Dossiers
ÇA DRAG
AU QUÉBEC- par Pierre LUC
Du printemps à l’automne, des milliers de mordus de la vitesse envahissent les pistes d’accélération du Québec et autres parcours dessinés à cet effet, évacuant leur trop plein d’adrénaline tout en s’identifiant à leurs héros, ceux du sport d’une fraction de seconde.
À bord de leurs machines gonflées aux hormones mécaniques, ils délaissent rues et chemins publics pour des endroits rendus plus sécuritaires pour eux-mêmes comme pour la population en général. Phénomène nouveau ? Pas tout-à-fait.
L’engouement pour ce type de confrontation où chacun veut prouver la supériorité de son véhicule, en termes de puissance et de vitesse pure, remonte chez nous au milieu du siècle dernier.
À Montréal, ces aficionados s’exprimaient particulièrement dans les quartiers de Verdun, Notre-Dame de Grâce et St-Laurent. Comme à Québec, un peu plus tard, sur un tronçon désaffecté de la route 9 ou encore près de l’ex-brasserie O’Malley.
Ils n’y étaient pas toujours les bienvenus et leurs transports jugés illégaux par les représentants de la loi.
Premières pistes
L’ordre et la loi se firent un peu valoir quand, à l’été 1960 le promoteur et futur journaliste éminent Gord Atkison réunit une dizaine d’enthousiasmes sur une portion du circuit de stock car Bouvrette, à St-Jérôme. Dans un même élan, il ouvrit le Montreal Drag Strip au terrain d’aviation de Pratt & Whitney, de la rive sud montréalaise.Clou du calendrier, la présence du recordman de vitesse sur les sables du Utah, Art Arfons dans sa Monster Machine V-12 d’aviation à quatre roues motrices.
Ensuite, on a aussi dragué à Cedars (Les Cèdres) ainsi que sur le 1/8 de mille de Mascouche.Napierville et Pont-Rouge
L’ère moderne devait s’installer à compter de 1962, année des premières compétitions à Napierville.L’homme d’affaires André Gagnon y investit une somme d’argent colossale pour en faire un complexe professionnel, affilié à la puissante National Hot Rod Association (NHRA) d’Amérique du Nord.
Le légendaire Don « Big Daddy » Garlits y fut invité à se mesurer au spectaculaire Tommy Ivo devant une foule annoncée de 10 000 spectateurs.
Tandis qu’à l’Est, en 1966, J.A. Drouin ouvrait le Quebec Dragway, (aujourd’hui La Piste d’Accélération Pont-Rouge) un endroit procurant les installations requises pour la vitesse et la sécurité.Au niveau de la compétition locale, les plus anciens aduleront encore les Henry Pitts, Mullin, l’un des as de Verdun, les futurs adeptes du circuit routiers, George Nicholas, Ernie Devos (Formule Junior) Dave Greenblatt et sa Corvette, notamment.
Par la suite, dans la décennie 60, les favoris répondaient aux noms de Gary Dearn, Léo Bérubé, Pierre St-Pierre, Jean-Yves Drolet, George Massey, Pat Cristafaro, André Tallard, ainsi qu’à celui de Ron Bracken. Ce dernier devait prendre possession du ¼ de mille de Napierville en 1968.
Le gambler
Ron Bracken aurait pu se comparer à René Angelil en tant que gambler. Doué d’un sang-froid exceptionnel, défiant les affres de la température, il organisait des meetings d’une dizaine de dragsters et funny cars dont les flammes présentaient un spectacle ahurissant sous les réflecteurs.Pendant ce temps, les champions d’hier faisaient place aux Jean Lippé, Paul Gougeon, Claude Huot, Marcel Couture et à un George Constantine, notre star mythique de l’accélération.
Élégant, s’entourant des plus belles femmes, il avait l’appui de Ford du Canada ; son sens aigu de la réaction et ses départs canons lui valurent une panoplie de victoires. Mais le beau grec mourut prématurément dans un accident nautique. Le chemin de son dernier repos prit l’allure de funérailles nationales.
Les deux dernières décennies du 20e siècle permettront d’applaudir l’armada de Pont-Rouge, où Jean Desroches en fit les beaux jours : Alain Tanguay, Mario Gourges, Ghislain Beaulieu, Jacques Filteau, Mario Martel qui se mesuraient aux gars de l’Ouest : Claude Thétreault, François Périard, Louis Desjardins, trois vainqueurs du circuit ultime des Grands Nationals nord-américains ; ainsi qu’à Gilles Daoust, Rudolf Nadeau, maître à Napierville, Marcel Couture…
Dans un même temps, Alban Gauthier, solide compétiteur de la classe Pro Stock, sillonnait les pistes américaines, se mesurant avec fierté à la compétition internationale.
