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FEMMES KAMIKAZES
KAMIKAZES
Irak, 1er février 2010
Au moins 46 personnes ont été tuées et plus de 120 autres blessées aujourd'hui dans un attentat-suicide commis par une femme contre des pèlerins chiites à Bagdad.
La kamikaze a fait sauter sa ceinture d'explosifs au milieu de pèlerins dans les faubourgs du quartier majoritairement chiite de Chaab, à Bagdad. L'explosion s'est produite alors qu'elle patientait avec d'autres femmes qui attendaient d'être fouillées par des agents de sécurité à un contrôle à l'intérieur d'une tente.Irak, 23 avril 2009
Trois attentats suicide commis par des femmes contre des pèlerins chiites ont fait au moins 25 tués, des femmes et des enfants pour la plupart, à Bagdad, où se déroule l'une des plus importantes fêtes de l'islam chiite.
Et ça reprend de plus belle…
Irak, 21 avril 2009...
Des policiers irakiens distribuaient de l’aide à des familles déplacées quand une kamikaze s’est fait exploser dans le sud-ouest de Bagdad, tuant 28 personnes et en blessant 52 autres.
Selon un policier, la kamikaze portait la traditionnelle abaya noir cachant ses explosifs.Irak, 19 février 2009…
Huit personnes ont été tuées et vingt blessées lorsqu’une femme kamikaze s’est fait exploser au passage d’une patrouille des comités Al-Sahwa, groupes d’ex-insurgés payés par l’armée américaine, dans le Nord de l’Irak. Des femmes et des enfants apparaissent parmi les victimes.Irak, 13 février 2009…
La police irakienne a annoncé qu’une femme s’est fait exploser sous une tente où se reposaient des femmes et des enfants, dans la ville sainte de Karbala.
La kamikaze a entraîné 30 personnes dans la mort.
Il s’agit du troisième jour d’attentats contre des pèlerins chiites.29 juillet 2008...
Au moins 56 personnes sont mortes, hier, en Irak. A Bagdad, trois femmes ont fait exploser leurs charges au milieu d'une célébration chiite.
À ce jour, plus d’une cinquantaine de femmes et jeunes filles ont participé à des attaques en Irak, le nombre allant croissant.
De plus, on retrouve de ces kamikazes au féminin que ce soit en Palestine, au Liban, en Tchéchène, Algérie, Sri-Lanka et même en Belgique où on les prépare à mourir.
Le monde entier se pose la question à savoir pourquoi on emploie des femmes pour de tels actes et, aussi, pourquoi s’engagement-elles sur une telle voie du suicide.
On se demande aussi pourquoi ces femmes, parfois des mères de famille, n’hésitent pas à tuer aveuglément des civils, même des femmes et des enfants
Nous allons tenter d’y voir clair au cours des chapitres qui suivront..
ENDOCTRINEMENT
AUX OPÉRATIONS SUICIDEOn connaît les promesses de voluptés charnelles au paradis qui séduisent les hommes musulmans et les poussent au martyre. On connaît moins ce qui motive les femmes à mener des opérations-suicide et à encourager leurs propres enfants à suivre cette voie. Des sites Internet analysés par MEMRI nous donnent la réponse. Cœurs sensibles s’abstenir!
Des forums de femmes sur des sites islamistes - Outils pour préparer les femmes à mener des opérations-suicide et le djihad, par D. Hazan
Un certain nombre de sites islamistes comprennent des forums spéciaux pour les femmes et pour la famille islamique. Un examen de ces forums révèle que plus des deux tiers de leurs participants sont des hommes, que leur objectif est essentiellement l'endoctrinement, et que leur principal souci est l'encouragement des femmes à mener des opérations-suicide - par exemple, en relatant et exaltant des biographies et testaments de femmes martyres dans l'histoire islamique et dans les temps modernes.
Ces forums exhortent les femmes à prendre une part active dans le djihad, ou tout au moins à appuyer ses combattants par le biais de contributions financières. Ils font également la promotion de l’enseignement du djihad dès le plus jeune âge, de la connaissance des fatwas de différents cheikhs sur le djihad et le martyre, et soulignent la récompense qui attend les martyrs, hommes et femmes, au paradis.
Une abonnée de Al-Hesbah se nommant Oum Hamza Al-Shahid a écrit un message intitulé «Réservez-vous un lustre suspendu au trône d’Allah au paradis», dans lequel elle encourage les femmes musulmanes à mener des attentats-suicide.Voici quelques extraits:
Les âmes des martyrs habitent dans le ventre des oiseaux verts qui se reposent sur des lustres suspendus au trône royal d'Allah au Paradis. Ils errent librement dans le paradis, puis viennent se reposer sur les chandeliers. Soeur, pense comme c’est une merveilleuse vie, comment le paradis est merveilleux, et ce que nous manquons en vivant ici en ce monde.Vous savez que le martyr ne meurt pas. Il vit, et ne connaîtra jamais la mort, car il est dit dans le Coran 2:154: «Et ne dites pas de ceux qui sont tués dans le sentier d'Allah qu'ils sont morts. Au contraire ils sont vivants, mais vous en êtes inconscients».
Vous demandez sûrement: «Quelle est la voie du martyre pour moi, en tant que femme? Comment puis-je trouver le chemin?» Avant de répondre, permettez-moi de dire: Saviez-vous que le tout premier musulman qui a eu le privilège de devenir un martyr est une femme, à savoir Sumayya bint Khayyat? Elle a été cruellement torturée par le chef des infidèles, l'amère ennemi de la foi Abou Jahl, mais elle est restée ferme dans sa religion et sa foi. Elle a craché sur son visage crasseux, ne lui laissant pas d'autre choix que de tirer son épée et la poignarder, puis son corps pur a été jeté dans le désert de La Mecque, tandis que son âme pure monta au Paradis.Suivez son exemple, ma sœur. Elle a eu l'honneur de devenir une martyre avant que le premier homme n’ait cet honneur. Allah ne nous empêche pas de suivre ses traces.
Sœur, avez-vous peur de l'horreur de la mort et l'angoisse de mourir? Sachez que la douleur ressentie par un martyr lorsqu’il est tué, c'est comme la douleur d'une piqûre de guêpe. Ayant entendu cela, avez-vous toujours peur d’oser? Ne souhaitez-vous pas une telle fin - une transition aisée de ce monde au Paradis, sans douleur ni angoisse?Puisque la mort est inévitable, pourquoi ne devrions-nous pas laisser ce monde passager dans notre meilleure capacité, qui est en martyr?
Telles sont les paroles d'une de nos soeurs qui a déjà atteint cet objectif, Rim Al-Riyashi. Elle n'avait que 22 ans, et était mère de deux petits enfants, mais elle a considéré sa vie en ce monde de peu de valeur et l’a sacrifiée pour Allah afin d'agiter la bannière de l'islam, en disant dans son testament:«J'ai longtemps aspiré à ce martyre pour Allah. J'ai longtemps attendu. Comme je serai heureuse, et quelle sera ma joie si Allah m’accepte comme martyre. Par Allah, mon cœur est rempli de beaucoup d'émotions, et je ne peux pas les contrôler. Comme si un beau rêve avait pris mon corps en charge, comme si mon cœur battait les mots: «Allah, accepte-moi comme martyre». Combien j'aspirais à transformer mon corps en éclats qui déchirent les fils de Sion en morceaux, et à frapper avec leurs crânes sur les portes du Paradis.
Par Allah, même si vous cassiez mes os et me brisiez en morceaux, vous ne seriez pas en mesure de détruire ma foi ou de déchirer ma bannière. Combien je me répétais: Les Juifs sont les ennemis d'Allah, comble-toi de haine pour eux et transforme ton sang en un sentier sur lequel tu marcheras vers le Paradis».
Dans un autre message, intitulé «En fait, les hommes n’ont pas le monopole du martyre», Oum Hamza Al-Shahid décrit les derniers moments d'une femme kamikaze:
«Elle a récité la prière du matin et puis s'est assise en invoquant le nom d’Allah jusqu'à l'aube. Dans son esprit, elle a entendu les paroles d'un frère qui avait choisi la voie du martyre: "Même si j’étais morte tout en priant, j’aurais regretté d’avoir raté l'occasion de mourir en martyre dans une guerre pour Allah."
Elle sortit et marcha en silence, son âme se remplissait d’une profonde confiance et tranquillité. Elle a passé les doigts sur la ceinture d'explosifs dissimulée sous ses vêtements pour s’assurer qu'elle était solidement fixée. Elle continua. Ensuite, une foule de Juifs sales se dessina au loin et elle se hâta d’aller à leur rencontre. Elle a réussi à se glisser dans la foule sans que personne ne la remarque.
Son cœur palpitait, non pas par crainte des ignobles Juifs, mais parce que sa mémorable rencontre avec Allah était proche. Il lui semblait que le ciel était plus léger et brillant que jamais. Elle a pénétré plus profondément dans la foule, son souffle jaillissant en gerbes et l’étincelle de la mort brillait dans son regard, et... Allah Akbar!
L'explosion a retenti fort, violente, assourdissante, et destructrice. Les parties des corps des Juifs éparpillés partout, et le sang versé sur la terre des prophètes, alors que son âme pure montait au ciel, aux lustres du Paradis, un havre de lumière, de paix et d'éternité».
Un abonné s’appelant Sayf Allah [Épée d’Allah] a posté un lien vers une vidéo, accompagnée d'un message intitulé «Pour les femmes qui sollicitent le martyre»:
«Pour nos chères sœurs sur ce forum, et à toutes les sœurs partout dans le monde qui sont dévotes dans leur foi, voici un simple vidéo sur plusieurs femmes qui sont devenues des martyres, et qui, dans leur testament final, exhortent les autres à mener le djihad».Le forum des femmes sur le site islamiste Al-Shumoukh présente un extrait d'un livre intitulé «Le djihad et le combat dans la politique basée sur la charia», par le Dr. Muhammad Khayr Haykal, qui incluait ce qui suit: «Le martyre pour Allah est l'une des valeurs que l'Islam glorifie, et qui confère prestige à celui qui le met en œuvre.
Par le biais du martyre, on reçoit la vie éternelle et on évite la mort, qui est le lot de tout le monde. Les portes du Paradis s’ouvrent devant le martyr, et la vie en ce monde se poursuit pendant que les martyrs se prélassent dans les plaisirs du Paradis. Après que leur âme quitte leur corps, Allah leur construit des palais.»
Une femme rêve habituellement d’un mari, d’une grande maison, d’enfants ... Mais il y a d’autres femmes, des combattantes du djihad qui sacrifient leur âme au côté des hommes; Elle a mis un suaire, a attaché une ceinture d’explosifs, et est partie. C’était le moment critique dans sa décision de rencontrer Allah en martyre.
Une abonnée s’appelant Rabab Khatem a écrit sous le titre «Les femmes djihad des temps modernes feront l’histoire»: Pendant longtemps, j'ai pensé à cette femme qui a tout quitté, abandonné les doux plaisirs de ce monde.
Abandonné son âme et son argent afin de se prouver l’égale des hommes et de prouver que la religion d'Allah est plus importante que sa propre vie. J'ai essayé de trouver d'autres femmes comme elle au milieu de mon peuple, mais je n’ai trouvé que des animatrices de TV flashy, des danseuses, des chanteuses, etc, qui se présentent comme des modèles pour l'humanité et qui, en fait, servent de modèles pour celles qui souhaitent suivre leur exemple indigne.
J'ai planifié d’écrire à son sujet pendant longtemps. J'ai cherché les plus belles paroles qui ont été dites à son sujet, et j’en ai trouvé beaucoup, mais aucune aussi merveilleuse que celles écrites à son sujet par l’abonné du forum Louis Atiyyat Allah sous la rubrique:
«Lamentation pour une chevalière musulmane»Alors que j'écris ces mots, la tristesse de ne pas être parmi vous afflige mon cœur. Je voudrais pouvoir être parmi vous, ce qui aurait été un immense privilège. Quelle valeur y a-t-il dans une vie agréable qui se termine dans la tombe, sans gloire qui passera à l’histoire, et sans avoir servi fidèlement la religion d'Allah.
La femme chevalier a dit: Allah, accepte mon sang aujourd'hui et qu’il te plaise. Une femme dans le présent monde rêve habituellement d'un mari, d’une grande maison, des enfants. Cependant, il existe d'autres femmes - louanges à elles - qui ont décidé de sacrifier leur âme aux côtés des hommes, elles sont sans aucun doute des combattantes du Djihad.
Les femmes du courageux peuple tchétchène ont sacrifié leurs enfants et leur argent. Elles ont rejoint la marche des martyrs, elles ont refusé d’accepter l'oppression, et comme l'ennemi intensifiait sa cruelle oppression, leur ténacité et leur préparation pour le sacrifice s’est fortifiée.
Une femme a été appréhendée par les Russes, et un haut officier russe a violé son honneur. Elle a juré vengeance. Elle a commencé à se préparer, à compter les jours jusqu'au jour où elle sacrifierait sa plus précieuse possession au nom de la religion et de l'honneur.Elle a enfilé un linceul, sanglé une ceinture d'explosifs autour de son corps et est allée à lui, et lorsque le moment est venu, elle s'est approchée de lui, et c'est alors qu'elle a mis à exécution sa détermination à rencontrer Allah comme martyre.
C'est l'histoire de jeunes femmes, dans le printemps de leur jeunesse, qui se sont introduites dans un théâtre russe déguisées en journalistes, déterminées à se martyriser. L'une d'elles a dissimulé la surprise qu'elle avait préparée pour les Russes dans sa caméra, tandis que l'autre l’avait enroulée autour de sa taille. Aussitôt que les hauts responsables russes régionaux se sont réunis dans les lieux, les portes ont été verrouillées, de sorte qu'ils puissent savourer pleinement ce qui avait été préparé pour eux, et la fin est venue avant même que l'événement commence. Loué soit leur acte, qui passera à l'histoire.
