement 17 voitures prennent le départ
    • Du bonheur au Circuit Mont-Tremblant grâce au retour d’une série majeure ( ???) ; Robert Doornbos y remporte la victoire.

INDY CAR

    Dario Franchetti gagne les 500-Milles d’Indianapolis et le titre avant de quitter pour NASCAR.

    • Sam Hornish fils, sacré 3 fois par le passé, suit l’Irlandais en stock car. Dur coup pour l’Indy Car  qui a toutefois fait meilleure figure que sa rivale.

 

CIRCUIT ROUTIER (Québec)

* Rémy Audette (Formule 166), Bruno Desfossés (Touring), Bernard Frank (GT) et Yves Legris (Coupe Toyota) tirent leur épingle du jeu.

 

STOCK CAR

    • Jeff Gordon se dirige vers un nième titre en carrière quand son coéquipier Jimmie Johnson passe à la vitesse supérieure et décroche un 2e championnat consécutif.
    • L’entrée en piste de la Voiture de Demain (COT- Car of Tomorrow).

    Patrick Carpentier et Jacques Villeneuve joignent les rangs de NASCAR. Carpentier se qualifie premier et termine 2 dans l’épreuve Bush de Montréal.

     

    Carl Edward maître de la Bush (devenue Nationwide)

    • Andrew Ranger gagne le championnat de la NASCAR canadienne à sa première saison.
    • Jacques Laperle rafle les grands honneurs de la série ACT-Québec.

     

    ACCÉLÉRATION

    La NHRA couronne Tony Schumacher, Tony Pedregon et Jeg Coughlin en Top Fuel, Funny Car et Pro Stock respectivement.
    • À Sanair, Alain Couchon s’impose à deux reprises, de même que l’Américain Mark Goyette. Celui-ci triomphe aussi à Napierville, où Daniel Gagnon récolte également deux fois les grands honneurs.

    RALLYE

      • Sébastien Loeb est sacré champion du World Rally Championship (WRC) une 4e fois consécutive, égalant le record de Tomi Makinen.
      • Antoine L’Estage et Nathalie Richard enlèvent les titres des séries nord-américaine et canadienne.

       

      TERRE BATTUE

        Kayle Robidoux est déclaré champion du Québec.
        • À l’Autodrome Drummond, Mario Clair, Alexandre Boisvert, Jocelyn Roy et Robert Larocque triomphent. Alain Boisvert, Jean Boissonneault, Jean-Paul Daigneault en font autant à l’Autodrome Granby.

AUTRES FAITS SAILLANTS

Bruno Spengler quitte l’Europe en tant que vice-champion de la DTM une 2e fois d’affilée… Jessy Lazare s’avère une figure dominante du karting québécois…L’Autodrome St-Eustache est vendu une 2e fois en autant d’années…L’Autodrome Granby change aussi de mains... Guy Jubinville, monarque de la NASCAR Whelen All-Americain Series, triomphe en camionnettes à St-Eustache… Le franco-américain Jean-Paul Cyr s’impose une 7e fois en carrière dans l’ACT américaine…

 

LES PASSIONS DE PATRICK
-par Pierre LUC
Classé deuxième aux récentes 24-Heures Rolex de Daytona, Patrick Carpentier a entamé de verte façon son programme de course automobile 2007. D’autre part, dans l’attente d’un volant NASCAR, l’homme de trente-cinq ans a de quoi s’occuper, car il se révèle une personne de moult passions. La famille, la musique, le travail du bois accompagnent le vélo, la mécanique et la motoneige dans ses loisirs comme dans ses préoccupations.

Lors de cette 45e édition du Grand-American de Daytona, les prestations de Patrick Carpentier dans le prototype Daytona Riley, deuxième à Juan Pablo Montoya et son équipe, auront contribué à le confirmer dans le team SAMAX pour l’entité du calendrier de 24 courses, dont celle de Montréal.

Toutefois, nous savons tous que Carpentier entend emprunter la voie du stock car dans la continuité de sa carrière. Plusieurs rêvent de le voir dans un bolide Busch lors de l’épreuve montréalaise du 4 août ; le temps passe, rien n’est moins sûr. À défaut de quoi on l’applaudira dans la course Rolex de la veille.
En attendant, Patrick s’occupe, car il a de nombreux autres intérêts, beaucoup d’autres passions.

La passion du bois

Lorsque nous l’avons rencontré à St-Ambroise de Kildare, où il espérait se porter acquéreur d’une ferme, Patrick savait déjà manœuvrer la machinerie lourde et, ayant suivi un cours en ébénisterie, parlait d’installer un atelier pour travailler le bois et y manufacturer des armoires.
Pour différentes raisons le rêve de vivre dans la nature québécoise doit attendre. Qu’à cela ne tienne, à Las Vegas, notre homme donne dans l’achat, la rénovation et la revente de maisons cossues. « La course, c’est bien payant mais une grande partie de mon argent vient de ce business-là », dévoile-t-il, avant de poursuivre :
« On achète, on revampe, on revend. À ce jour, nous avons refait trois grosses habitations familiales. Nous pouvons rénover l’intérieur d’une maison au complet, y compris l’installation de nos propres planchers. Ça me fascine de voir le résultat de nos travaux. Je suis manuel, voyez-vous. »
Manuel et habile en mécanique...