Retour à Napierville
Après le règne Bracken, vint celui de Ronald Brunet, lequel opère Napierville depuis 1985. Travailleur infatigable, doué d’imagination et secondé par sa femme Céline et par ses deux fils, Nicolas et Carl, cet ancien coureur se consacre avec passion au sport d’une fraction de seconde.Son affiliation à la NNRA lui garantit des événements de prestige, tels le National Open Division 1 et le National Dragster Challenge précédant celui de Luskville.
Sanair la belle
Le 2 juin 1970, le sport de l’accélération québécois prenait des airs de grandeurs lors de l’inauguration la piste de Sanair de Jacques Guertin. Ce complexe ultra moderne allait attirer les plus grandes vedettes de l’accélération, lors d’événements dits Grand National.De 1971 à 1992, y défilèrent, de multiples champions, tels John Force, Joe Amato, Kenny Bernstein, Joe Amato, de même que la fameuse Shirley Muldowney auréolée de trois titres mondiaux.
Le 29 juin 1984, à 280 milles-heures, un pneu crevé sous son dragster la propulsa dans le champ et en une réhabilitation de 18 mois. Onze ans plus tard, comme un pied de nez à la piste, elle emprunta la même ligne pour foncer à la vitesse de pointe de 295 m/h. Un moment d’anthologie ! Qui nous est rappelé par le chevronné directeur de courses, André Massé.
De nos jours, Sanair s’ouvre à une compétition locale de bon niveau. Claudine Poulin s’étant amenée avec son groupe NDRA (pour National Dragster Racing Association –décidemment, on n’échappera pas aux expressions américaines dans cette discipline sportive), un calendrier tricéphale met en lumière les Richard Arnold, Alain Cauchon, Frédéric Angers, MichelFavreau…
Drag de rue
Cependant, les hors la loi contemporains, pas plus que ceux d’autrefois ne trouvaient grâce auprès des autorités policières. Heureusement, les pistes leur ouvrirent les bras… tout en s’assurant une vaste clientèle.Ceci plus particulièrement depuis le commencement du présent siècle.
Jouissant du vaste bassin de la couronne nord montréalaise, l’Autodrome St-Eustache, où on parle d’encadrement et de sécurité, reçoit jusqu’à recevoir 5 000 entrées (coureurs et spectateurs) par semaine.À Napierville, les Brunet organisent de méchants mardis tout aussi explosifs quand au nombre de participants (400 à 500) qui s’escriment dans des autos aux modifications restreintes.
Le vendredi soir, à Sanair, le même nombre enthousiastes s’élancent à raison de trois vagues à la minute. Leur signal de départ est signifié par un véritable système de rue, qui passe du rouge au vert.
Au bout de la ligne, aucune bourse, aucun trophée de les attends, seulement un porte-clés sur lequel est inscrit : « Merci de ne pas utiliser la rue comme une piste de course »
.
Ailleurs, à Pont-Rouge, St-Tite ou St-Élie d’Orford, mêmes défis : chacun voulant prouver la puissance de son engin.
Bilan, aucun sport mécanique ne peut revendiquer autant d’adeptes que la course d’accélération.
Ça drag en masse au Québec !
(Ce reportage a d’abord paru dans le magazine AutoMag)
PHOTOS
Alain Cauchon dans l’un de ses deux dragsters.
Frédéric, l’un des frères Angers : comme les Mousquetaires, ils sont quatre.
Série Early Birds de Sanair 2007 : Michel Favreau l’emporte.
LES FESTIVALS
Depuis l’an 2000, Martin D’Anjou et le Groupe Victoire de Québec, promoteurs de la tournée de hockey Les Légendes, présentent la série FestidragCastrol.
De la mi-juin à septembre, D’Anjou et ses partenaires transportent leurs pénates dans les villes de l’est québécois pour y organiser des événements d’une ou deux journées.
Sur des pistes d’aéroports ou dans des parcs industriels, de Thetford-Mines et Alma, à Forestville et St-Honoré, en passant par Mont-Joli et Rivière-du-Loup, les compétiteurs s’amènent en nombre de 300 à 400, rivalisant, selon D’Anjou, devant des foules de 10 000 personnes.
« Nous offrons des programmes professionnels, dans des cadres sécuritaires, d’assurer D’Anjou »
Cinq, six catégories de voitures s’alignent en chaque occasion, les compétiteurs reçoivent des bourses et un fonds de points a été institué.