Notre coeur se réjouit à la vue de femmes dont l’âme languit pour la guerre sainte pour l'amour d'Allah
Le site Al-Hesbah a affiché un article écrit par le cheikh Abd El-Rahman Al-Sahim louant les femmes qui rejoignent le djihad. Voici quelques extraits:
Par Allah, la poitrine se gonfle à la vue des processions de martyrs qui retournent à Allah. Le cœur bat plus rapidement à entendre l’histoire d'une jeune femme qui s'élève au-dessus du monde de la mode et renonce au monde matériel. L’âme exulte à la vue d’une femme avec de grandes aspirations dont l'âme languit pour le djihad à la gloire d'Allah. À la vue de telles choses, je dis:
La nation est toujours saine. Il est regrettable pour ses ennemis qu'ils combattent contre une nation qui a des femmes d’un tel caractère. Une nation qui donne naissance à des femmes de cette nature est une nation qui ne mourra jamais. Par Allah, mon coeur est prêt à sauter de ma poitrine comme je lis la recherche par une jeune femme qui n’a pas encore 20 ans sur la guerre contre les ennemis, et sa participation dans le djihad à travers le martyr.Aujourd'hui, mon pays a besoin de femmes qui portent le fardeau, plutôt que celles qui sont elles-mêmes une charge pour le dawa et les prédicateurs. C'est pourquoi je dis aux femmes: «soyez celles qui portent le fardeau de la dawa et la bannière de la victoire et de la gloire».
Si vous pouvez sacrifier votre âme - Quel grand sacrifice ce sera!
Le site Al-Shumoukh a affiché un article intitulé «Un appel de la Mère de martyrs à ses soeurs dans le forum», en date du 1 er octobre 2007, dans lequel l'auteur anonyme déclare: «Ma soeur, vous êtes une partie indissociable de ce glorieux DJihad, et sans vous nulle armée n’avancera et nulle bannière ne sera hissée.Par conséquent, ne sous-estimez pas la valeur de votre effort, car il a un impact significatif. Si vous avez un ami ou un parent en qui vous avez confiance, essayez de l'orienter sur le chemin du djihad - et grande sera votre récompense! Ne dévoilez pas vos intentions à qui que ce soit - et même à ceux qui vous sont très proches, car le secret est la clé du succès. Si vous pouvez sacrifier votre âme, quel grand sacrifice ce sera. Sachez, ma chère, que plus vous sacrifiez, plus vous serez récompensée dans ce monde et aussi dans le monde à venir».
Pourquoi ne devrait-il pas y avoir des femmes combattantes du Djihad contemporain qui sacrifient ce qu’elles ont de plus précieux et offrent leur âme pour l'amour de la religion?
Un autre message sur Al-Hesbah, intitulé «La Femme chevalier islamique» par un participant qui s’est nommé «Admirateur du cheikh Abou Mousab Al-Zarkaoui», appelle les femmes musulmanes à suivre l'exemple des femmes des débuts de l'Islam et à sacrifier leur âme pour le bien de la religion.Voici quelques extraits:
Mes soeurs, les combattantes musulmanes du djihad. Nous voulons suivre la voie de la grâce et du djihad prises par nos mères et nos soeurs des débuts de l'islam.
Malheureusement cependant, la faiblesse de notre époque, qui assaille actuellement les musulmans, a jeté une ombre sur leur vie, créant des distorsions que l'islam rejette.Pourquoi les femmes contemporaines ne devraient-elles pas être des combattantes du djihad, sacrifier ce qui est le plus précieux pour elles et accorder leur âme pour le bien de la religion ? Les femmes musulmanes à l'époque du Prophète et des Califes ne rejoignaient-elles pas l'armée et ne menaient-elles pas le djihad?
Les femmes ont continué à prendre part à des guerres menées par des armées musulmanes, aidant à obtenir des approvisionnements, des fournitures d'aide médicale, et prenant part aux combats - jusqu'à ce que les musulmans s’éloignent progressivement de l'islam, supprimant de nombreuses traditions islamiques - et parmi elles, celles qui ont accordé aux femmes la légitimité de mener le djihad.
WAFA,
BOMBE HUMAINE
ET FLEUR DE PALESTINE
Le 25 janvier 2002, Wafa Idriss, 25 ans, se fait exploser en plein cœur de Jérusalem, faisant un mort et des dizaines de blessés. Première femme kamikaze palestinienne, la jeune femme est désormais considérée comme une martyr par son peuple. Du moins, elle est entrée dans l’histoire.
Wafa Idriss était une ambulancière du Croissant-Rouge, spécialisée dans les premiers soins. Elle vivait avec sa famille dans un camp de refugiés.
À 16 ans, elle se marie avec son cousin, mais les pressions familiales pousseront le couple à divorcer neuf ans plus tard, car Wafa était stérile.
D’autre part, sa famille rappelle qu’elle fut battue par un soldat palestinien et blessée par balle en caoutchouc.Ci-dessous des extraits d´un programme télévisé pour enfants, où ces derniers entendent le récit mythifié de la bombe humaine Wafa Idris. L´émission a été diffusée sur la télévision Al-Qods le 1er décembre 2009. Extraits :
Animateur : Il était une fois une jeune fille qui étudiait à la faculté de médecine. Elle vivait dans un camp de réfugiés appelé Al-Amaari. Le camp Al-Amaari, mes chers enfants, se trouve près de la ville de Ramallah, en Palestine occupée. […] (Wafa Idris) est allée trouver le commandant de la résistance pour lui demander d´accomplir une opération martyre. Quoi ? !
Une fille qui mène une opération martyre ? Elle lui a répondu : "Je veux mener une opération martyre, comme n´importe quel jeune homme de la résistance."
Evidemment, le commandant a d´abord hésité parce que c´était la première fois qu´une chose pareille arrivait. Depuis le début de l´Intifada, aucune Palestinienne n´avait perpétré d´opération martyre. Mais Wafa a insisté jusqu´à convaincre le commandant que les sionistes ne feraient pas attention à une jeune fille.
En général, ils n´inspectent que les jeunes hommes. Le commandant a donc donné son accord. Face à sa détermination, son courage et son obstination, il a accepté. […]
Elle s´est donc mise en route. Au moment de partir, elle s´est souvenue de quelque chose. De quoi ? Pas d´un parent ni d´un proche. Elle s´est souvenue qu´elle n´avait pas nourri les colombes sur le toit. Elle s´est hâtée de grimper sur le toit. Dès que les colombes l´ont aperçue, elles se sont mises à battre des ailes. Wafa a pris une colombe blanche dans ses mains. Son aile s´était déchirée deux jours plus tôt.
Wafa l´a caressée doucement en lui disant : "N´aie pas peur, colombe blanche, colombe de la paix. Demain, tu pourras de nouveau voler. Tu retourneras à ton nid dans la Vieille ville de Jérusalem. Demain, le ciel s´ouvrira devant tes ailes et tu survoleras la Galilée, Naplouse, Djénine, Bethlehem et Hébron."
Wafa est allée comme d´habitude à son travail, mais elle a bien sûr pris un jour de congé et est partie. Pourquoi ? Parce qu´il était temps d´accomplir l´opération héroïque. »Chanson à la gloire de Wafa
Une chanson à la gloire de Wafa Idris, la première femme terroriste suicide, qui s’est fait exploser au centre de Jérusalem, a été diffusée à la télévision palestinienne – PA TV – trois fois en quinze jours. Cette chanson exalte et loue à la fois Wafa et son acte de terrorisme suicidaire. On dit d’elle qu’elle est “une fleur” et a “le battement de cœur de la fierté” et on y applaudit le choix qu’elle a fait de mourir: “Tu as choisi Shahada, et dans la mort tu as donné vie à notre volonté.”
Les paroles:Chanteuse: “Ma sœur, Wafa,“Ma sœur, Wafa,
“Oh, le battement de cœur de la fierté,
“Oh, la fleur qui était sur terre et est maintenant dans les cieux, (2 fois)
“Ma sœur, Wafa,
“Ma sœur, Wafa,
“Oh, le battement de cœur de la fierté,
“Oh, la fleur qui était sur terre et est maintenant dans les cieux, (2 fois)
“Ma sœur, Wafa…”
Chœur: “Allah Akbar! Oh Palestine des Arabes
“Allah Akbar, Oh Wafa!”
Chanteuse: “Mais tu as choisi Shahada,
“Dans la mort tu as donné vie à notre volonté.
“Mais tu as choisi le martyre – Shahada,
“Dans la mort tu as donné vie à notre volonté.”
SE SACRIFIER POUR TUER
LE PLUS DE SOLDATS POSSIBLETchétchènes ou palestiniennes, de plus en plus de femmes commettent des attentats suicides. Dans ce domaine, les zélateurs du jihad pratiquent d’autant moins la discrimination qu’elles constituent une arme redoutable, nouveau cauchemar des services de sécurité.
Pourtant conçues, elles aussi, pour donner la vie, ces femmes-là choisissent de sacrifier la leur pour apporter la mort.
« Eloignez-vous, je vais me faire exploser ! » a hurlé, au moment de l’assaut, avant l’hécatombe, aux femmes et aux enfants entassés au rez-de-chaussée de l’école de Beslan l’une des « veuves noires » du commando terroriste tchétchène.
Mère de famille ou adolescente, palestinienne ou tchétchène - comme Amanta Nagaïeva et Satsita Djebirkhanova, auteurs présumées du double attentat terroriste qui a détruit en vol, le 24 août, deux Tupolev - voire irakienne ou turque, chacune s’est un jour chargée d’explosifs pour se transformer en bombe humaine au milieu d’une foule, à la terrasse d’un café, dans un autobus, à proximité d’un barrage de l’armée. Ou encore à bord d’un avion, comme Amanta et Satsita, à la veille de l’élection présidentielle tchétchène jouée d’avance.
Aussi désespérées que fanatisées, elles ont rejoint dans l’au-delà ces martyrs hommes dont elles se voulaient les égales, avec l’espoir d’une nuit des temps plus clémente que ne l’étaient leurs jours ici-bas. Quelques-unes cependant ont échoué dans leur funeste mission. Soixante-quinze femmes sont actuellement incarcérées en Israël pour avoir tenté ce type d’action terroriste ou y avoir participé comme complices des kamikazes. Et leur nombre ne cesse de s’accroître.
« J’ai décidé de me sacrifier pour nous venger en tuant le plus de soldats possible »
C’est le cas de Samaa Atta Bader, de Naplouse, 19 ans, qui a accepté de s’entretenir avec L’Express dans sa cellule de la prison israélienne, à 30 kilomètres de Tel-Aviv, où elle a purgé une peine de dix-huit mois pour avoir projeté un attentat suicide en Israël, accusation qu’elle n’a pas démentie.
« Tout le monde aime la vie et j’avais des projets, comme de poursuivre mes études de droit à l’université Al-Najah pour être avocate, mais, explique Samaa, face à l’occupation israélienne, aux images de mort apportées par Tsahal lorsqu’elle a, à nouveau, envahi Naplouse, j’ai décidé de me sacrifier pour nous venger en tuant le plus de soldats possible. »Arrêtée le 16 juin 2004 sur dénonciation, la jeune fille enrôlée par les activistes islamistes du Tanzim assure « avoir beaucoup prié » pour prendre sa décision, mais n’en avoir rien dit à sa famille, comme promis aux responsables religieux de son mouvement, qui l’ont « aidée à se préparer » pendant un peu moins d’un mois. « En fait, précise-t-elle, je n’avais pas vraiment besoin de préparation car on avait déjà beaucoup parlé à l’école de la question du shahid [martyr] et 99% de mes amies, qui ont toutes un frère ou un parent tué, sont prêtes au sacrifice. » Et de conclure en soupirant derrière son voile : « Vous savez, avec l’occupation, de toute façon la mort est notre quotidien ! »
Avocate, Hanadi Taysser Darajat, originaire de Jénine, en Cisjordanie, n’ira, quant à elle, jamais plaider la cause des siens devant un tribunal terrestre. Le 9 octobre 2003, son gracieux visage encadré de cheveux noirs gisait, loin de son corps déchiqueté, au milieu du restaurant Maxim, à Haïfa, jonché de lambeaux de chair ensanglantés.A 29 ans, sixième femme kamikaze palestinienne depuis le début de la seconde Intifada, en septembre 2000, Hanadi aurait, selon le Jihad islamique, voulu venger, en provoquant cette hécatombe (19 civils israéliens juifs et arabes tués), la mort de son frère et de son cousin, tombés quatre mois plus tôt sous les balles de Tsahal.
Quelques jours après le massacre, des petites photos de la taille d’une carte à jouer étaient distribuées à la sortie des écoles de filles de la bande de Gaza et de Cisjordanie pour immortaliser le souvenir de Hanadi, tandis que les bulldozers de l’armée israélienne rasaient en représailles sa maison familiale devant les jeunes du voisinage serrant les dents et brandissant le poing.
Alors que le premier kamikaze masculin du conflit israélo-palestinien s’est tué en 1993, ce n’est que neuf ans plus tard que les femmes se sont jointes à cette mortelle randonnée. Ce fut d’abord, en 2002, à l’initiative du Tanzim, affilié au Fatah, mais, depuis 2003, le Jihad islamique recrute lui aussi des shahidas, bientôt imité par Hamas, qui envoie, le 14 janvier 2004, Reem al-Reyashi, 22 ans, déclencher la ceinture d’explosifs qu’elle dissimulait sous son manteau, tuant quatre Israéliens, dont trois soldats, à Erez, le principal point de passage de la bande de Gaza. « Je voulais que les morceaux déchiquetés de mon corps s’envolent dans toutes les directions », dira-t-elle, souriante, le front ceint du bandeau vert de l’islam et un kalachnikov à la main, dans un enregistrement vidéo distribué après sa mort par Hamas. Ou encore : « Le feu de la vengeance ne s’éteindra jamais. Il continuera à brûler jour après jour, jusqu’à ce que les ennemis soient détruits et quittent notre terre. Depuis l’âge de 13 ans, je rêvais de mener une telle opération. »
Faisant preuve d’une effrayante détermination, elle avait tranquillement expliqué aux sentinelles israéliennes venues la contrôler qu’elle risquait de déclencher l’alarme de leur détecteur en raison d’une broche métallique qu’elle prétendait avoir dans la jambe !
Reem, l’implacable kamikaze, était la maman de deux enfants de 1 et 4 ans. Issue d’une famille commerçante prospère de la bourgeoisie de Gaza, elle habitait dans un quartier résidentiel, au bord de la mer, loin des insalubres camps de réfugiés aux conditions de vie éprouvantes.
« Le jihad au féminin rend notre tâche de détection et de prévention mille fois plus difficile »
Si les crimes d’honneur sont une réalité au Moyen-Orient, la froide détermination de la jeune femme, qui n’a montré aucun signe de nervosité en présence des soldats israéliens, fait en tout cas douter la plupart des observateurs de cette version trop commode.
