Entrevues

BENOIT BRIÈRE :
« JE PENSAIS QUE

J’ALLAIS MOURIR »

Mercredi le 15 septembre, BENOÎT BRIÈRE et ses complices reprennent la pièce de boulevard Oscar. Au théâtre du Capitole de Québec. Celles et ceux qui ont applaudi la démonstration époustouflante du  comédien au Théâtre du Vieux-Terrebonne la saison dernière, devinent facilement combien cette démonstration peut s’avérer épuisante. Et le principal intéressé se montre absolument d’accord avec eux. Il nous confie :

« Je ne l’ai jamais mentionné publiquement auparavant, mais parfois, entre deux de mes scènes, en coulisses, je pensais que j’allais faire une crise cardiaque, que j’allais mourir. J’en braillais, je pleurais en pensant que je n’y arriverais pas, que je ne serais plus capable d’y retourner.
« Mais quand arrivais mon tour, je me lançais et après une ou deux répliques, j’étais correct. J’étais chez nous, avec plein d’amis autour de moi. Et je me disais : On va se faire tout un party! »

Effectivement, nous les spectateurs, nous nous demandions si vous alliez passer au travers, si vous étiez capable de durer tout l’été.
 « Moi de même, moi de même. Ainsi que mon épouse, ainsi que mes enfants, ainsi que mon médecin.  Je rentrais à la maison exténué, vanné. Tout le monde se posait la question à savoir si je me rendrais jusqu’au bout. Mes collègues le voyaient bien aussi. Avant certains shows, ils se disaient : Il est fatigué, il est fatigué, on va l’aider. À l’entracte, ils me questionnaient à savoir où j’allais chercher cette énergie. Je leur répondais que je ne le savais pas. Probablement qu’il s’agit d’un besoin viscéral, fondamental de me retrouver sur scène.

« C’est une passion qui m’anime. Et quand je sais que je suis capable de tirer mon épingle du jeu, j’ai cette conscience professionnelle ou cette folie naturelle de me lancer dans le bain. Mais ce n’est pas une pression que je me mets. Ça me procure un taux d’adrénaline tellement élevé. Je pense : Il faut que je livre il faut que je livre… »

Mais comment se prépare-t-on à passer deux heures sur scène, gesticulant, se projetant à droite et à gauche, dans une telle démonstration physique…?
« Oh, il a fallu que je m’entraîne. À tous les niveaux d’ailleurs : vocalement et physiquement. Oui, je suis allé au gymnase. J’ai même un entraîneur personnel qui m’a aidé Dieu merci ! Et puis il faut dire que j’ai mon lot de personnages difficiles à interpréter, on peut penser à Napoléon, par exemple. Quoiqu’il n’y ait pas d’équivalent avec l’énergie que demande celui d’Oscar. J’ignore si je serai capable de tenir la route très longtemps. Car je ne rajeunis pas…

Et on recommence à Québec…
« Ça recommence, ouais. Québec va découvrir Oscar. J’ai tellement hâteet autant je l’appréhende. De penser qu’il y a une deuxième vie, ça fait du bien. On a tellement travaillé, d’arrêter après seulement une cinquantaine de représentations, c’est un peu frustrant. Alors,  de penser qu’on va faire durer le plaisir, qu’on va tous se retrouver à Québec, vraiment, là, c’est du beau bonheur »
Pierre LUC

 

LES OLYMPIQUES DE
SYLVIE DRAPEAU


En moins d’une année, Sylvie Drapeau aura enfilé pas moins de six rôles au théâtre. En octobre 2009, elle était Blanche Dubois dans Un Tramway nommé Désir au Rideau Vert, en septembre prochain, elle entrera dans la peau de Vassa de la pièce du même titre, au Rideau Vert encore. Entre’ temps, la comédienne aura joué dans Chambre(s) au Quat’Sous, elle se sera exécutée en solo pour La Liste sur les planches du Théâtre d’Aujourd’hui alors que quelques semaines plus tard., elle terminait dans   Et Vian…dans la gueule au TNM,  et que présentement, elle incarne Piaf  dans une pièce musicale traduite par René Dionne et Pierre-Yves Lemieux,  au Théâtre Rougemont. Tout un marathon !