Démonstrations de Dragsters Blower Alcool, Jet Cars, Hod Rods réjouissent les spectateurs.
Dans chacun des endroits visités, une partie des profits va à des œuvres caritatives.LES PISTES
Alvan Dragway- St-Tite, Mauricie- Fondée en 1971 (à 1981) ; 1996. 1/8 de mille. Ouverture : 25 mai. Activités : vendredi et le dimanche aux 2 semaines. Promoteur : Aldège Lehoux
www.alvandragway.com
Autodrome St-Eustache- St-Eustache, Basses Laurentides- Fondée en 1969. 1/8 de mille. Ouverture : 17 ou 24 avril. Activités : mercredi au vendredi incl .Promoteurs : Autodrome St-Eustache & Jacques Lebel
www.autodrome.ca
Drag St-Élie- St-Élie d’Orford, Cantons de l’Est – Fondée en 1997. 1/8 de mille. Ouverture : mi-avril. Activités : vendredi et dimanche. Promoteurs : Gérard et Dominic Furse.
www.dragstelie.com
Luskville Dragway- Luskville, Outaouais – Fondée en 1969. 1/8 de mille. Ouverture : 19 avril. Activités : vendredi, samedi et dimanche. Promoteur : Arnie Malcom:
www.luskvilledragway.comNapierville Dragway- Napierville, Montérégie- Fondée en 1962. 1/4 de mille. Ouverture : 30 mars. Activités : mardi, mercredi, vendredi, samedi, dimanche. Promoteur : Ronald Brunet
www.napiervilledragway.com
Piste d’accélération de Pont-Rouge- Pont-Rouge, région de Québec. Fondée en 1966. 1/4 de mille. Ouverture : 24 mai Activités : mercredi, samedi et dimanche. Promoteur : Jacques Lebel.
www.dragpontrouge.com
Sanair- St-Pie de Bagot, Montérégie- 1/8 ou 1/4 de mille. Ouverture` : 25 avril. Activités : les vendredis soirs et dimanches après-midis. Promoteur : Jacques Guertin
Photos
Sanair : Jacques Guertin et son assistante, Claudine Poulin.
Napierville : Céline et Ronald Brunet entourés de leurs fils Nicolas et Carl.
Sports motorisés
DE PÈRE EN FILS,
DE FILLE EN PÈRE
AFFAIRES DE FAMILLE
- par Pierre LUCDe pères en fils ou en filles, entre frangins comme entre frères et surs comme en couples, nous découvrons un esprit de famille tricoté serré dans le sport automobile. À tous les niveaux et dans toutes les catégories. Sur fond de toile de respect, damour et dadmiration.
Les Villeneuve
Les grands honneurs à lune des famille des plus célèbres dans le sport motorisé, Gilles et son cadet Jacques, dit « Mononcle » et Jacques fils de Gilles.
Le premier Jacques au sujet de Gilles : « Je le suivais partout. Il quittait un emploi, je le remplaçais ; il sest lancé dans la motoneige, jai fais de même ; il a gagné en Atlantique, moi aussi. »
Devenu héros international, jusquà ce jour fatidique du 8 mai, en Belgique, Gilles a jeté les bases de lespoir pour des générations à venir.
Lautre, premier Canadien à gagner une course Indy Car, est aujourdhui de retour dans la motoneige. Où il se fait toujours dominant... à lâge de 54 ans !
Un souvenir : en 1979, Jacques gagne en F-Atlantique dans lÎle Notre-Dame, le lendemain Gilles y triomphe une toute première fois en F-1
Lhistoire du jeune Jacques aura débuté quand « Mononcle » la amené à lÉcole Jim Russell du Mont-Tremblant :
« Oui, je lai poussé », se rappelle le résidant de St-Cuthbert. » Il montait une motocross, nous avons fait un peu de go-kart, il disait quil aimait cela, quil voulait aller en course auto. Cétait le gars de mon frère, le gars de la famille, nous y sommes allés. »
Du sang de Villeneuve !
Les Hill, les Rosberg,...
Quatre paternels auront pavé la voie pour un fils dans le grand cirque de la Formule Un. Soit Gilles pour Jacques Villeneuve, Graham pour Damon Hill, Mario pour Michael Andretti, ainsi que Keke pour Nico Rosberg. Alors que frappe à la porte, Nelson Jr. du réputé Nelson Piquet.
Un seul tandem père et fils deviendront champions du monde : Graham, deux fois titrés, dans les années soixante et Damon il y a dix ans.