Une universitaire palestinienne, Islah Jad, qui s’est penchée sur le rôle des femmes dans la lutte, assure : « Si quelqu’un, ou une organisation, forçait, d’une manière ou d’une autre, les femmes à se suicider, la plupart reculeraient à la dernière minute. Or le nombre de celles qui renoncent ou se livrent à la police est infime. En revanche, les candidates sont de plus en plus nombreuses. » Pourtant, les services de sécurité israéliens assurent que si sept Palestiniennes ont effectivement commis des attentats suicides, une dizaine d’autres n’ont pas mis leur projet à exécution.
Yasser Arafat les a-t-il encouragées lui-même, ainsi qu’on l’a dit ? Il semble, comme le souligne la journaliste américaine Barbara Victor, auteur du livre Shahidas. Les femmes kamikazes de Palestine (Flammarion), que le chef de l’Autorité palestinienne ne l’ait pas fait expressément ; mais il a invité les femmes à participer à la lutte armée au péril de leur vie :
« Vous êtes mon armée de roses qui écrasera les chars israéliens. » Et, en janvier 2002, il crée le féminin du mot « martyr » : « Shahida jusqu’à Jérusalem ». On notera, par ailleurs, que, dans les rangs tchétchènes, les femmes ont été également appelées à prendre une place importante dans la lutte pour l’indépendance, y compris en allant jusqu’au sacrifice suprême.
Lors de la sanglante prise d’otages dans un théâtre de Moscou, en octobre 2002, une vingtaine de « veuves noires » voilées étaient présentes avec armes et explosifs. Ce n’est d’ailleurs pas d’aujourd’hui que la femme est capable de se porter volontaire pour des opérations terroristes quasi suicidaires. Ainsi la redoutable Ulrike Meinhof, en Allemagne, dans les années 1970, ou, plus récemment, celle qui assassina Rajiv Gandhi. Sans oublier, bien sûr, qu’en Russie Alexandre II, en 1881, ou Lénine, en 1918, furent aussi la cible de femmes terroristes, même si, en l’occurrence, ces attentats ne visaient pas d’anonymes civils dans la rue...
A l’instar des hommes, les femmes kamikazes ont pleinement conscience de l’importance de leur acte dans la lutte du groupe auquel elles appartiennent. Pour elles, la survie de leur collectivité passe avant leur propre survie. Chacun, chacune apporte sa pierre à l’édifice avec ses
Nouvelle illustration du cycle infernal de la violence et de la haine au Moyen-Orient ou dans le Caucase, dans lequel s’engagent jusqu’au sacrifice suprême des mères de famille instruites ou de milieu aisé, ou des étudiantes, ce phénomène des femmes kamikazes constitue un défi particulièrement déroutant pour les services de sécurité, qu’ils soient israéliens, russes et, plus généralement, occidentaux.
En effet, comme les enfants que l’on dit innocents, les représentantes du sexe que l’on prétend faible sont bien mieux armées que les hommes lorsqu’il s’agit de tromper la vigilance d’un soldat ou d’un policier. Surtout dans ces régions du monde où le tabou de la mixité complique singulièrement les procédures de contrôle et de fouille les concernant. « Le jihad au féminin, confie Guideon Ezra, député à la Knesset et ministre intérimaire de la Sécurité intérieure de l’Etat hébreu (Shin Beth), rend notre tâche de détection et de prévention mille fois plus difficile et nous oblige à changer radicalement notre approche et notre tactique. »
Même inquiétude du FBI, à Washington, devant cette féminisation de la menace kamikaze, constatée tout aussi bien en Israël qu’en Tchétchénie ou à Sri Lanka. Mais aussi dans la mouvance d’Al-Qaeda : un journal arabe de Londres, Asharq al-Awsat, vient de publier une interview, sous le pseudonyme d’Umm Jihad, d’une activiste, présentée comme proche des cercles de Ben Laden, qui annonçait la création d’une unité de femmes qui « feraient oublier aux Etats-Unis jusqu’à leur propre nom ». Rodomontade ou pas, le FBI a consacré un séminaire, début 2004, à l’étude de ce phénomène cauchemardesque où une femme candidate au martyre peut dissimuler sous sa robe de grossesse la terreur chimique ou biologique...
« La femme, la mère, soeur et fille constituent un des ressorts psychologiques majeurs de la guerre prolongée »
Une jeune fille tchétchène, Zarema Moujakhoïeva, qui, le 9 juillet 2003, fut arrêtée à Moscou alors qu’elle hésitait à déclencher le détonateur de sa bombe, a raconté combien elle avait été un moment séduite devant son miroir par la métamorphose vestimentaire qu’impliquait sa mission :
« On m’avait habillée comme une Moscovite, à la dernière mode : jean, baskets, tee-shirt, surchemise ocre, jolies lunettes de soleil [...] téléphone portable Nokia, tout mignon... » Aux policiers qui l’arrêteront - un artificier sera tué en voulant désamorcer la charge qu’elle portait - Zarema, la jeune fille au look branché, désignera sa ceinture d’explosifs comme celle d’une « martyre de l’islam ».
« Il n’est pas défendu par l’islam d’envoyer une femme pour servir une juste cause comme celle de lutter contre l’occupation, car la femme peut passer là où un homme ne passera pas », déclare cyniquement Youssef al-Qaradawi, un cheikh égyptien qui s’est illustré notamment en prônant le port du foulard islamique dans les écoles françaises. Au-delà de ces considérations pragmatiques, l’implication croissante des femmes dans ce type de mission sans retour s’expliquerait aussi, partiellement, par la volonté de celles-ci de conquérir leur égalité avec les hommes au sein de la société arabe.
Au prix de leur sacrifice, les voilà, elles aussi, trônant à titre posthume sur les posters et sur les fresques allégoriques consacrées aux glorieux martyrs. Loin des terres de Palestine, en Inde, deux films récents, Dil Se (Du cœur) et La Terroriste, ont eux aussi pour héroïnes des kamikazes. Cette douteuse consécration égalitaire, via le terrorisme le plus abject, inspira de grandes envolées lyriques à certains militants extrémistes de la presse arabe. Ainsi cet éditorial du journal islamiste égyptien Al-Shaab après le premier attentat suicide commis par une Palestinienne, Wafa Idris, en 2002 : « C’est une femme ! [...] Une femme, ô vous jeunes de la nation ; une femme, ô vous femmes de la nation qui réclamez la libération de vos semblables ! [...] C’est une femme qui vous apprend aujourd’hui, ô musulmanes, ce que c’est que la vraie libération, avec laquelle les activistes des droits de la femme vous ont tentées [...].
C’est une femme qui démontre aujourd’hui que la libération [de la femme], c’est la libération du corps, enfin affranchi des épreuves et des tribulations de ce bas monde... » La jeune détenue Samaa confiait pour sa part à L’Express que, « pour Dieu, l’homme et la femme sont égaux » et que « du temps du prophète Muhammad les femmes déjà participaient au jihad ».
FEMMES KAMIKAZES
EN BELGIQUE…?Mohamed Rena, Belge d'origine marocaine arrêté au Maroc, a affirmé aux enquêteurs qu'il y avait plusieurs épouses de détenus islamistes en Belgique, prêtes à commettre des attentats-suicide, selon un procès verbal de la police.
Expulsé en juin 2005 de Syrie, où il a suivi des cours dans une école coranique avant de recontrer des dirigeants jihadistes, Rena, 18 ans, regagne la Belgique où il est contacté sur son portable par la femme d'un dénommé Rachid Iba. "Elle m'a demandé de venir à Bruxelles pour la rencontrer et nous nous sommes vus dans une gare", a-t-il confié aux enquêteurs marocains.
"Elle m'a informé qu'il y avait des soeurs (femmes dans la terminologie musulmane) en Belgique, épouses d'islamistes détenus dans ce pays, qui étaient prêtes à faire n'importe quelle opération de jihad (guerre sainte)", a-t-il raconté.
"Elle m'a demandé de les aider en leur trouvant une personne pour les encadrer et leur fournir des explosifs afin de comettre des actes de derstruction", a-t-il ajouté précisant que toute la conversation s'est faite sur des bouts de papier.
"Elle m'écrivait sur un papier ce qu'elle avait à me dire et je lui répondais de la même manière", a-t-il dit aux policiers marocains.
Les polices belge et française ont procédé par la suite à une quinzaine d'interpellations au cours de perquisitions menées chez des proches de la première kamikaze européenne ayant commis un attentat en Irak, une Belge qui s'est fait exploser près de Bagdad.
QUI SONT-ELLES,
POURQUOI LE FONT-ELLES ?
Pour venger trois de ses frères tués par les troupes américaines dans les combats qui ont rasé la ville irakienne de Fallouja en 2004, Sajida Moubarak Atrous al-Rishaoui avait fait le voyage depuis l'Irak avec son mari et deux autres hommes avec l'intention de se faire sauter dans un hôtel d'Amman. Ils ont réussi, elle a échoué.
Appréhendée quelques jours après l'attentat qui a fait une soixantaine de morts, elle a témoigné dans une vidéo: «Dans la salle du Radisson où se tenait une réception de mariage, il y avait des femmes et des enfants. Mon mari a fait exploser sa bombe et j'ai essayé de faire exploser ma ceinture, mais ça n'a pas marché. Les gens se sont mis à courir et j'ai couru avec eux.»
La vidéo-confession et la photo de cette femme ceinturée d'explosifs font le tour du monde. Avec effet de terreur garanti. Dans les opinions occidentales, on éprouve stupéfaction et incrédulité à l'idée qu'une femme fasse comme les hommes et se porte volontaire pour un geste aussi désespéré qu'un attentat suicide.
«C'est mal comprendre les motivations politiques des kamikazes et la stratégie terroriste», affirme Robert Pape, politologue à l'université de Chicago et auteur d'un récent essai intitulé Dying to Win: The Strategic Logic of Suicide Terrorism. Ces motivations, dit-il, procèdent d'une «colère profonde» devant la présence de forces d'occupation et sont fondées sur la conviction, acquise au Liban au début des années 80, que «tuer le plus grand nombre de personnes possible» parviendra à les chasser.
Âgée de 35 ans, Sajida Moubarak, soeur de l'ancien bras droit du chef d'al-Qaïda en Irak, Abou Moussad al-Zarqaoui, n'a pas réagi autrement. Là où les gens veulent voir des fous furieux fanatisés par la religion, dit l'expert, il y a en fait des hommes et des femmes, plus instruits que la moyenne, qui obéissent avec sang-froid à de profondes raisons politiques. «Dans plus de 95 % des cas, les attentats suicide s'explique non par le religieux mais par l'opposition aux forces militaires étrangères.» Cette logique, jouxtée aux affrontements sectaires, continue de jouer en Irak, estime M. Pape.
C'est aussi au Liban que le phénomène des femmes kamikazes apparaît pour la première fois. Le 9 avril 1985, une jeune femme, Khyadali Sana, fait exploser sa voiture piégée près d'un convoi militaire israélien, faisant deux morts parmi les soldats.
Au total, 41 attentats suicide ont été commis de 1982 à 1986 au Liban contre les forces américaines, françaises et israéliennes, a compilé M. Pape. Les huit premiers ont été le fait d'islamistes purs et durs, les 33 autres, celui de communistes et de socialistes. De ces 33 attentats suicide, six ont été menés par des femmes.
Après Khyadali Sana, une femme, membre du PKK (Parti des travailleurs kurdes), se fera exploser pour la première fois en Turquie, tuant six soldats turcs. En juin 2000 en Tchétchénie, Hawa Barayev entre, à bord d'une voiture piégée, dans un camp militaire russe et fait 27 morts. Le 27 janvier 2002, Wafa Idriss, 28 ans, devient la première Palestinienne à commettre un attentat suicide: elle tue un homme et blesse 90 personnes en se faisant exploser rue Jaffa, une artère commerciale de Jérusalem.
Le Hamas, l'organisation islamiste palestinienne, a refusé au départ d'approuver l'«acte de djihad féminin» et continue d'y être réticent. En partie parce que ces femmes représentent «une menace à l'ordre patriarcal», avance Linda Clarke, professeure d'études religieuses à l'université Concordia. Avant de mourir, la Palestinienne Wafa Idriss aurait d'ailleurs déclaré que «permettre à une femme d'accéder au martyre constitue une étape décisive vers l'égalité des sexes dans le monde arabe».
Pour les organisations religieuses, les femmes sont une arme de dernier recours du djihad, au même titre que les vieillards et les enfants. Le Hamas aurait modifié sa position après avoir pris conscience de la popularité acquise par les femmes recrutées par l'organisation rivale des Brigades al-Aqsa, groupe terroriste laïque rattaché au Fatah. Plus tard, le maître à penser du Hamas, cheikh Amhed Yassine, assassiné , a édicté une fatwa à l'intention des femmes, affirmant que celles qui «commettent un attentat suicide et tuent des juifs sont récompensées au paradis en devenant plus belles que les 72 vierges promises aux hommes martyrs».
Car popularité il y a. Wafa Idriss, prête à «mourir pour tuer», est aujourd'hui considérée comme une héroïne à Gaza et en Cisjordanie. Le sacrifice d'une femme est un puissant instrument de propagande utilisé ad nauseam par les organisations commanditaires et aurait donné, vont jusqu'à dire certains, une nouvelle respectabilité à l'attentat suicide dans la société palestinienne. «Le fait que des femmes se fassent exploser est perçu comme le signe d'une détermination hors du commun», signale Linda Clarke. «Aussi, une femme qui se fait kamikaze ajoute à l'efficacité de la terreur.»
Difficile pourtant de lier à un facteur unique ce qui pousse une femme -- ou un homme -- à vouloir commettre un attentat suicide. L'explication tient à une toile complexe de motifs sociaux, psychologiques et politiques.
Une autre thèse veut que les femmes soient dans leur grande majorité des candidates non pas volontaires mais forcées au suicide, victimes des traditions. Elles se sont rendues coupables de crimes d'honneur, essentiellement l'adultère, et doivent payer pour laver leur réputation et celle de la famille.La vie personnelle de Wafa Idriss -- poussée au divorce parce qu'elle ne pouvait pas avoir d'enfant -- a nourri cette thèse auprès d'observateurs comme Barbara Victor, ancienne journaliste de CBS, qui a écrit Shahidas, les femmes kamikazes de Palestine.