 


Ce sont mes Olympiques à moi, de dire Sylvie Drapeau lorsque nous l’avons rencontrée à deux mois de ces représentations estivales : Cela aura été une année très riche et très sportive, en effet… Mais où cette mère de deux enfants puise-t-elle l’énergie pour se lancer ainsi ? «Je suis très discipliné, très sage, surtout depuis La Liste et je fais attention à mon alimentation… Mais, encore,  faisons-nous valoir : six différents rôles demandent de repartir à zéro chaque fois…

En effet. Comme si je n’avais jamais fait ce métier. Je ne me souviens plus comment marcher, comment parler, je ne me souviens plus de rien. Je repars à zéro pour construire un nouveau personnage. Là, je suis à cette étape de Piaf. C’est passionnant. Sauf que la semaine prochaine, j’ai une première de         Vian…. Pendant quelques mois, elle vit donc avec deux personnages dans la tête : Ils sont plutôt dans le corps que dans la tête. Cependant, pour Piaf, je travaille la voix depuis un an pour la préparer… Sylvie Drapeau ayant déjà déclaré : « ma technique est tellement mauvaise, que je n’arrive pas à faire semblant. Qu’ajoute-telle à cela ?
 Ouais, je ne suis pas une très grande technicienne. Ça vient d’ailleurs. Il faut que j’y croie pour m’en sortir. C’est peut-être pour ça que c’est si long chez moi…Si long et pourtant, elle arrive à se payer six interprétations en quelque onze mois.

 J’y mets beaucoup de peine. Je n’ai jamais rien fait derrière la cravate. C’est long et laborieux, avoue l’actrice native de Baie Comeau…

Avec Piaf, c’est le meilleur et le pire, l’ombre et la lumière. Dans sa vie, ce n’était pas toujours jojo, cette femme d’un charisme formidable a vécu plusieurs passions. Aussi, elle avait un pouvoir de séduction à l’image de son manque affectif. Pour la découvrir, j’ai fait plusieurs recherches, visionner des vidéos. Toutefois, il ne faut pas que les gens s’attendent à une imitation. Ils seraient déçus. Car en plus de ne pas lui ressembler, je ne l’imite d’aucune façon. C’est vraiment une interprétation personnelle, mais aussi inspirée du metteur en scène Jacques Rossi  en qui j’ai une grande confiance. On s’en va dans le bon chemin, à partir du cœur de chacun d’entre nous de la distribution…

 Du cœur par une comédienne de cœur, avons-nous glissé :
 Je fais ce que je peux. Il y aura de la joie et des peines. Toute sa vie, Piaf faisait de bonnes blagues, elle aimait à rire. Mais en même temps, elle pouvait devenir cassante, dure. Et elle a beaucoup souffert, c’est passionnant !

Pierre LUC
Photos : Gaétane Nadeau

 

SHIRLEY THÉROUX :
« JE VIS LE BONHEUR ! »

Personne humaniste, artiste prolongeant une belle carrière, femme comblée par tous les cadeaux de la vie, Shirley Théroux clame son bonheur : « Je suis heureuse ! » Que ce soit en s’engageant dans des causes sociales, en continuant de chanter, ou en ayant apprivoisé  une certaine solitude, l’interprète de l’inoubliable C’est bon un homme  garde la tête haute après plus de quatre décennies de métier.

Depuis deux ans, Shirley Théroux marraine la Marche de la mémoire Rona de Québec, un organisme visant à venir en aide aux personnes souffrant de l’Alzheimer, elle qui avait fait le don de cellules souches afin que sa sœur, atteinte de leucémie, puisse recevoir une greffe de moelle osseuse…