À linverse, Jacques Villeneuve a réussi en 1997, ce que Gilles avait échoué en 1979.
Les seuls frères évoluant dans une ligue majeure de nos jours, sont Michael et Ralph Schumacher.
LES ANDRETTI, LES FOYT, LES UNSER
La famille la plus fructueuse en Amérique, les Andretti, représente trois générations. Jumeau de Aldo (père de John), nommé le « Greatest American Driver of All Times, Mario suivra de très près les activités de Michael et de Jeff, comme de son petit fils Marco.
Mario et Michael se sont assis dans le même baquet en courses dendurance, ils ont partagé souvent la même première ligne de départ.
Grande première en 1991, le père, ses deux fils et le neveu prennent le départ de la classique dIndy.
Polyvalent comme très peu, A.J. Foyt a pris place au Temple de la Renommée. Ses exploits comme ses frasques en font une figure haute en couleur. Malheureusement son fils Larry naffiche pas la même hargne ; on se demande si le petit-fils, A.J. Foyt 1V aura plus de veine.
Le clan Unser, le plus large de tous, comprend pas moins de sept pilotes. Jerry, de la première génération, sest tué en piste, alors que son enfant Johnny a connu une courte carrière.
Lun des ses deux frères, Bobby, roi du fameux Pikes Peak et lun des plus spectaculaires en Indy Car, pourra applaudir son garçon Robby, grimper la côte victorieusement à son tour.
Le deuxième, Al, couronné à sept reprises en Indy Car, signera les meilleures performances de la lignée.
Tandis que « Little Al » se fera amplement valoir pendant deux décennies. Son garçon Alfred a couru à Montréal en F-Atlantique.
Les Audette, les Bourdeau, les Bélanger...
François Audette (karting, courses dendurance, stock car, tout ce qui roule vite) : « Ma plus belle fierté : quand les gens me répètent que mes enfants sont polis et bien éduqués ; quils deviennent des champions mimporte moins. » Mathieu (tourisme) et Rémy (monplace) font des vagues depuis leur entrée de jeu en 2004.
En Formule 1600, Michel Bonnet, 47 ans, et Olivier, 22 ans, ont animé la saison 2005, le premier savérant dominant : « Jai réalisé avec Olivier un rêve de jeunesse », dexprimer Michel.
Du même groupe, Serge Bourdeau, 50 ans, a entraîné Yannick, 21, et même le gendre, Éric. Dévaluer Serge : « Le fils a les meilleures lignes en piste, le gendre sen vient bien... et le père a du nerf ; il nest pas nerveux ! »
Jacques Bélanger, 50 ans, ne compte plus les titres mérités sur asphalte comme sur la glace ; Erik suivra-t-il dans les traces ? Réflexion du paternel : « Il a du père dans le nez. Avec un bon coup de volant et une bonne tête».
Henry Alder et Jean-David Alder roulent en Coupe Echo. Le premier, virtuose sur la glace durant deux décennies, verra-t-il lautre limiter sur le pavé... ?
De la mère au fils...Le mannequin Monique Proulx (tourisme et monoplace) avait inculqué à son fils Stéphane la griserie de la vitesse : une carrière trop vite interrompue par la maladie, notamment.
Trois-Rivières ne nous a pas donné quun Grand Prix, aussi dexcellents pilotes. À commencer per les frangins Gérard et Richard Dumoulin, suivis par Louis-Philippe et Jean-François, puis les Roy : Richard, Isabelle et Stéphane C.
Les Petty, les Allison, les Earnhardt...
Le stock car de haut niveau, la Coupe Nextel (autrefois Winston Cup et Grand National) présente la seule famille de quatre générations toutes disciplines confondues, les Petty, de Lee à Richard à Kyle et à Adam mort en piste.
Un père et un fils affligés...Bobby Allison, endeuillé deux fois par Davey et Clifford ; Dale Earnhardt Jr. du plus grand de deuxième moitié du 20e siècle, Dale Sr.dit « The Terminator », tué à Daytona n 2001.
Lhistoire retiendra aussi les frères Bodine, Waltrip, Pearson, Jarrett , Labonte...
Les Bouvrette, les Lacombe, les Goulet...
Dans les années cinquante, Gustave Bouvrette opérait une piste pour chevaux à St-Jérôme, complexe aménagé par la suite en anneau de stock car. Sa descendance sintéressa donc à ce type de compétition. François dabord, puis Jean-François, le monarque 2004 en Pro Stock à lAutodrome St-Eustache donnèrent raison à laïeul : les chevaux vapeur valent bien les autres.