Pour Mme Victor, une «culture de mort» ronge la société palestinienne et lave les cerveaux. Ses recherches l'ont menée à constater que «toutes [les femmes qui ont commis des suicides terroristes] avaient traversé des tragédies personnelles si graves que leurs conditions de vie étaient devenues intenables au sein de leur propre culture et de leur propre société».
Linda Clarke n'approuve guère ces conclusions, estimant qu'on «exagère l'oppression des femmes dans les sociétés musulmanes». Elle pense, comme M. Pape, que l'attentat suicide est d'abord un geste politique, «même enveloppé dans un discours religieux».
DES TALIBANS ACHÈTENT
DES ENFANTS KAMIKAZESSelon des officiels américains et pakistanais, le leader Taliban, Baitullah Mehsud achète des enfants kamikazes parfois âgés de 7 ans, dans la perspective de l'accroissement des attaques contre des cibles pakistanaises, afghanes et américaines.
Selon un officiel pakistanais, parlant sous couvert d'anonymat étant donné la sensibilité du sujet, le prix courant d'un enfant kamikaze s'établit entre 7000 et 14 000 dollars, ce qui représente une somme considérable dans un pays où le revenu par habitant est d'environ 2 600 dollars par an...
De source officielle américaine, le prix dépend de l'urgence du besoin en kamikaze et de la proximité géographique de la jeune bombe humaine par rapport à la cible désignée.
Selon cette même source, dans certains cas, les enfants sont kidnappés et ensuite vendus à Mehsud.
ENFANTS DE 9 ANS
APPRENTIS KAMIKAZES
Les autorités pakistanaises ont annoncé avoir arrêté neuf jeunes kamikazes, âgés de neuf à vingt ans, formés par les talibans du nord-ouest à commettre des attentats suicides.
«Neuf garçons formés à commettre des attentats suicide ont été arrêtés, et deux autres se sont rendus aux autorités», a déclaré le porte-parole de l'armée pakistanaise, le général Athar Abbas.
Bashir Bilour, un porte-parole militaire dans la vallée de Swat, où l'armée combat les talibans depuis deux ans, a confirmé que neuf des 11 garçons, âgés de 9 à 20 ans, avaient été entraînés à commettre des attentats suicide.
Selon lui, les combattants talibans de Swat ont recruté jusqu'à 200 jeunes garçons, qu'ils ont en partie formés à devenir kamikazes.
«Les parents de nombre de ces enfants ont contacté les autorités, en dénonçant leur lavage de cerveau par les talibans», a-t-il déclaré.
BÉNÉDICTION AUX
FEMMES KAMIKAZES
Le dignitaire chiite le plus respecté du Liban, cheikh Mohammad Hussein Fadlallah, a apporté sa bénédiction aux Palestiniennes kamikazes, estimant qu'elles écrivaient les pages d' une nouvelle et glorieuse histoire pour les femmes arabes et musulmanes.
Dans une interview à la chaîne d'information qatarie al Jazira, le cheikh Fadlallah estime que la guerre sainte que mènent selon lui les Palestiniens contre Israël peut nécessiter que des femmes commettent elles aussi des attentats suicides.
Il est vrai que l'Islam n'a pas demandé aux femmes de mener la guerre sainte, mais il les autorise à y participer si les nécessités d'une guerre défensive dictent que des femmes mènent des opérations militaires ou des opérations suicides, a-t-il dit.
Nous pensons que les femmes qui commettent des attentats suicides sont des martyrs qui écrivent un nouveau chapitre glorieux de l'histoire des Arabes et des musulmanes, continue-t-il.
Quand une Palestinienne de 18 ans s'est fait exploser dans un supermarché de Jérusalem, elle est devenue la troisième Palestinienne kamikaze depuis le début de la seconde Intifada en septembre 2000.
L’AMANTE D’AL-QODS
Cette jeune femme, qui se fait appeler "l´amante d’Al-Qods″ a pris part plusieurs fois à des opérations de combat, certaines victorieuses, d’autres non. Mais elle est déterminée à continuer.L´amante d’Al-Qods : « Voici la ceinture que nous portons ; elle nous permet de nous faire sauter en appuyant sur un détonateur. Ceci est un bouton de sécurité, et en voilà un autre. Nous n’exploserons pas avant d’avoir appuyé dessus. Quand Dieu en aura instillé la volonté dans nos cœurs… Notre force ne réside pas dans le corps mais dans le cœur. Si le cœur le désire et si nous sommes inspirées par Dieu… Toutes les filles en quête de martyre sont inspirées.
Tombées en martyrs
Ayat Al-Akhrass
(18 ans)
Tombée en martyre le 29/03/2002
Ayat est une fille du camp de réfugiés palestiniens de Al-Dihacha, à proximité de la ville de Beitlehem.
Depuis sa petite enfance, elle voulait participer dans la résistance et le djihad.
Le jour de son martyre, elle a fait ses adieux à ses camarades d’école en leur disant :
« Je vais réaliser un acte » sans expliquer de quoi il s’agit.
Elle s’est approchée d’une de ses camarades en lui donnant un morceaux de papier plié et en lui disant de ne pas le déplier avant le lendemain. C’était son testament…
Ayat a porté son sac plein d’explosifs. Et dans une rue de la ville de Jérusalem (Al-Quds occupée), le 29/02/2002, elle s’est faite exploser pour que des dizaines de Sionistes tombent tués ou blessés.
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Andalibe Taqadiqa
(18 ans)
Tombée en martyre le 12/04/2002
Après les batailles du camp de réfugiés palestiniens de Jénine, la martyre palestinienne Andalibe a voulu montrer au monde entier que le terrorisme et la terreur d’Ariel Sharon dont l’opération de « Rempart protecteur » a totalement échoué. Elle s’est donnée pour mettre en échec un tel terrorisme.
La scène était émouvante. Andalibe, dans une bande vidéo, lisait son testament en disant :
« Ce bas monde n’est qu’une vie qui se terminera un jour ou un autre. Il n’a aucun goût, aucun sens. La vie, la vraie, l’honorable est dans le paradis ».
Le matin de l’opération, Andalibe, avant de sortir, a dit à sa mère qu’elle se prépare à une bonne nouvelle. La mère a cru qu’un prétendant irait venir les visiter.
La bonne nouvelle était une opération martyre perpétrée par sa fille Andalibe qui s’est faite exploser le 12/04/2002 pour une cause plus chère : la libération de la Palestine.
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Hiba Dragma
(19 ans)
Tombée en martyre le 20/05/2003
Hiba, 19 ans, est une fille palestinienne qui s’est donnée pour sa cause. Elle habitait le village de Tobass, dans la région de Jénine.
En se faisant exploser, elle a effectué l’opération martyre de Al-Afoula. Elle a été produite à 17h15, le lundi 20/05/2003, à l’entée Est de la zone commerciale sioniste de Hagnime. Trois Sionistes y ont trouvé la mort et cinquante autres ont été blessés.
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Hanadi Djaradate
(28 ans)
Tombée en martyre le 04/10/2003
L’avocate palestinienne Hanadi Djaradate est née le 22/09/1975 dans la ville de Jénine, au nord de la Cisjordanie.
Le 04/10/2003 à 7h30, l'avocate Hanadi est sortie sans dire un mot. Personne ne pouvait deviner ses intentions.
De longues heures sont passées avant que la radio hébreu ne déclare qu'elle s’est fait exploser dans un restaurant sioniste dans la ville de Hayfa. 19 Sionistes ont été tués. Des dizaines d'autres ont été blessées.
C’est deux jours plus tard qu'on a su que celle qui a effectué l'opération était la jeune fille Hanadi. Cette opération a été adoptée par le mouvement du Djihad Islamique.
Ainsi, Hanadi est devenue la sixième femme palestinienne qui s'est donnée pour le sentier de l'intifada.
Ainsi, Hanadi a vengé son frère et son cousin qui avaient été tués par les forces israéliennes en juin 2003.
Enfin, il est à noter que la jeune femme Hanadi a obtenu sa maîtrise de Droit à l'université de Jarache en 1999.*************************
L’ATTENTAT SUICIDE :
MÉTHODE EFFICACE
L'attentat suicide constitue « un acte opérationnel violent indifférent aux victimes civiles, dont la réussite est largement conditionnée par la mort du ou des terroristes.
Pour comprendre la nouveauté du phénomène, il faut exclure la référence aux Kamikazes japonais, qui se voulaient des combattants s'attaquant à des objectifs militaires.
L'originalité du phénomène actuel tient plutôt à l'exacerbation du comportement sacrificiel dans des contextes de plus en plus mythifiés» (Conesa, 2004 : 14- 15).
Il faut garder à l'esprit la distinction entre « martyre » et « kamikaze » afin que ces termes soient compris comme tels dans ce qui suit. Le premier, dont le culte est présent notamment chez les musulmans, se purifie par sa mort de tous ses péchés, témoigne de la croyance qu'il professe et subit l'injustice consacrée par sa mort.
Le kamikaze quant à lui ne peut plus supporter une vie qui lui semble dépourvue de sens et sans aucun avenir. Son monde est déserté par le divin, et la violence lui apparaît comme seule solution pour mettre fin au non-sens de la vie et pour venger les siens.
Le premier attentat suicide contemporain fut la destruction de l'ambassade d'Irak à Beyrouth en 1981. Avec l'assassinat du président libanais pro israélien Bashir Gemayel en septembre 1982, cette méthode devint une arme de stratégie politique qui eu bientôt un impact géopolitique avec le « Parti de Dieu » libanais pro-iranien (Hezbollah) et l'attentat d'octobre 1983 qui força les États-Unis et la France à abandonner la force multinationale qui maintenait l'ordre au Liban.
Elle apparait également au Sri Lanka en 1987 avec les Tigres de Libération D'Eelam Tamoul.
En Israël et en Palestine, le terrorisme suicide commença en 1992, et devint vers la fin de 1993 partie intégrante d'une campagne systématique avec les attaques de membres du Mouvement de la Résistance Islamique (Hamas) et du Jihad Palestinien Islamique (JPI) entraînés par le Hezbollah, ayant pour but de faire dérailler les accords de paix d'Oslo.
S'ensuivit de la Turquie en 1995 avec le Parti des Travailleurs Kurdes (PKK), puis de la Tchétchénie en 2000, de la Russie en 2002 et enfin de l'Irak en 2003.
Les attaques suicides se sont mondialisées et visent des cibles de plus en plus disparates.
La multiplication de ce type d'attentat s'explique peut-être par l'échec des autres formes de terrorisme. En effet, selon une étude de la Rand Corporation (An alternative strategy for the war on terrorism) du 11 décembre 2002, l'attaque suicide entraîne quatre fois plus de victimes que les attaques terroristes classiques et permet de frapper directement dans les endroits les plus sensibles du territoire de l'adversaire.
L'attentat suicide est progressivement devenu une technique vulgarisée du terrorisme contemporain. Parce qu'il est un moyen efficace et bon marché, c'est actuellement l'action terroriste la plus répandue.
C'est également une forme de terrorisme difficile à combattre, tant dans les sociétés démocratiques que dans les pays où sévissent des conflits de longe durée et pour lesquels le dispositif sécuritaire devrait être plus présent.
Ce type d'attentat est difficilement détectable tant qu'il n'a pas été réalisé. En effet, quoi de plus facile que d'entrer dans un centre commercial faisant mine de magasiner et soudainement déclencher l'amorce d'une bombe soigneusement dissimulée dans un sac ou sous un manteau.
Prévenir ce type d'attaque demande un déploiement de moyens techniques et humains important dont les pays les plus touchés ne disposent pas.
L'évolution ne s'arrête pas là. En effet, actuellement nous assistons à un élargissement du champ concernant les auteurs de ce type d'attentat. Cette forme de terrorisme a finalement ouvert la porte à des femmes combattantes qui sont de plus en plus impliqués dans ce qui était par le passé une affaire majoritairement masculine. Il semble même qu'elles aient trouvé dans ce type d'action leur terrain de prédilection pour participer activement à la lutte terroriste.
Aperçu sommaire des attaques suicides perpétrés par des femmes
Date
Lieu
Nom
Données biographiques
Attentat
Cible
Réussi
21.05.91
Sriperumbudur (Sri Lanka)
Thenmuli Rajaratnam
Violée par des soldats indiens
Bombe
Rajiv Gandhi
oui
06.06.00
Alkhan-Yourt (Tchétchénie)
Khava Baraeva
Nièce du chef de guerre Arbi Baraev
Camion piégé
Militaire
oui
09.06.00
Russie
Hawaa Barayev
19 ans
Camion priégé
Militaire
oui
19.12.00
Groznyï
Mareta Doudoueva
17 ans, aurait agi sous les ordres ou la menace du chef de guerre Magomet Tsagaraev
Bombe
Politique
non
21.07.01
Tchétchénie
Sveta Tsagaroeva
Aurait agi pour venger son mari, Mahomet Tsagaraev
Camion piégé
Politique
oui
09.08.01
Jérusalem
Ahlam Tamimi
20 ans, member du Hamas
Ceinture d'explosifs
Civile
oui
29.11.01
Ourous-Martan (Tchétchénie)
Luiza Gazoueva
mari et frère tués au Daghestan
Ceinture d'explosifs
Politique
oui
27.01.02
Jérusalem
Wafa Idriss
Divorcée sans enfant, volontaire au Croissant Rouge
Bombe
Civile
oui
05.02.02
Tchétchénie
Zarema Inarkaeva
15 ans, aurait été enrôlée de force
Camion piégé
Politique
raté
27.02.02
Israel
Dareen Abu Aysheh
21 ans, étudiante, Tanzim
Ceinture d'explosifs
Militaire
oui
21.03.02
Jérusalem
Kahera Sadi
Souna Shhade26 ans, mariée, 4 enfants, Fatah
27 ans, camps de réfugiés KalandiaBombe
Civile
oui
29.03.02
Jérusalem
Ayat Al Akhras
18 ans, camps de réfugiés Deheisha, Tanzim
Bombe
Civile
oui
12.04.02
Jérusalem
Andalev Takatka
21 ans, FPLP
Ceinture d'explosifs
Civile
oui
19.05.02
Diva Gayoussi
21 ans, FPLP
Civile
oui
22.05.02
Jérusalem
Arin Ahmad
20 ans, étudiante
Ceinture d'explosifs
Civile
oui
23.10.02
Moscou (Théâtre de la Dubrovka )
Aishat et Khadishat Ganieva
Assia
Zoura Bitsieva
Sekilat Alieva
Zareta Bairakova
Marina Bisoultanov
Aset Gichlourkaeva
Madina Dougaeva 24
Raiman Kourbanova
Malijha Moutaeva
Aiman et Kokou Khadjieva
Liana Khouseinova
Fatimat Chakova
Seda Elmourzaeva
Zaira Ioupaeva
Louisa Bakoueva et Esira Vitalieva27 et 18 ans. Deux de leurs frères tués
28 ans, divorcée, enseignante dans une école de comptabilité
22 ans, divorcée, musulmane pratiquante. Témoin de mort violente
25 ans
25 ans
26 ans
19 ans
29 ans
38 ans
31 ans
28 et 26 ans
23 ans
25 ans
18 ans
24 ans
n/dPrise d'otages
Civile
oui
27.12.02
Groznyï (Tchétchénie)
Gelani Toumriyev et Alina Toumrieva
La dernière, 14 ans, a été associée à son père
Camion priégé
Politique
oui
05.06.03
Mozdok, Ossétie de Nord
Femme non identifiée
Ceinture d'explosifs
Militaire
oui
20.06.03
Groznyï (Tchétchénie)
Femme non identifiée avec un homme
Ceinture d'explosifs
Civile
oui
05.07.03
Moscou
Zoulikhan Elikhadjieva
Zaida Alieva19 ans, étudiante en médecine
jeune fille qui a perdu son pèreCeinture d'explosifs
Civile
oui
10.07.03
Moscou
Zarema Moujikoeva
23 ans, mariée, 1 enfant, mari mort violemment,liens avec un groupe de rebelles, supposément celui de Chamil Basaev.