Le patin, la mécanique, la motoneige...

Champion québécois, canadien et nord-américain de patinage de vitesse sur courte piste, un sport pratiqué pendant sept ans, de sept à 12 ans, le tout jeune Carpentier connut a première passion.
« Je m’entraînais à Montréal avec Gaétan Boucher, plus ça tournait vite, plus je ressentais un thrill. Sans compter que dans les compétitions ça jouait dur dans les virages. » Je retrouve la même sensation quand je tourne en auto sur les ovales... mais en plus rapide ! »
Propriétaire d’un garage à Joliette, Jacques Carpentier se doutait-il de la tournure que prendraient les choses lorsqu’ il emmenait son fils un dimanche, à la piste de kart de Saint-Hilaire.... ?
« Papa m’avait amené là-bas pour me récompenser de mes bonnes notes en patinage. J’ai tombé en amour avec ça tout de suite. Terminé le patin ! »
La course et la mécanique allaient connaître un heureux mariage :
« J’ai commencé comme ça, en m’impliquant dans la mécanique ; Je n’avais pas beaucoup d’argent, alors c’était ma seule façon de pouvoir m’assoir dans une voiture de course. Chez Spénard/David, je travaillais sur les voitures en échange du temps de piste. »
Il se trouve aussi que papa Jacques concourrait à l’époque pour Artic Cat, en motoneige. On comprendra ainsi que le « jeune » ait toujours gardé un œil sur ce genre de machine et qu’aujourd’hui les écueils et les sauts du snowcross le passionnent :
« J’adore la motoneige. J’ai commencé dans le Ruisseau Saint-Pierre, à Joliette. Et si j’avais pu garder la ferme, j’y aurais dessiné un circuit de motocross ». Plus tard...

La famille, la musique

Aurait raison qui aurait ramené Patrick dans le Lanaudière de ses jeunes années, ses parents de même que ceux de son épouse Anick y vivent les uns près des autres, tout le monde se voisine.
« Oui, nous sommes très familials. Papa vient parfois à mes courses, un jour il a poussé jusqu’à Las Vegas sur sa moto Harley. Il a beaucoup de courage. »
Sa fillette de 6 ans, Anaïs, assiste également aux compétitions... même qu’elle connaît les noms de tous ses compétiteurs. Et qu’elle s’entend mieux avec la langue de Shakespeare que son héros de papa.
À Las Vegas, pays du showbiz, Pat se devait de s’adonner à la musique. On se souviendra du band RPM, en compagnie de Kenny Brack, du temps de la CART ; le batteur Carpentier persiste et signe. « J’organise des soirées de karaoké dans un studio aménagé chez moi. Avec du matériel sophistiqué, les colonnes de son et même la boucane qui font bien paraître même les chanteurs les moins talentueux. ».

Occupé, Patrick ? Mettez-en !

Récemment, Patrick s’est remis au vélo un exercice qu’il pouvait répéter cinq jours semaine et l’entraîner dans des excursions de plus de huit heures.
Comme si tout cela ne suffisait, profitant de sa récente citoyenneté américaine, il étudie, à la recherche d’un diplôme d’entrepreneur, aux États- Unis.
Et puis, il y a la famille, cette famille qu’on ne néglige pas chez les Carpentier, surtout avec la venue d’un deuxième enfant, l’an passé.
« Ça me prend toujours des projets, mes journées n’ont pas assez de 24 heures », lance mi à la blague, mi-sérieux, ce pince-sans-rire et joueur de tours impénitent.

(Ce reportage a paru dans le magazine AutoMag)

HAUTS FAITS

  • Gagne le championnat canadien de karting 4-Temps, en 1985.
  • Champion de Formule Ford 2000 de l’école Spénard-David en 1989.
  • Champion canadien de la série Atlantique Toyota en 1992.
  • En 1996, il domine outrageusement la série Atlantic avec neuf victoires dont l’une au GP du Canada.
  • L’année suivante, il succède à Alex Zanardi en tant que recrue CART
  • Son premier de cinq gains en CART vient en 2001. Les trois saisons suivantes le verront quatre fois sur le plus haute marche du podium
  • 2006 : À son premier essai dans un stock car CASCAR, Carpentier grimpe du 21e au sixième rang.
  • 2007 : Deuxième à Daytona, première course Grand Am de la saison

 

 

 

 

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