Dune descendance différente de Bourvrette, voici un autre tandem père et fils : Alain Bouvrette dont le parcours remonte aux années 80, se mesure au champion de la série Dodge pour camionnettes, Jonathan, 24 ans. (PHOTO)
De grand papa au petit fils, les Lacombe sillustrent sur les pistes du Québec depuis belle lurette, Martin et Sylvain dans le sillage de Richard et de leur oncle le légendaire Georges Loiselle ; et voici Jean-Martin, fils de Sylvain.
Compétiteur émérite et producteur actuel de la série LMS (pour Late Model Stock Car), Donald Forté avait un héros : Raymond, un vainqueur de trente courses en une saison au Fury Speedway.
Lors de son 14e anniversaire, Martin Goulet Jr. a reçu une voiture de course en cadeau. Quadviendra-t-il de ce jeune prometteur, qualifié de patient et agressif à la fois, par Martin senior, un guerrier aguerri ?
« Je vais essayer de le lancer le plus haut possible, faire quelque chose de bon avec lui. Sil veut continuer, je suis prêt à lappuyer. »Pères et fils encore, rencontrons :
Le président de ANCA (Association Nationale Coureurs Automobile) et chauffeur émérite dans le temps, Yves Ladouceur et Steve, quintuple titulaire en Sport Compact....Doyen à St-Eustache, Roger Marineau indique la voie à Jacques... Paul Gauvreau, 61 ans, et Stéphane... Las Roger Laperle et Jacques, deux de LMS ... Du même groupe, lado Christopher et le guerrier Yvon Bédard... Les nouveaux-venus Claude et Gaby Tétreault ... Pierre et Jean-Philippe Duguay, 15 ans; Marc et Charles- David Dumont en Légendes Modifiées... Dans cette classe, seule femme gagnante, Cindy Francoeur, se mesure à son frère Maxime.
Terre battue
La fierté de René Clair, une légende vivante, repose sur Mario et Gino.
Circonstance exceptionnelle, lété dernier, les trois ont pris le départ dune même course en division Modifiée.
Fierté aussi pour Bob Gatien, ex-coureur émérite et copropriétaire de lAutodrome Granby, son fils Gaétan.
Et que dire de Robert Ranger une vedette pendant 25 années, vis-à-vis dAndrew, la coqueluche du Champ Car. Plus dun million de dollars ont favorisé les débuts du jeune surdoué, et on continue : « Sil veut aller en Formule Un, nous allons encore lappuyer » promet Robert.
Accélération
Compétiteur redoutable pendant une vingtaine dannées et propriétaire de la piste daccélération de Napierville, Ronald Brunet passe progressivement la commande à son ainé, Nicolas qui, comme le cadet Carl se complaît aussi à brûler lasphalte .
À leur complexe, ils accueillent un quatuor de frères, les Frédéric, François, Luc et Nicolas Angers.
Fait rarissime dans le sport dune fraction de seconde, un couple : Rudolphe, 51 ans, et Denise Nadeau, 46 ; leur maison déborde de trophées, récoltés par lune comme par lautre.
Rudolphe conduit un Alcool Funny Car. Pour un essai qui en présage de futurs, Denise y est allée dun galop dans ce petit bolide. Elle raconte fièrement : « Jai fais une ronde de 200 milles-à-lheure sur un quart de mille, quelle sensation !»
Dautres assidus de Napierville, Natacha et Yves Colette. Elle avait 14 ans quand il surveillait ses débuts en Junior Dragster, voilà quelle prend la vedette chez les « Quick Sixteen ».
Nous demandons à la jeune femme de 20 ans : « Lequel est le meilleur de vous deux ? ». « Moi », répond-t-elle, un sourire dans la voix.
Les Erikson, les LEstage...
« Les gens ne peuvent pas savoir le courage nécessaire pour sassoir à côté du pilote dans une épreuve de rallye », de dire Sylvain Erikson dont la fille Chloé lui sert déquipière au relevé Championnat canadien.
Chloé, 18 ans, ne témoigne pas moins dadmiration pour son papa un as de la discipline et lambition ne manque pas :
« Notre objectif : finir en avant dAntoine ! »
Cet Antoine (LEstage), considéré comme le meilleur pilote au Canada, a un frère, Mathieu, et une sur, Laurence-Fanny, formant duo. Bon sang ne saurait mentir, Jacques LEstage leur a communiqué cette passion de la vitesse débridée.
Autre tandem frère et sur, celui de Marie-Ève et Julien Pilon, des réguliers sur la scène québécoise.
Affaires de famille tricotées serrées.