Bombe dans un sac
Civile
non
27.07.03
Tsatsan –Yourt (Tchétchénie)
Mariam Taskhoukhadjieva
20 ans, soeur du chef de guerre Rouslan Mangeriev tué quelques mois plus tôt
Ceinture d'explosifs
Politique
oui
24.10.03
Haifa (Israël)
Hanadi Jaradat
29 ans, célibataire, son jeune frère et un cousin sont morts, avocate
Ceinture d'explosifs
Civile
oui
09.12.03
Moscou
Khadishat Mangerieva
26 ans, femme de Rouslan Mangeriev, disparu un mois avant l'attentat
Ceinture d'explosifs
Civile
oui
14.01.04
Israël
Reem Salih al Rayasha
22 ans, mariée, 2 enfants
Bombe
Militaire
oui
25.08.04
Tula
Aminat Nagaeva
Satsita Dzherbikhanova30 ans, frère enlevé, torturé et assasiné
37 ans, originaire du même village qu'AminatBombes dans 2 avions
Civile
oui
31.08.04
Moscou
Roza Nagayeva
Sœur d' Aminat Nagaeva
Bombe dans le métro
Civile
oui
01.09.04
Beslan (Ossétie du Nord)
Commando de 52 personnes dont 1 ou 2 femmes non identifiée(s)
Prise d'otage
Civile
oui
22.09.04
Jérusalem
Zeinab Abu Salem
18 ans, camps de réfugiés d'Askar
Bombe
Civile
oui
DE MÊME QUE DES ADOS
La guérilla en Irak emploie de plus en plus souvent des adolescents pour perpétrer des attentats visant les soldats américains et les forces de sécurité irakiennes, a annoncé l'armée américaine.
Au moins cinq jeunes âgés de 14 à 19 ans ont ainsi été impliqués dans des attaques à la grenade et des attentats suicides dans le nord du pays, précise le commandement américain dans un communiqué.
Les Américains accusent de longue date Al-Qaïda en Irak et d'autres groupes d'insurgés de recruter des jeunes, garçons et filles, en raison de leur capacité à échapper aux dispositifs de sécurité.
Le communiqué est cependant le premier à faire état d'un «nombre croissant de mineurs menant des attaques contre la sécurité irakienne et les forces américaines».
Les groupes radicaux tentent de tirer profit du fait que «les enfants n'attirent pas l'attention sur eux» et que «les militaires ne veulent pas leur faire de mal», souligne le communiqué, ajoutant que quatre membres présumés d'un cercle de recruteurs d'enfants ont été arrêtés le 14 avril.
L’ATTENTAT SUICIDE,
TERRORISME CONTEMPORAIN
L'attentat suicide constitue « un acte opérationnel violent indifférent aux victimes civiles, dont la réussite est largement conditionnée par la mort du ou des terroristes.
Pour comprendre la nouveauté du phénomène, il faut exclure la référence aux Kamikazes japonais, qui se voulaient des combattants s'attaquant à des objectifs militaires. L'originalité du phénomène actuel tient plutôt à l'exacerbation du comportement sacrificiel dans des contextes de plus en plus mythifiés»
Il faut garder à l'esprit la distinction entre « martyre » et « kamikaze » afin que ces termes soient compris comme tels dans ce qui suit. Le premier, dont le culte est présent notamment chez les musulmans, se purifie par sa mort de tous ses péchés, témoigne de la croyance qu'il professe et subit l'injustice consacrée par sa mort.
Le kamikaze quant à lui ne peut plus supporter une vie qui lui semble dépourvue de sens et sans aucun avenir. Son monde est déserté par le divin, et la violence lui apparaît comme seule solution pour mettre fin au non-sens de la vie et pour venger les siens.
Le premier attentat suicide contemporain fut la destruction de l'ambassade d'Irak à Beyrouth en 1981. Avec l'assassinat du président libanais pro israélien Bashir Gemayel en septembre 1982, cette méthode devint une arme de stratégie politique qui eu bientôt un impact géopolitique avec le « Parti de Dieu » libanais pro-iranien (Hezbollah) et l'attentat d'octobre 1983 qui força les États-Unis et la France à abandonner la force multinationale qui maintenait l'ordre au Liban.
Elle apparait également au Sri Lanka en 1987 avec les Tigres de Libération D'Eelam Tamoul. En Israël et en Palestine, le terrorisme suicide commença en 1992, et devint vers la fin de 1993 partie intégrante d'une campagne systématique avec les attaques de membres du Mouvement de la Résistance Islamique (Hamas) et du Jihad Palestinien Islamique (JPI) entraînés par le Hezbollah, ayant pour but de faire dérailler les accords de paix d'Oslo.
S'ensuivit de la Turquie en 1995 avec le Parti des Travailleurs Kurdes (PKK), puis de la Tchétchénie en 2000, de la Russie en 2002 et enfin de l'Irak en 2003.
Les attaques suicides se sont mondialisées et visent des cibles de plus en plus disparates. La multiplication de ce type d'attentat s'explique peut-être par l'échec des autres formes de terrorisme.
En effet, selon une étude de la Rand Corporation (An alternative strategy for the war on terrorism) du 11 décembre 2002, l'attaque suicide entraîne quatre fois plus de victimes que les attaques terroristes classiques et permet de frapper directement dans les endroits les plus sensibles du territoire de l'adversaire. L'attentat suicide est progressivement devenu une technique vulgarisée du terrorisme contemporain.
Parce qu'il est un moyen efficace et bon marché, c'est actuellement l'action terroriste la plus répandue.
C'est également une forme de terrorisme difficile à combattre, tant dans les sociétés démocratiques que dans les pays où sévissent des conflits de longe durée et pour lesquels le dispositif sécuritaire devrait être plus présent.
Ce type d'attentat est difficilement détectable tant qu'il n'a pas été réalisé. En effet, quoi de plus facile que d'entrer dans un centre commercial faisant mine de magasiner et soudainement déclencher l'amorce d'une bombe soigneusement dissimulée dans un sac ou sous un manteau.
Prévenir ce type d'attaque demande un déploiement de moyens techniques et humains important dont les pays les plus touchés ne disposent pas.
L'évolution ne s'arrête pas là. En effet, actuellement nous assistons à un élargissement du champ concernant les auteurs de ce type d'attentat. Cette forme de terrorisme a finalement ouvert la porte à des femmes combattantes qui sont de plus en plus impliquées dans ce qui était par le passé une affaire majoritairement masculine. Il semble même qu'elles aient trouvé dans ce type d'action leur terrain de prédilection pour participer activement à la lutte terroriste.
« FEMMES FATALES »
Aux questions à savoir qui sont ces femmes kamikazes et pourquoi sont-elles souventes fois employées plutôt que des hommes, empruntons à Canoe.com, la recherche d’Antoine Char, publiée sous le titre : Femmes fatales.
Sous sa abaya, longue robe ample et noire, la kamikaze a actionné sa ceinture d’explosifs et tué au moins 35 pèlerins chiites à Bagdad. C’était il y a huit jours. Les attentats-suicides au féminin se multiplient en Irak. Ils sont souvent plus mortels que ceux des djihadistes masculins.
Qui sont ces mujahidaat? Certaines, comme Um Mustafa, 41 ans, décident de devenir des bombes humaines pour venger la mort d’un époux ou d’un enfant. D’autres, à l’instar de Shamis Muhammad (pseudonyme), 19 ans, veulent bouter les Américains hors d’Irak.
Islam Online trace régulièrement leur portrait sur son site, l’un des plus visités du monde musulman. Certaines choisissent de mourir pour échapper à la misère et laisser un peu d’argent à leur famille. D’autres, pour sauver leur honneur après avoir été violées. Peu importe les raisons, elles sont des proies faciles pour Al-Qaïda.
La nébuleuse d’Ossama ben Laden, en perte de vitesse en Irak, ne fait aucune discrimination. Elle recrute même des Irakiennes victimes de troubles mentaux comme Rania Ibrahim, 15 ans. En août dernier, elle avait été repérée dans un marché avec vingt kilos de dynamite autour de la taille.Al Qaïda promet à chacune de ces «femmes fatales» de devenir «une beauté du paradis», un peu comme la promesse faite aux hommes d’être accueillis par des vierges dans l’au-delà.
Au total, depuis 2003, une cinquantaine de femmes ont choisi de mourir pour tuer, dont plus d’une vingtaine l’an dernier. Elles représentent près de 10 % de tous les attentats-suicides irakiens qui auraient fait plus de 10 000 morts.Dans un pays où la violence est en chute libre depuis 2007, le terrorisme au féminin est condamné par de nombreux exégètes musulmans qui ne reconnaissent d’ailleurs pas aux femmes kamikazes le statut de martyr.
Rarement fouillées, passant inaperçues un peu partout, ces kamikazes (la première dans le monde arabe est apparue au Liban en 1985) sont actuellement les meilleures armes d’Al-Qaïda, en panne de recrutement.Pour mieux les détecter, les Américains viennent de former un corps spécial composé d’un demi-millier d’Irakiennes. Mais les Filles de l’Irak ne sont pas armées et ne peuvent fouiller n’importe où les femmes portant l’abaya. Les kamikazes féminins ont le vent dans les voiles en Irak.
Pourquoi elles se font exploser
VENGEANCE
IGNORENCE
MISÈRELes femmes kamikazes, qui ont multiplié les attaques en Irak ces derniers mois, sont poussées par le désespoir, animées par un désir de vengeance ou victimes de leur extrême misère, ont expliqué des sources militaires irakiennes et américaines.
Vengeance
"Une des raisons pour ces femmes de mourir est le désir de vengeance", a expliqué le capitaine Kevin Ryan, commandant d'une base américaine dans Baqouba."Souvent, elles ont perdu des parents, des frères ou des enfants dans les combats", poursuit-il. Le désir de revanche est un facteur déterminant, que les émules d'Oussama ben Laden savent exploiter, confirme le colonel Ali Al-Karkhi, de l'armée irakienne, chargé de la sécurité dans le secteur de Khan Bani Saad, à 30 km au sud de Baqouba.
"Certaines veulent se venger parce que leurs familles ont disparu", commente-t-il et "il est alors facile de les faire viser ceux qu'elles considèrent comme responsables". "L'an dernier, dans le district de Magdadiya, une femme dont les cinq fils avaient été tués par la police irakienne s'est fait sauter près d'un groupe de recrues qui venaient s'engager. Elle a tué 30 civils et 15 policiers", raconte le colonel irakien.
Ignorance
Les femmes sans éducation, voire même mentalement déficientes, sont également une proie facile pour les extrémistes. "Al-Qaïda recherche ce type de profil, puis les entraîne, les endoctrine", assure le capitaine Ryan. "Ils les gardent enfermées, et leur répètent pendant des jours que si elles se font exploser, elles iront au paradis", renchérit le colonel Karkhi.
Misère
Certaines kamikazes réduites à la misère choisissent de mourir pour de l'argent qu'elles laissent à leur famille, ajoutent les deux officiers Les forces de sécurité irakiennes, police, armée ou comités Al Sahwa, sont leurs cibles favorites.
Abou Zarra, chef d'un comité Al-Sahwa dans l'ouest de Baqouba, se souvient qu'une femme portant l'abaya, un tissu noir qui recouvre tout le corps, est venue le voir il y a quelques mois. "Elle avait 17 ou 18 ans, elle demandait de l'aide. Elle avait besoin de voir Abou Zarra, disait-elle.lle me parlait sans savoir qui j'étais", raconte-t-il. Mais le chef tribal, qui doit se rendre à un mariage, confie à l'un de ses gardes le soin d'écouter la jeune femme. Cette décision lui a sauvé la vie. "Elle a ouvert sa robe et s'est fait exploser", se rappelle Abou Zarra. "On a eu trois morts et deux blessés. Un de mes gars a brûlé vif".
Inquiets pour leur sécurité, les soldats américains patrouillant dans les rues en sont venus à contourner les femmes vêtues d'abayas. "A chaque fois qu'on en voit une, on se demande si elle va exploser", lâche un soldat. Pour les deux officiers, la mouvance extrémiste a été privée de ses moyens militaires et compense sa faiblesse par des actions spectaculaires.
ELLE LES RECRUTAIT
ET LES AMENAIT
VERS LA MORT
Samira Ahmed Djassim, 51 ans, plus connue sous le nom d’Um al-Mumenin, qui signifie «la mère des croyants», serait l’instigatrice et l’organisatrice de nombreux attentats-suicides commis par des femmes en Irak. Cette mère de six enfants aurait recruté puis supervisé l’entraînement de plus de 80 femmes, dont 28 sont passées à l’acte. Arrêtée le 21 janvier par les forces de sécurité irakiennes, elle est actuellement détenue dans une prison de Bagdad.