Contes et conteurs
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| LÀ OÙ LA PAROLE FLEURIT |
| Soudainement,
le Québec sest éveillé au conte. Il ny
a plus que dans les fêtes et soirées familiales où on
raconte, la parole sétend partout, sortie des campagnes, sinstallant
dans nos villes. Nous vous présentons ici, un bref aperçu
dendroits propices à lart de la parole. Et un conseil
du signataire des ces lignes : attention, loralité sattrape!
Dans ltemps des fêtes surtout et même si tout ce quon
vous raconte ressemble souvent à du fantastique, à de beaux
mensonges, à de la rêverie.
Les Dimanches du Conte
Les Mardis Gras
http://www.mardis-gras.net/ Ailleurs à Montréal Les vendredis
Trad-Lib, animés par Yves Robitaille, fournissent
également loccasion aux aspirants de sessayer. Les
premiers vendredis du mois, ils se rencontrent à Par la porte
den arrière, rue St-André, angle Jean-Talon. Ça roule en Estrie
Et ailleurs au Québec Au Presse-Café
de Mont-St-Hilaire, Guy et Pauline Lemay convient à leurs
Soirées des conteurs
Dans la Vieille Capitale, Bernard
Grondin organise, Les Soirées Contes et Légendes
au four Bar (Foubar)
à Hull, on a Les Contes du Mardi
au Café Le Troquet, grâce à Jacques Falquet
Au
Domaine St-Bernard du Mont-Tremblant, Les rendez-vous Contes du dimanche
sont laffaire de Brigitte Fauchoux
À lHôtel
Yamaska de Cowansville, Paul Bradley anime LeRATconteTard
À
Rimouski ça se passe au bar Rhinocéros, où Jean-François
Denizon est lhôte des Soirées de contes Rhinocéros
Au Centre des Loisirs de Saint-Louis de Richelieu, LHeure Contes-thé
sonne mensuellement (jeudi) grâce à Nicole Sénécal. |
| COMME DANS UN MAGAZIN DE BONBONS |
| En plus de quarante-cinq
ans de métier, il ma été donné dêtre
assigné à la couverture du Festival de Cannes, de Grands Prix
de course automobile à travers le monde, de couvrir des compétitions
internationales de ski, daller en interview à Paris ou assister
à des spectacles à New York ou à Las Vegas, rarement
aurai-je pris autant de plaisir que lors de ces six journées en compagnie
des artistes et artisans de Contes en Îles.
Nouveau pour moi, cet art de loralité maura permis de découvrir un esprit de camaraderie qui me rappelait celui des chansonniers, il y a une quarantaine dannées, ainsi que des performers de grand talent.
Chaque jour nous apportait un nouvel arrivage de conteurs, cétait chaque fois des effusions de joie, ce monde semble éprouver un plaisir renouvelé à chacune de leurs rencontres. Comme lors des premiers pas sur scène des Moreau, Charlebois, Gauthier, Calvé, Létourneau, qui se trouvaient sensiblement tous au même niveau de carrière, les conteurs se racontent leurs joies, leurs petites misères, échangent des idées.
Quant au talent, ils en ont à revendre, que ce soit un Jocelyn Bérubé et son violon, un Alain Lamontagne et sa musique à bouche, un Abakar Adam Abaye et ses instruments africains. Chez les Québécois, celui quon appelle le Mozart du conte, Fred Pellerin pourrait, dans une salle de dimension relativement modeste, se comparer avantageusement avec la grande majorité de nos humoristes. Fred raconte mais il fait rire aussi, du rire mur à mur !
Contes en Îles, résultat dune intention des Madelinots de prolonger la saison touristique aux Îles de la Madeleine, avait été confié à lécrivain Sylvain Rivière (directeur artistique de lévénement), lequel a demandé la contribution dun complice de quelques bons coups, le journaliste-photographe-producteur-homme de marketing devenu directeur des opérations, Gil Thériault.
«Lidée des contes mest venue suite à mes promenades en Europe », raconte Rivière. « Je me disais : il faut faire ça aux Îles, où la tradition du conte est préservée grâce surtout à linsularité. » Selon lui, Rivière, nous vivons dans une société où on ne se donne pas le droit de rêver : « on pense que ça coûte trop cher ». Or, les conteurs sont porteurs de rêve, les contes ne présentent aucune barrière à limagination, tandis que ce festival de larchipel savère une fête de lhumanité et de la parole; une fête pour tous les publics.