Dans des aveux filmés et diffusés sur la Toile par la chaîne de télévision qatarie Al-Jazira, Samira Djassim, originaire de Diyala, fief de la résistance sunnite et considéré comme l’une des régions les plus dangereuses d’Irak, explique comment elle a réussi à persuader ces femmes de se transformer en bombes humaines.
Recruteuse zélée
Vêtue de la traditionnelle abaya noire, «la mère des croyants» raconte très calmement que tout a commencé avec la rencontre, à Diyala, d’un membre de l’organisation Ansar al Sunna, un groupe islamiste sunnite, lié au réseau Al-Qaida. Après qu'elle leur a rendu quelques services – aller notamment chercher des détonateurs et des explosifs à Bagdad – l’organisation lui aurait proposé de recruter des candidates au martyre. Mission que Samira semble avoir effectuée avec zèle.
Aux yeux des groupes terroristes, les femmes présentent un double avantage pour accomplir ce type d’attaque: elles éveillent moins de soupçons que leurs homologues masculins et passent facilement les contrôles de sécurité puisqu’elles ne peuvent pas être fouillées par un homme.
Sa première recrue, raconte Samira, était sa voisine, une jeune institutrice. «Amal vivait à côté de chez moi. Nous avons discuté pendant deux semaines. Elle était battue par son mari et ses frères. Elle était déprimée, mentalement épuisée. Je l’ai persuadée et je l’ai amenée au camp d’entraînement.» Amal s’est fait exploser peu de temps après, dans une localité du nord de Bagdad. Samira précise encore avoir accompagné la jeune femme jusqu’à sa cible. D’autres ont suivi. «La mère des croyants» aurait ainsi convaincu plus de 80 femmes. Elle revendique par ailleurs avoir personnellement organisé 28 opérations kamikazes dans sa région.
Dans un entretien réalisé en prison par Associated Press, la mère de famille a également avoué avoir eu recours à l’organisation de viols pour recruter davantage. En Irak, comme dans d’autres pays musulmans, une femme violée est une femme condamnée. Les victimes, désemparées, venaient donc la voir pour lui demander de l’aide. En guise de conseil, Samira leur expliquait que la seule façon de retrouver leur honneur était de commettre un attentat suicide.
Rania Ibrahim devait semer la mort et la terreur sur le marché de Bakouba, une ville située 50 km au nord de Bagdad.
Cette adolescente irakienne de 15 ans, au visage joufflu et aux cheveux bouclés, n'avait qu'à actionner le détonateur de la bombe qu'elle portait sous son abaya, sa longue robe noire.
Mais au moment de devenir une kamikaze au milieu de la foule qui se pressait au milieu des étals des marchands, elle n'a pas pu. Ou plutôt elle n'a pas voulu.
En fait, une fusillade, sur sa route, a sorti Rania de sa torpeur, l’a ramenée à sa réalité…
La suite de l'histoire a fait ensuite le tour du monde.
Rania a été repérée par les hommes de la milice d'Al-Sahwa à un check-point. Ses gestes confus et son regard paniqué l'ont trahie. Les miliciens sunnites payés par l'armée américaine n'ont eu aucun mal à trouver sa ceinture d'explosifs sous sa longue robe noire. Les vingt kilos de TNT que la jeune femme transportait devaient provoquer un bain de sang auquel l'Irak est « habitué » depuis l'intervention américaine en 2003.
L'enfant aurait été la trente-et-unième femme bombe humaine d'Irak de l'année
Pour la première fois, le terrorisme irakien a trouvé un visage. Celui de Rania qui croupit depuis dans une prison de Bagdad. Mais qui est cette femme-enfant qui aurait dû être la trente-et-unième femme bombe humaine d'Irak cette année ?
Pourquoi a-t-elle finalement refusé d'accomplir sa mission jusqu'au bout ? Etait-elle une terroriste isolée ? Ou faut-il y voir la patte d'Al-Qaïda, qui contrôle la région de Bakouba, devenue l'une des plus dangereuses du pays ?
En Irak, les avis sont partagés. Pour beaucoup, Rania est une criminelle. Et elle mérite la mort. « En fait, elle n'a pas eu le courage d'aller jusqu'au bout. C'est tout », tranche Moundir, journaliste à Bagdad :
« Quand on porte une ceinture d'explosifs, c'est qu'on y croit. C'est pour semer la terreur. En outre, elle n'a pas hésité à marcher de chez elle à la place du marché. Et s'il n'y avait pas eu une fusillade entre les hommes d'Al-Sahwa et des insurgés, ce qui l’a comme ramenée à sa réalité, elle se serait fait exploser. C'est une folle. »
Faux, rétorque Bessaed Selmane, la mère de Rania, en pleurs à l'autre bout du fil : « Ma fille est innocente. Elle n'a pas compris ce qui lui arrivait. » La sexagénaire a la voix amère de colère des mamans en détresse :
« Elle a eu peur pour elle et les autres. C'est pour cela qu'elle a fait marche arrière et qu'elle est revenue vers moi pour que je la débarrasse de la bombe. »
C'est d'ailleurs ce que Rania a raconté aux miliciens d'Al-Sahwa au moment de son arrestation. « Je ne veux faire de mal à personne », leur a-t-elle répété inlassablement :
« Moi, je veux devenir docteur ou enseignante. Pas kamikaze. Ceux qui m'ont fait porter le gilet ne m'ont jamais dit que cela allait faire du mal. Je veux voir ma mère. »
Son mari l'a endoctrinée pour faire d'elle « une beauté du paradis »
Rania, une victime ? La justice irakienne tranchera. Mais avant, elle aimerait bien mettre la main sur Hamid, le mari de l'apprentie kamikaze. Ce chômeur d'une vingtaine d'années a disparu depuis l'attentat manqué. Et selon la maman de Rania, dont la voix déraille régulièrement, c'est lui le cerveau du massacre manqué de Bakouba :
« C'est lui la source de nos malheurs. Il a obligé ma fille à devenir kamikaze. Il l'a endoctrinée pour la transformer petit à petit en terroriste. »
Un processus qui a débuté dès le mariage il y a neuf mois, raconte Alaa Al-Djabouri, un des seuls journalistes irakiens autorisés à rencontrer régulièrement Rania :
« Son mari l'a guidée pas à pas sur le chemin de la mort. Avec une idée : faire d'elle une bombe humaine. Chaque soir, il lui disait qu'il l'aimait beaucoup. Mais qu'il l'aimerait encore plus au paradis.
Il lui achetait des cadeaux et il lui parlait du jour du jugement dernier. Il racontait les opérations des martyrs. De ceux qui sont récompensés par Dieu pour avoir offert leur âme pour la cause de l'islam. »
Mieux, le martyr est accueilli dans des jardins verdoyants et par le chant d'oiseaux aux mille couleurs. Toutes ses envies sont comblées. « Rania a cru son époux sur parole », poursuit Alaa Al-Djabouri :
« Elle est un peu simple d'esprit. Et il en a profité pour lui faire gober qu'elle deviendrait une “hour al ain”, une beauté du paradis. Surtout, il insistait pour qu'une fois au ciel, elle le choisisse comme partenaire pour faire l'amour éternel et pour boire les eaux de la rivière de miel et les élixirs de toutes sortes. »
Rania était mûre pour le sacrifice. Les choses sont allées très vite. En ce dimanche de canicule, l'adolescente est prise en charge par Fatima Weedad, une cousine de son mari. C'est elle qui la ceint avec les vingt kilos d'explosif. Continuellement, elle la rassure. « Rien ne t'arrivera », répète-t-elle avant de lui offrir un jus. « De la drogue », insiste Bessaed Selmane :
« Ma fille était dans un état second. Elle n'était pas elle-même quand la cousine de son mari l'a accompagnée au marché, devant l'école où Rania devait se faire exploser. »
Elle verrait des fleurs au moment de déclencher le détonateur…
Avant de la quitter au milieu de la rue, Fatima raconte à la jeune kamikaze qu'elle verra des fleurs au moment de déclencher le détonateur de sa bombe. Rania est seule désormais. Et sans la fusillade qui l'a effrayée, elle aurait volé en éclats.
« Je regrette d'avoir donné ma fille à cet homme », pleure aujourd'hui Bessaed Selmane, accusant le mari indigne a gagné de l'argent avec la peau de Rania :
« Il en a profité dès le début. Lui qui a été logisticien pour Al-Qaïda l'a vendue aux terroristes. C'est terrible. Avec ces dollars, il pourra se payer une nouvelle femme, une nouvelle recrue pour la guerre sainte ? C'est ça, croire en Dieu ? C'est ça ce que dit le Coran ? Ma fille a demandé le divorce. Elle ne veut plus rien avoir en commun avec ce monstre. »
Sur la photo, Nadia interrogée par la milice irakienne.
TRADITIONS
ET MYTHES
DE NOËLD’où vient…
La naissance du Christ ?
Il n'y a aucune certitude quant au jour exact de la naissance de Jésus.
La date du 25 décembre n’a été arrêtée qu’en 354, par le Pape Libère.À cette époque, l’Église chrétienne instaure un calendrier des fêtes afin de supplanter les rites romains (Saturnales), germaniques (Culte des morts) et celtes (Solstices d’hiver).
Le christianisme voyant Jésus comme la « lumière du monde », son association au solstice d’hiver, à la résurrection du soleil, apparaît parfaitement naturelle.
Noël est donc à la fois synonyme de lumière et de naissance du Christ.
Il subsiste d’ailleurs un débat sur l’étymologie même de ce mot. Provient-il du celte ?
Par la contraction de nolo= no (nouveau) et de hel=ël (soleil) pour Noël ou du latin natalis (la natalité) ?Le sapin de Noël des Celtes ?
Considéré par les Celtes comme le jour de la naissance du soleil, le 24 décembre était associé à l’épicéa, symbole de l’enfantement.Cette tradition païenne s’est rapidement reproduite dans le monde chrétien : au Xe siècle, les fidèles représentaient, lors de leurs Mystères, l’arbre du paradis par un sapin garni de pommes rouges.
La crèche de Noël ?
L’invention de la crèche de Noël est traditionnellement attribuée à Saint François d’Assise (1181-1226).
Ce dernier aurait créé la première crèche en 1223, dans son église de Grecchio et aurait fait tenir les rôles des personnages de la Nativité (l’Enfant Jésus, Joseph, la Vierge Marie, les Rois Mages, les bergers, les paysans) par des habitants du village.Petit à petit, la coutume se serait répandue et on aurait progressivement remplacé les personnes vivantes par des figurines en cire, en terre cuite, en porcelaine ou encore en plâtre.
Les premières crèches proches de celles que nous connaissons ne sont apparues qu’aux alentours du XV1e siècle, dans les églises.
Les Jésuites seraient à l’origine des premières crèches en format réduit.(Ce dossier a été publié dans le magazine Carrefour Floride de décembre 2008, sous la signature de son éditeur, Michel Séguin)
- par Pierre LUC
À travers le Québec, on commémore le vingtième anniversaire du décès de Félix Leclerc, décédé le 8 août 1988 : à l’Île d’Orléans tout particulièrement, où le poète et troubadour a vécu pendant une vingtaine d’années, mais aussi dans l’Anse de Vaudreuil, endroit d’une période très créative de sa carrière.
INTRODUCTION
À la radio
Une enfance à La Tuque, des études classiques à l`Université d`Ottawa, interrompues à cause de la Grande Dépression, précèdent divers emplois de manœuvre en Mauricie.Entre 1934 et 1950, Félix s’éparpille dans différents domaines de création culturelle.
Il est tout d’abord annonceur radiophonique à CHRC (Québec). Initié à la guitare par Victor Angelillo, il compose en `34 sa première chanson : « Notre sentier «
En `37, le voilà à CHLN de Trois-Rivières, où il écrit ses premiers textes radiophoniques. Avec l’écrivain Yves Thériault, il y chante sous le pseudonyme d’Illya dans l’émission « Illya et Gomez ».Deux ans plus tard, Félix entre au service de Radio-Canada à Montréal et se lie d’amitié avec le jeune réalisateur Guy Maufette. Celui-ci lui fait interpréter « Notre sentier » dans le radioroman « Le restaurant d’en face ».
Au cours des années qui viennent, Félix participe également aux feuilletons radiophonique « Un homme et son péché » de Claude-Henri Grignon et « Vie de famille » de Henri Deyglun.
(Puis il commence à lire en ondes de ses contes de la nature, « Adagio » (1943), « Allegro et Andante » (1944).À l’écriture
Durant cette période, Félix Leclerc complète le roman « Le fou de l’île » (écrit en large partie dans l’Île d’Orléans), texte qui ne sera publié qu’en 1958, en France.Alors que toujours à la radio de la SRC, animant « L’encan des rêves », « Théâtre dans ma guitare » et « La ruelle des songes », Félix Leclerc voit son récit autobiographique « Pieds nus dans l’aube » publié.
Nous sommes en 1946, année de l’arrivée de Félix Leclerc à Vaudreuil.
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NOTRE SENTIER
Notre sentier près du ruisseau est déchiré par les labours ;
Si tu venais, dis-moi le jour, je t'attendrai sous le bouleau ;
Les nids sont vides et décousus ;
Le vent du nord chasse les feuilles ;
Les alouettes ne volent plus, ne dansent plus les écureuils ;
Même les pas de tes sabots sont agrandis en flaques d'eau ;
Notre sentier près du ruisseau est déchiré par les labours ;
Si tu venais, fixe le jour, je t'attendrai sous le bouleau ;
J'ai réparé un nid d'oiseau, je l'ai cousu de feuilles mortes ;
Mais si tu vois sur tous les clos, les rendez-vous de noirs corbeaux ;
Vas-tu jeter en flaques d'eau, tes souvenirs et tes sabots?;
Tu peux pleurer près du ruisseau, tu peux briser tout mon amour ;
Oublie l'été, oublie le jour, oublie mon nom et le bouleau
**************************************************************************************L’ARRIVÉE À VAUDREUIL
Après les études, les passages à la radio, les premières poésies et récits,
les premières chansons, nous voici en ce lieu où Félix Leclerc a vécu plus de vingt ans, là aussi, soit à Vaudreuil.À ce moment-là, il se produit avec les Compagnons de Saint-Laurent, par intermittence, depuis 1942 déjà. À Boston, il a joué dans deux pièces de Molière.