Ce nest quen juillet de lannée 2002 où Thériault est entré en action, soit à environ deux mois de la première édition. « Je trouvais ça audacieux », dit-il, « on est venu rejoindre chez moi lhomme de rêve. Mais à une semaine de lévénement, nous navions pas encore le budget voulu, pas déquipe, est-ce que ça allait être un flop total ? »
Cependant, la population a réagi vivement et positivement, les conteurs furent émerveillés, laventure sannonçait belle et elle le demeure. Il faut dire que la simplicité de la structure des spectacles de conteurs, avec pas ou peu de musiciens ni systèmes de musique compliqués facilite le déploiement, dune salle et dun village à lautre, donc savère moins coûteux, demande moins de ressources humaines que la plupart des autres arts de la scène. Quand même, nous nous trouvons ici devant une activité à caractère international, ce nest pas de tout repos. Quà cela ne tienne, dexprimer Thériault : Cest un charme de travailler avec les conteurs, dans lamitié et le respect. » Pierre LUC |
| DES CONTEURS RACONTÉS… |
| Plusieurs auront attendu
longtemps avant que journalistes et photographes sapprochent deux,
tous ont conservé une candeur rafraîchissante qui les rendent
attachants dès le premier abord. Ce sont les conteurs. Ici un Sénégalais
établi au Québec, là une professeure de province, là
encore une dame de trente six métiers, 36 misères. Nous avons
nommé : Diouga Saar, Anne-Marie Aubin et Claudette LHeureux.
DIOUGA SAAR Diouga, si on peut se permettre de lappeler par son prénom, est ce Sénégalais vivant à Montréal depuis une vingtaine dannées. Il est celui, selon une description de lui-même fournie aux organisateurs de Contes en Îles, qui « emprunte le rôle du maître de la parole pour livrer laliment imaginaire ». Marié à une Québécoise, père de deux adolescents, Diouga Saar se dit heureux de participer à la diversité québécoise, que ce soit aux Îles de la Madeleine, dans les Cantons de lEst ou à Montréal, dans les écoles ou les bibliothèques. Dans la Métropole québécoise, Diouga opère un restaurant, le Keurfatou, rue Saint-Viateur, où, cuisinier à loccasion, il nous sert des spécialités de son pays dorigine. Les fins de semaine on y assiste à des soirées de contes, on y entend des chants et des musiques du monde. ANNE-MARIE AUBIN Professeure en arts et lettres au cégep de Saint-Hyacinthe, Anne-Marie Aubin enseigne aussi le conte et la littérature pour enfants. Conférencière, animatrice, conteuse, auteure, elle se passionne depuis toujours pour loralité. Elle conte depuis 1981. Anne-Marie se spécialise dans les contes de fées, quelle considère des « personnages fascinants ». « Je les prends dans la tradition, explique-telle, et je les adapte de façon à ce que les gens daujourdhui se sentent concernés. Jadore ce genre de contes parce que je suis encore une enfant. » Madame Aubin a eu loccasion de travailler en France et en Italie. CLAUDETTE LHEUREUX On dit de Claudette LHeureux, quelle a connu trente-six métiers et 36 misères « Comme ben du monde, jai fais toutes sortes de métiers, parce que je ne savais pas ce que je ferais quand je serais « grande », convient la conteuse originaire Maniawaki.. « Et puis je me suis adonnée à mettre le pied sur le merveilleux chemin du conte. Et voilà où je suis rendue. » Pour se rendre là, Claudette LHeureux sest tout dabord sentie interpellée à loccasion du Festival interculturel de Montréal, en 1993, alors quelle a participé à La grande nuit du conte. Puis, après être allée soccuper de ses parents, dans sa municipalité, elle a refait surface sur Montréal en 1998. Soit au moment où André Hamelin et Jean-Marc Massie ouvraient le Sergent Recruteur. « Des soirs, il y avait plus de conteurs que de contés, mais laventure était lancée, dit-elle. Et si désormais les « contés » se font plus nombreux, cest tout à la joie de Madame Claudette : « On voit du bonheur dans les yeux, et nous sommes étonnés de constater le bas-âge des gens qui viennent écouter. Il y a quelque chose de convivial dans le fait de se faire conter des histoires. » |
| ALAIN
LAMONTAGNE : taper des pieds . jouer de la musique à bouche et conter ! |
| Alain
Lamontagne a été comédien, il est devenu un harmoniciste
recherché et ensuite lun des pionniers du conte au Québec.
En septembre dernier, dans une unité du Château Madelinot des
Îles de la Madeleine, où se tenait le festival Contes en Îles,
nous avons fait un brin de jasette.