En 1946, Félix et son épouse Dedouche et son fils Martin, arrivent à Vaudreuil. Face au lac des Deux-Montagnes, il trouve une maison à louer. Toutefois, ce n’est que dix ans plus tard qu’il achètera la fermette située au 186, chemin de l’Anse.
La création
Dans ces lieux, pour le poète, troubadour et écrivain s’élabore une période très créative.
Il écrit des sketches et des séries radiophoniques, des pièces de théâtre : « Maluron » créée au théâtre du Gesù (1947), « Le petit bonheur » présentée par la troupe VLM –pour Yves Viens, Félix Leclerc, Guy Maufette- (1948) le 23 octobre (1948) L’année suivante, il publie « Dialogues d’hommes et de bêtes »Cependant, pouvant difficilement vivre de la radio et de son écriture, Félix se produit également comme troubadour (on dira plus tard, et peut-être pas avec exactitude « chansonnier »). Il se crée un jeune public.
Carrière internationale
En juin 1950, Jacques Normand fait entendre à l’impresario français Jacques Canetti, un enregistrement « maison » de « Le train du nord » du jeune auteur québécois.
Dans le temps de le dire, Canetti lui fait enregistrer une douzaine de chansons dans les studios de CKVL, tout en lui offrant un contrat de cinq ans avec la maison Polydor.
Six mois plus tard, avec ses bottes, sa veste à carreaux et sa guitare, Félix Leclerc, dit le Canadien, remporte le soir du 22 décembre 1952 triomphe à l’ABC de Paris. Il s’y produisait en première partie de Les Compagnons de la Chanson.Félix devait demeurer trois semaines dans la Ville Lumière, il chantera pendant 14 mois au cabaret de Canetti, Les Trois Baudets.
S’ensuivent des tournées en France, ailleurs en Europe et au Proche-Orient.
Son premier album contient des titres tels : « Le train du Nord », «Bozo », « Contumace », « L’hymne au printemps » et, « Moi mes souliers » qui remporte un grand prix de L’Académie Charles-Gros en 1951.Ses premiers admirateurs ont noms : Jacques Brel et Georges Brassens, à leurs débuts.
LE RETOUR AU QUÉBEC
« Au Québec, c’est la stupeur », lit-on dans le site internet La chanson du Québec : « Le paysan dont on se moquait gentiment hier a conquis le monde sans rien changer à son allure, à ses textes ou à sa langue. D’un coup, la chanson française vient de gagner ses lettres de noblesse. »Les années cinquante s’avèrent fastes, entre l’Europe et l’Anse de Vaudreuil pour Félix Leclerc :
- les pièces Théâtre de village (1951), Le hamac dans les voiles (1952), Moi mes souliers (1955), Sonnez les matines (1956), Le Fou de l’île (1958)
- spectacles au Continental, boite animée par Jacques Normand
- Le petit bonheur joué à Lausanne
- Le Rideau Vert crée Sonnez les matines (1956)
- En 1957, un deuxième album lui vaudra à nouveau un grand prix de l’Académie Charles-Cros (Attends-moi ti-gars, Abraham, Prière bohémienne…)
- Une tournée de huit mois en Europe précède un 3e album (Tirelou, L’Héritage, Tour de L’Île…)
Les années soixante
Félix Leclerc habite encore Vaudreuil à l’époque, début des années soixante, où il commence à se produire dans les boites à chansons comme la Butte à Mathieu. Où, entre parenthèses, j’ai le plaisir de l’introduire sur scène.
Durant cette décennie, entre autres événements…
- Sa pièce L’Auberge des morts subites est jouée 153 fois au Gesù et au Québec
- Un autre album voit le jour à Paris (Notre sentier, Ton visage de Jean-Pierre Ferland, MacPherson...)
- Et puis un autre en 1964 (Premier amour, La valse à Joseph…)
- On présente Le Roi viendra demain au téléthéâtre de Radio-Canada.
- Succès mitigé de la pièce Le petit bonheur à Paris
- La presse québécoise tiédit des propos au sujet de Félix et les choses s’enveniment après l’échec de Les Temples à la Comédie Canadienne (1966).
- Fâché, Félix s’exile en Suisse.
- Suite à une tournée française et un triomphe à Bobino, la poussière retombe et Félix revient donnent un spectacle à la PDA ainsi qu’au Festival d’été de Québec.
En 1970, à l’âge de 56 ans, Félix Leclerc se réinstalle au Québec. Il quitte définitivement sa demeure de Vaudreuil et bâtit lui-même sa maison dans l’Île d’Orléans. Il y demeurera jusqu’à la fin de ses jours.
L’ALOUETTE EN COLÈRE
S’étant jusque là tenu à l’écart du débat politique québécois, Félix Leclerc deviendra l’un des plus farouches partisans de l’indépendance du Québec.
En 1970, le géant se fâche. Il est indigné par les événements d’octobre `70, lors de l’imposition des mesures de guerre par le gouvernement fédéral.
Il publie en 1972 l’album L’Alouette en colère qui comprend aussi Les 100 000 façons de tuer un homme.
L’année suivante, Félix reçoit un troisième prix de l’Académie Charles-Gros.
Puis après une nième tournée en Europe, c’est « J’ai vu le loup, le renard et le lion », dans le cadre de la Superfrancofête, en compagnie de Charlebois et Vigneault.En 1975, j’ai l’honneur de lui lire l’hommage de la Société St-Jean-Baptiste, alors que nous lui attribuons le prix de la musique Calixa-Lavallée.
De cette décennie jusqu’à la mi-temps des années ’80, Félix demeure très actif. Voyons…Dompierre, Ferland, Léveillée
Pour les besoins de son album Le Tour de l’Île, Félix enregistre La Complainte du phoque en Alaska de Beau Dommage et Sors-moi donc, Albert.
Sa collaboration s’étendra à d’autres créateurs :
- Avec François Dompierre, création de Le Tour de l’Île et d’un coffret de trois disques intitulé Chansons dans la mémoire longtemps.
- Sur des musiques d’ambiance de Claude Léveillée, il enregistre La Légende du petit ours gris et Le Journal d’un chien, son tout dernier enregistrement.
- À l’instigation de Ferland, il écrit et participe à Rêves à vendre diffusé en janvier 1985.Et aussi, en vrac
- En 1975, tournée de 42 représentations en France et enregistrement de Merci la France au Théâtre Montparnasse…
- Spectacle avec Léveillée au Théâtre de l’Île d’Orléans…
- En 1976, suite à l’élection du Parti Québécois, il écrit L’An un et La Nuit du 15 novembre…
- Il reçoit le prix Denise-Pelletier pour son ensemble de son œuvre théâtrale,
- En 1978, Félix Leclerc enregistre l’album Mon Fils, qui deviendra son testament musical.- De 1980 à 1984, il vit en retrait. Ce qui ne le retiendra pas de publier des maximes, de recevoir des hommages, alors que nous le revoyons dans En Cerf-volant, le Québec.
- En 1988, année de son décès, Félix Leclerc projette de mettre sur pied une fondation qui viendrait en aide aux jeunes débutants, projet repris par sa fille Nathalie.Rappelons que Félix Leclerc s’est éteint dans son sommeil le 8 août 1988, à l’Île d’Orléans, où on a dispersé ces cendres.
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« Mon fils est en prison
Et moi je sens en moi
Dans le tréfonds de moi
Pour la première fois
Malgré moi, malgré moi
Entre la chair et l’os
S’installer la colère »
-extrait de L’Alouette en colère**************************************************************
LA MAISON AUX VOLETS BLEUS
Alors que s’achève notre récit, nous voici revenus dans l’Anse de Vaudreuil, à la maison, que d’aucuns veulent transformer en centre d’interprétation. Mais tout le monde n’est pas d’accord…
Les gens de la Société de sauvegarde de la mémoire de Félix-Leclerc, à Vaudreuil-Dorion, nous le rappellent :
« Félix Leclerc a vécu plus de vingt ans à Vaudreuil. (…) C’est face au lac des Deux-Montagnes qu’il trouve une maison à louer. En 1956, il s’y enracine encore davantage en achetant une fermette au 186, chemin de l’Anse. »
La maison aux volets bleus est entourée de bâtiments de ferme, dont une grande qu’il baptisera L’Auberge des morts subites. Il s’agit d’une demeure plus que centenaire.
Cette maison est un refuge, un havre de paix, un port d’attache, Félix installe à l’étage son lieu de travail. De nombreuses affiches ornent les murs. Un rituel l’amène tous les matins dans cette pièce et, à sa table de travail, il poursuit son œuvre.
Lieu de rencontre
La maison, nous renseigne encore, le site internet de la Société de sauvegarde, devient vite un lieu de rencontres.
Avec ses voisins, Louise et Yves Vien, Guy Maufette, Thérèse Cadorette, Janine Sutto et son mari Henri Deyglun, il cultive des amitiés.
Lieu de passage, la maison accueille aussi de grands artistes français : Michel Legrand, Jacques Brel, Raymond Devos, Catherine Sauvage…
D’autres, de la communauté québécoise viennent saluer ce Félix qui les inspire : Claude Gauthier, Paolo Noël, André Lejeune…
Sans compter les comédiens venus répéter dans la grande aménagée en salle de répétition.
Site du patrimoine
Cette maison rappelant la vie de Félix Leclerc au sein de la communauté vaudreuilloise, la ville la déclara Site du patrimoine en 2005 dans le cadre de la Loi sur les Biens culturels.
Petit retour en arrière, après la mort de Félix, qui à ce qu’il semble, en était toujours le propriétaire, la fermette a appartenu à différents propriétaires jusqu’en 2006, puis vendue à la Société de sauvegarde.
Celle-ci espère restaurer la maison et ses dépendances et en faire un centre d’interprétation. Au coût de un million dollars recueillis auprès des gouvernements et du public.Restaurations et aménagements
Selon un plan d’ensemble, lors de la première phase, au procédera de la sorte :
- La partie avant de la maison sera conservée mais entièrement rénovée, les morceaux originaux vendus à 100$ pièce.- Le salon et la chambre de Félix à l’étage deviendront un centre d’interprétation sur le chanteur.
- La partie arrière sera démolie et entièrement reconstruite. Elle comprendra une salle de conférence au rez-de-chaussée et des salles pour organismes culturels à l’étage.
- La grange, qui a croulé sous le poids de la neige sera rasée et reconstruite plus tard.
- Sur le pourtour du terrain, un sentier nommé Le petit bonheur côtoiera le stationnement de huit places à l’arrière et un ponceau refait pour soutenir les véhicules.
- Dans la deuxième phase, le stationnement sera agrandi pour recevoir 30 véhicules, le sentier pédestre allongé et menant vers les terres agricoles devenues terres culturelles, la grande reconstruite.
- De plus, on planifie :
D’y organiser des activités muséales, des expositions, visites guidées, l’établissement d’une galerie d’art, un service de restauration avec permis d’alcool, un parc de détente, une place pour concerts et pièces, des ateliers de création et même un gite touristique.Voisins inquiets
Ce plan d’ensemble, dans un univers tout de même limité, semble ambitieux, pour ne pas dire démesuré à certains.
Surtout chez les voisins rapprochés qui craignent l’achalandage. Ils se demandent jusqu’à quel point leur tranquillité sera perturbée.
Pour mettre un frein, ou tout au moins pour restreindre les ardeurs, les habitants des alentours ont présenté une pétition de 200 noms à l’Hôtel de Ville.
Si bien qu’on se poser la question à savoir : que deviendra la maison de Félix.Nos photos : le devant, le côté et l’arrière de la maison ; les dépendances, le sentier menant vers la grange.
Que de souvenirs !
SOUVENIRS IMPÉRISSABLES
Ma première rencontre avec le troubadour et poète a eu lieu dans l’Anse de Vaudreuil, face au lac Des Deux-Montagnes.Tout début des années soixante, je furète dans les alentours du 2, rue de Coustou, à Pigalle. Tout près du Boulevard Clichy et tout en bas de la côte menant à Montmartre par la rue Lepic, il y a là le cabaret-théâtre Les Trois Baudets.
Le visionnaire Jacques Canetti y a permis les premières rencontres avec le public pour Brel, Brassens, Vien, Gréco, Leclerc…Première rencontre
Juste à côté, à cette époque, habite la chanteuse québécoise Moustique. Et aussi la conjointe de Raymond Lévesque et son tout jeune fils Pascal. De même que la comédienne et chanteuse Tiny Young pour laquelle j’éprouve le coup de foudre. Elle me présente Cocteau, quelques autres. Peut-être qu’un jour je vous radoterai ça…J’y entends parler beaucoup de Félix Leclerc. Davantage que pendant mes trois premières années en journalisme.
Aussi, dès mon retour au « Canada », je sollicite une entrevue avec l’auteur de Moi mes souliers.
Faveur obtenue, je m’y présente, tout pincé et tout snobinard style parisien manqué, pantalons serrés aux fesses, veste en cuir de mode et Gauloises sur le bout des doigts. Ouch !
Affable, Félix me reçoit dans son bureau de cette fermette du 186, chemin de L’Anse, à Vaudreuil (PHOTO).
Impossible d’oublier cette rencontre face à un personnage respectueux, fier, fort, humble et confiant à la fois.Généreux sur scène
Il se passera une année avant que je rencontre Félix à nouveau. Ce sera, à compter de 1962, à la boite à chansons La Butte à Mathieu de Val David. J’y introduisais les artistes auprès du public. Certains avaient leurs exigences, pas Félix.
Il s’installait avec sa chaise et puis ça partait pour un long voyage. Ce n’était pas donné d’engager Félix Leclerc, surtout quand, plus tard, il aura déménagé à l’Île d’Orléans. Mais il en servait aux spectateurs pour leur argent.
Il était l’heure d’aller au lit –d’aller à la bière, plutôt- mais lui, continuait. Tant qu’on lui en redemandait.Prix Calixa-Lavallée
Le métier a bien voulu qu’une deuxième fois Félix me fasse l’honneur d’une interview. À l’Île d’Orléans cette fois.
Toutefois l’affabilité de Félix me sera révélée dans l’un des plus beaux moments de ma carrière de plus de cinquante ans : en 1975, au Patriote de Montréal.