Avant dentamer
une reproduction de notre conversation avec Alain Lamontagne, rappelons
que
Devenu conteur -Alain Lamontagne,
on répète que le conte existe depuis quAlain Lamontagne
raconte
et conteur important - On dit aussi que,
dans la francophonie, vous figurez parmi les conteurs les plus connus
et importants. |
| SIMON GAUTHIER,
DIT « SIMON DE LA MER » |
| Parce
quil a toujours habité près de leau, on la
surnommé « Simon de la mer ». Il sagit de Simon
Gauthier, lhomme à légouine, de la deuxième
génération des conteurs québécois qui affirme
: Cest Faubert qui ma starté ! »
Simon Gauthier est conteur depuis 1997. Sac à dos depuis toujours, sa scie musicale toujours à portée de main, ce natif de Sept-Îles se dit de la génération de conteurs qui suit celle des Alain Lamontagne et Sylvain Jocelyn Bérubé et, surtout, dun Michel Faubert. Ce qui lui fait sexprimer : « Cest lui, Faubert, qui ma starté ! »
En France Allumé donc,
par cette première vague québécoise de conteurs,
Simon Gauthier est « parti pour la bohème », selon
sa propre expression, pendant environ 3 ans, offrant ses services dans
les cafés. Enjoué comme toujours, il ajoutera : «
Je leur disais que je nétais pas un compteur dHydro-Québec
mais un gars qui disait des contes
» Festival de Tadoussac Sil a dû
en raconter beaucoup de choses pour quon le laisse raconter, Simon
Gauthier réalise désormais avec satisfaction que, maintenant,
on frappe chez lui pour obtenir ses services. Près de leau Simon Gauthier vit
présentement à Verchères, pour se rapprocher de la
colonie des conteurs, ses camarades. « Mais Sept-Îles, Tadoussac,
Verchères, jai toujours été à proximité
du fleuve. Cest sans doute pourquoi on ma surnommé
« Simon du fleuve ». |
| FRED PELLERIN,
ÇA LUI EST VENU DES VIEUX |
| Si auparavant
Fred Pellerin racontait toutes sortes dhistoires pour gagner sa vie
aujourdhui
quil pratique à plein temps, lartiste de St-Élie
de Caxton a fait du conte SA VIE.
Après Michel Faubert, il serait le conteur le mieux rémunéré au Québec, il a deux livres-CD (chez Planète Rebelle) à son actif en quatre ans de carrière, rares sont les festivals qui ne tiennent pas à sa participation, sa présence garantit des salles pleines, nous pourrions ajouter quil est devenu une vedette. Voyons ce que le principal intéressé en pense.
-Fred Pellerin par-ci, Fred Pellerin par-là, les commentaires sont toujours élogieux, on vous dit le « Mozart du conte », ça vous gêne si on vous accole le mot « vedette »? - Ben, une vedette, une vedette ça va ben, en fait. Ça délire, ça disjoncte, les publics qui sont là aiment ça Cest peut-être des adons mais cest vraiment la belle vie! Cest plus que jaurais pu rêver. Je ne pensais même pas quon pouvait vivre du conte au Québec. Donc, je laisse aller les affaires. Les vieux qui racontaient - Doù
vous est venue limpulsion de raconter ? Des histoires de son village - Chose certaine,
vous semblez vous amuser, sur scène comme ailleurs. Conseil aux aspirants - Quest-ce
quon dit, Fred Pellerin, aux personnes qui se sentent interpellés
par le conte, comment peuvent-elles sy engager? |
| JOCELYN BÉRUBÉ…
grain de sel et cœur d’enfant |
| Parce quil a
été comédien, Jocelyn Bérubé est lun
des conteurs dont le nom sonne familier aux oreilles du grand public. Voilà
maintenant quil conte et pourtant il ne sen lasse pas au contraire.
Un court question-réponse en compagnie de celui dont on vient déditer
le livre-CD intitulé Portrait en blues de travail.
-Jocelyn Bérubé,
votre nom et votre visage demeurent familiers
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| OBJETS
DE CADEAUX, CES LIVRES-DISQUES DE PLANÈTE REBELLE |
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| Noël,
la Saint-Sylvestre, la Saint-Valentin, quelle belle période pour
le conte, limaginaire, le fantastique : à la télé
ou au cinéma, en trois dimensions et, depuis cinq ans, en livres,
des livres accompagnés dun disque. Pour enfants, bien sûr,
mais pour adultes cest sûr aussi! Alors voici une suggestion
de cadeaux à loccasion de ces fêtes, des produits de
Planète rebelle de Marie-Fleurette Beaudoin, tous dune
qualité renversante parce quexceptionnelle.
Planète Rebelle:
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