Alors directeur des pages de spectacles au Journal de Montréal, la Société St-Jean-Baptiste m’avait invité sur le jury devant décerner son premier Prix Calixa-Lavallée à un artiste de la chanson et/ou de la musique.
Nous avions choisi Félix Leclerc.
Et ce soir-là, au Patriote, je devais lire l’adresse à Félix (PHOTO).En coulisses, je n’arrivais pas à calmer mon trac. M’ouvrant de cela à Félix, il me répondit :
« Mais ce n’est pas vous qui devriez être nerveux, plutôt moi… » Paroles magiques, ancrées à jamais parmi mes souvenirs les plus vivaces.
Le reste de la célébration ne fut qu’un pur délire.Et puis le temps a passé…
Jusqu’à aujourd’hui, en ce temps du 20e anniversaire du décès de Félix Leclerc. Alors que je me retrouve à la fermette de Vaudreuil.
Pour le doux plaisir d’une photo.
Pour le souvenir. Impérissable.Sources :
Archives personnelles de Pierre Luc
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| LÀ OÙ LA PAROLE FLEURIT |
| Soudainement,
le Québec sest éveillé au conte. Il ny
a plus que dans les fêtes et soirées familiales où on
raconte, la parole sétend partout, sortie des campagnes, sinstallant
dans nos villes. Nous vous présentons ici, un bref aperçu
dendroits propices à lart de la parole. Et un conseil
du signataire des ces lignes : attention, loralité sattrape!
Dans ltemps des fêtes surtout et même si tout ce quon
vous raconte ressemble souvent à du fantastique, à de beaux
mensonges, à de la rêverie.
Les Dimanches du Conte
Les Mardis Gras
http://www.mardis-gras.net/ Ailleurs à Montréal Les vendredis
Trad-Lib, animés par Yves Robitaille, fournissent
également loccasion aux aspirants de sessayer. Les
premiers vendredis du mois, ils se rencontrent à Par la porte
den arrière, rue St-André, angle Jean-Talon. Ça roule en Estrie
Et ailleurs au Québec Au Presse-Café
de Mont-St-Hilaire, Guy et Pauline Lemay convient à leurs Soirées des conteurs
Dans la Vieille Capitale, Bernard
Grondin organise, Les Soirées Contes et Légendes
au four Bar (Foubar)
à Hull, on a Les Contes du Mardi au Café Le Troquet, grâce à Jacques Falquet
Au
Domaine St-Bernard du Mont-Tremblant, Les rendez-vous Contes du dimanche sont laffaire de Brigitte Fauchoux
À lHôtel
Yamaska de Cowansville, Paul Bradley anime LeRATconteTard
À
Rimouski ça se passe au bar Rhinocéros, où Jean-François
Denizon est lhôte des Soirées de contes Rhinocéros
Au Centre des Loisirs de Saint-Louis de Richelieu, LHeure Contes-thé sonne mensuellement (jeudi) grâce à Nicole Sénécal. |
| COMME DANS UN MAGAZIN DE BONBONS |
| En plus de quarante-cinq
ans de métier, il ma été donné dêtre
assigné à la couverture du Festival de Cannes, de Grands Prix
de course automobile à travers le monde, de couvrir des compétitions
internationales de ski, daller en interview à Paris ou assister
à des spectacles à New York ou à Las Vegas, rarement
aurai-je pris autant de plaisir que lors de ces six journées en compagnie
des artistes et artisans de Contes en Îles.
Nouveau pour moi, cet art de loralité maura permis de découvrir un esprit de camaraderie qui me rappelait celui des chansonniers, il y a une quarantaine dannées, ainsi que des performers de grand talent.
Chaque jour nous apportait un nouvel arrivage de conteurs, cétait chaque fois des effusions de joie, ce monde semble éprouver un plaisir renouvelé à chacune de leurs rencontres. Comme lors des premiers pas sur scène des Moreau, Charlebois, Gauthier, Calvé, Létourneau, qui se trouvaient sensiblement tous au même niveau de carrière, les conteurs se racontent leurs joies, leurs petites misères, échangent des idées.
Quant au talent, ils en ont à revendre, que ce soit un Jocelyn Bérubé et son violon, un Alain Lamontagne et sa musique à bouche, un Abakar Adam Abaye et ses instruments africains. Chez les Québécois, celui quon appelle le Mozart du conte, Fred Pellerin pourrait, dans une salle de dimension relativement modeste, se comparer avantageusement avec la grande majorité de nos humoristes. Fred raconte mais il fait rire aussi, du rire mur à mur !
Contes en Îles, résultat dune intention des Madelinots de prolonger la saison touristique aux Îles de la Madeleine, avait été confié à lécrivain Sylvain Rivière (directeur artistique de lévénement), lequel a demandé la contribution dun complice de quelques bons coups, le journaliste-photographe-producteur-homme de marketing devenu directeur des opérations, Gil Thériault.
«Lidée des contes mest venue suite à mes promenades en Europe », raconte Rivière. « Je me disais : il faut faire ça aux Îles, où la tradition du conte est préservée grâce surtout à linsularité. » Selon lui, Rivière, nous vivons dans une société où on ne se donne pas le droit de rêver : « on pense que ça coûte trop cher ». Or, les conteurs sont porteurs de rêve, les contes ne présentent aucune barrière à limagination, tandis que ce festival de larchipel savère une fête de lhumanité et de la parole; une fête pour tous les publics.
Ce nest quen juillet de lannée 2002 où Thériault est entré en action, soit à environ deux mois de la première édition. « Je trouvais ça audacieux », dit-il, « on est venu rejoindre chez moi lhomme de rêve. Mais à une semaine de lévénement, nous navions pas encore le budget voulu, pas déquipe, est-ce que ça allait être un flop total ? »
Cependant, la population a réagi vivement et positivement, les conteurs furent émerveillés, laventure sannonçait belle et elle le demeure. Il faut dire que la simplicité de la structure des spectacles de conteurs, avec pas ou peu de musiciens ni systèmes de musique compliqués facilite le déploiement, dune salle et dun village à lautre, donc savère moins coûteux, demande moins de ressources humaines que la plupart des autres arts de la scène. Quand même, nous nous trouvons ici devant une activité à caractère international, ce nest pas de tout repos. Quà cela ne tienne, dexprimer Thériault : Cest un charme de travailler avec les conteurs, dans lamitié et le respect. » Pierre LUC |
| DES CONTEURS RACONTÉS… |
| Plusieurs auront attendu
longtemps avant que journalistes et photographes sapprochent deux,
tous ont conservé une candeur rafraîchissante qui les rendent
attachants dès le premier abord. Ce sont les conteurs. Ici un Sénégalais
établi au Québec, là une professeure de province, là
encore une dame de trente six métiers, 36 misères. Nous avons
nommé : Diouga Saar, Anne-Marie Aubin et Claudette LHeureux.
DIOUGA SAAR Diouga, si on peut se permettre de lappeler par son prénom, est ce Sénégalais vivant à Montréal depuis une vingtaine dannées. Il est celui, selon une description de lui-même fournie aux organisateurs de Contes en Îles, qui « emprunte le rôle du maître de la parole pour livrer laliment imaginaire ». Marié à une Québécoise, père de deux adolescents, Diouga Saar se dit heureux de participer à la diversité québécoise, que ce soit aux Îles de la Madeleine, dans les Cantons de lEst ou à Montréal, dans les écoles ou les bibliothèques. Dans la Métropole québécoise, Diouga opère un restaurant, le Keurfatou, rue Saint-Viateur, où, cuisinier à loccasion, il nous sert des spécialités de son pays dorigine. Les fins de semaine on y assiste à des soirées de contes, on y entend des chants et des musiques du monde. ANNE-MARIE AUBIN Professeure en arts et lettres au cégep de Saint-Hyacinthe, Anne-Marie Aubin enseigne aussi le conte et la littérature pour enfants. Conférencière, animatrice, conteuse, auteure, elle se passionne depuis toujours pour loralité. Elle conte depuis 1981. Anne-Marie se spécialise dans les contes de fées, quelle considère des « personnages fascinants ». « Je les prends dans la tradition, explique-telle, et je les adapte de façon à ce que les gens daujourdhui se sentent concernés. Jadore ce genre de contes parce que je suis encore une enfant. » Madame Aubin a eu loccasion de travailler en France et en Italie. CLAUDETTE LHEUREUX On dit de Claudette LHeureux, quelle a connu trente-six métiers et 36 misères « Comme ben du monde, jai fais toutes sortes de métiers, parce que je ne savais pas ce que je ferais quand je serais « grande », convient la conteuse originaire Maniawaki.. « Et puis je me suis adonnée à mettre le pied sur le merveilleux chemin du conte. Et voilà où je suis rendue. » Pour se rendre là, Claudette LHeureux sest tout dabord sentie interpellée à loccasion du Festival interculturel de Montréal, en 1993, alors quelle a participé à La grande nuit du conte. Puis, après être allée soccuper de ses parents, dans sa municipalité, elle a refait surface sur Montréal en 1998. Soit au moment où André Hamelin et Jean-Marc Massie ouvraient le Sergent Recruteur. « Des soirs, il y avait plus de conteurs que de contés, mais laventure était lancée, dit-elle. Et si désormais les « contés » se font plus nombreux, cest tout à la joie de Madame Claudette : « On voit du bonheur dans les yeux, et nous sommes étonnés de constater le bas-âge des gens qui viennent écouter. Il y a quelque chose de convivial dans le fait de se faire conter des histoires. » |
| ALAIN
LAMONTAGNE : taper des pieds . jouer de la musique à bouche et conter ! |
| Alain
Lamontagne a été comédien, il est devenu un harmoniciste
recherché et ensuite lun des pionniers du conte au Québec.
En septembre dernier, dans une unité du Château Madelinot des
Îles de la Madeleine, où se tenait le festival Contes en Îles,
nous avons fait un brin de jasette.
Avant dentamer
une reproduction de notre conversation avec Alain Lamontagne, rappelons
que
Devenu conteur -Alain Lamontagne,
on répète que le conte existe depuis quAlain Lamontagne
raconte
et conteur important - On dit aussi que,
dans la francophonie, vous figurez parmi les conteurs les plus connus
et importants. |
| SIMON GAUTHIER, DIT « SIMON DE LA MER » |
| Parce
quil a toujours habité près de leau, on la
surnommé « Simon de la mer ». Il sagit de Simon
Gauthier, lhomme à légouine, de la deuxième
génération des conteurs québécois qui affirme
: Cest Faubert qui ma starté ! »
Simon Gauthier est conteur depuis 1997. Sac à dos depuis toujours, sa scie musicale toujours à portée de main, ce natif de Sept-Îles se dit de la génération de conteurs qui suit celle des Alain Lamontagne et Sylvain Jocelyn Bérubé et, surtout, dun Michel Faubert. Ce qui lui fait sexprimer : « Cest lui, Faubert, qui ma starté ! »
En France Allumé donc,
par cette première vague québécoise de conteurs,
Simon Gauthier est « parti pour la bohème », selon
sa propre expression, pendant environ 3 ans, offrant ses services dans
les cafés. Enjoué comme toujours, il ajoutera : «
Je leur disais que je nétais pas un compteur dHydro-Québec
mais un gars qui disait des contes
» Festival de Tadoussac Sil a dû
en raconter beaucoup de choses pour quon le laisse raconter, Simon
Gauthier réalise désormais avec satisfaction que, maintenant,
on frappe chez lui pour obtenir ses services. Près de leau Simon Gauthier vit
présentement à Verchères, pour se rapprocher de la
colonie des conteurs, ses camarades. « Mais Sept-Îles, Tadoussac,
Verchères, jai toujours été à proximité
du fleuve. Cest sans doute pourquoi on ma surnommé
« Simon du fleuve ». |
| FRED PELLERIN,
ÇA LUI EST VENU DES VIEUX |
| Si auparavant
Fred Pellerin racontait toutes sortes dhistoires pour gagner sa vie
aujourdhui
quil pratique à plein temps, lartiste de St-Élie
de Caxton a fait du conte SA VIE.
Après Michel Faubert, il serait le conteur le mieux rémunéré au Québec, il a deux livres-CD (chez Planète Rebelle) à son actif en quatre ans de carrière, rares sont les festivals qui ne tiennent pas à sa participation, sa présence garantit des salles pleines, nous pourrions ajouter quil est devenu une vedette. Voyons ce que le principal intéressé en pense.
-Fred Pellerin par-ci, Fred Pellerin par-là, les commentaires sont toujours élogieux, on vous dit le « Mozart du conte », ça vous gêne si on vous accole le mot « vedette »? - Ben, une vedette, une vedette ça va ben, en fait. Ça délire, ça disjoncte, les publics qui sont là aiment ça Cest peut-être des adons mais cest vraiment la belle vie! Cest plus que jaurais pu rêver. Je ne pensais même pas quon pouvait vivre du conte au Québec. Donc, je laisse aller les affaires. Les vieux qui racontaient - Doù
vous est venue limpulsion de raconter ? Des histoires de son village - Chose certaine,
vous semblez vous amuser, sur scène comme ailleurs. Conseil aux aspirants - Quest-ce
quon dit, Fred Pellerin, aux personnes qui se sentent interpellés
par le conte, comment peuvent-elles sy engager? |
| JOCELYN BÉRUBÉ…
grain de sel et cœur d’enfant |
| Parce quil a
été comédien, Jocelyn Bérubé est lun
des conteurs dont le nom sonne familier aux oreilles du grand public. Voilà
maintenant quil conte et pourtant il ne sen lasse pas au contraire.
Un court question-réponse en compagnie de celui dont on vient déditer
le livre-CD intitulé Portrait en blues de travail.
-Jocelyn Bérubé,
votre nom et votre visage demeurent familiers
|
| OBJETS
DE CADEAUX, CES LIVRES-DISQUES DE PLANÈTE REBELLE |
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| Noël,
la Saint-Sylvestre, la Saint-Valentin, quelle belle période pour
le conte, limaginaire, le fantastique : à la télé
ou au cinéma, en trois dimensions et, depuis cinq ans, en livres,
des livres accompagnés dun disque. Pour enfants, bien sûr,
mais pour adultes cest sûr aussi! Alors voici une suggestion
de cadeaux à loccasion de ces fêtes, des produits de Planète rebelle de Marie-Fleurette Beaudoin, tous dune
qualité renversante parce quexceptionnelle.
Planète Rebelle:
514.278.7375
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