  • J’ai toujours fait du bénévolat. À partir du début de ma carrière, je me suis engagée pendant 14 ans dans la campagne du Bas de Noël du club Kiwanis. Aussi, pendant une dizaine d’années, j’ai œuvré avec Le Portage, établissement pour personnes avec problèmes de drogues. D’autre part, j’ai collaboré avec le Centre des femmes de Montréal –pour mères en difficultés. En ce qui a trait à l’activité au profit de Rona, notez que des citoyens de 48 villes au Québec marchent le même jour (31 mai cette année). Et quant aux cellules souches, j’en parle parce que trop de personnes ont peur de faire un don d’organe, craignant, par la suite, des carences au niveau santé. Ce qui n’est pas le cas.
  • Y a toujours plein de soleil…
  • C’est le cas de dire que vous apportez du soleil à beaucoup de gens. Justement, qu’en est-il de votre émission Y a plein de soleil, à TQS ?
  • Ce fut une idée de Louis-Paul Allard lors de l’Année internationale des ainés et onze ans plus tard nous sommes encore là.
  • Craignez-vous que TQS la retire des ondes, comme ce fut le cas de tant d’autres programmes ?
  • Je ne pense pas, mais ce serait vraiment triste. Toute l’équipe aurait beaucoup de peine. D’une part, il s’agit de la continuation de nos belles carrières, à Louis-Paul, Tex, Roger Joubert et moi-même. Surtout, pensons que c’est la seule émission de variétés consacrée particulièrement aux 50 ans et plus.
  • Les raisons de ce succès ?
  • Nous avons la même équipe depuis toujours, nous nous amusons et cela, le public le sent bien. J’ajouterais que celui-ci vieillit avec nous, qui sommes comme leurs cousins et cousines. Ils se reflètent dans notre image. Ils sont fiers de nous, fiers d’eux.



     

    Confiante pour un retour
  • Vous vous produisez en studio, de temps à autre vous visitez des régions ou vous partez en croisière avec des groupes, est-ce que cela suffit à Shirley Théroux, la chanteuse ?
  • On a cru que j’abandonnais la carrière, à cause de mes 28 ans comme propriétaire du restaurant La Boucherie. Puis, après avoir vendu, je me suis payé un bon repos. Mais là, je me suis remise au piano, je me remets en forme physique… Je suis née avec ce cadeau là, ma voix, la musique c’est ma passion.
  • Des projets précis en vue d’un grand retour ?
  • Oui, un disque. Je n’en parle pas davantage car je ne veux pas qu’on me vole mon idée…
  • Vous respirez la confiance, hein ?
  • Ce n’est pas comme si je revenais d’une longue retraite : j’ai la chance d’être encore à la télévision tous les dimanches. Même ceux des nouvelles générations me connaissent. Je suis privilégiée.

Les beaux moments
Si on devait choisir entre l’époque de Les Tannants à TVA, vos premières places aux palmarès des disques ou l’ère actuelle de Y a plein de soleil, que choisiriez-vous comme plus beau souvenir de carrière ?

  • J’ai eu tellement de bons moments. J’y irais toutefois pour mes tous débuts. Alors que je me rendais par autobus répéter chez mon pianiste Jean Larose, à mes cours de danse et même à mes premiers engagements de télévision. De plus, j’ai tiré une grande satisfaction à tout négocier moi-même; je n’ai jamais eu de gérant.
  • Justement, on vous a décrit comme « une femme d’affaires reconnue »…
  • J’étais pas pire (rires)

Un amoureux ?

  • On continue de suivre votre carrière, on sait que vous avez marié Pierre Marcotte, que vous avez divorcé dans les années 80, après avoir donné naissance à un fils, Bruno-Pierre (22 ans) et que celui-ci vit avec nous. Le public voudrait probablement en savoir davantage…
  • Le peuple québécois s’avère très respectueux de ses artistes. Ceci exprimé, oui mon garçon habite chez moi de temps à autre, autrement je vis seule depuis 22 ans. Il y a eu quelques relations sentimentales, très peu. Je ne m’ennuie pas pour cela car je demeure active et puis j’ai développé une philosophie : un jour à la fois. J’ai mon espace, je suis heureuse, je vis le bonheur !

Combien d’hommes ouvriront grand les yeux en lisant ces lignes, peut-être un seul et le bon. Car les astres prédisent à Shirley Théroux qu’un amoureux s’amènera sous peu. Monté sur un cheval blanc, il va de soi.

Texte et photos : Pierre LUC

 

CLAUDE VALADE
ET LE BONHEUR
DE CHANTER…

Sur la petite scène du Thunderbird, en Floride, Claude Valade s’est une fois encore, laisser porter par l’audience. Comme par le passé. Retour en arrière d’une chanteuse qui continue de séduire sans trop savoir pourquoi. Et qui a toujours eu beaucoup de succès aux États- Unis

Donc, nous sommes à Sunny Isles où, pendant deux soirs, le public entame les refrains de Claude Valade. Les gens se souviennent de la mélodie, des mots. Et pas seulement ceux de son tube Aide-moi à passer la nuit, mais des autres aussi : Viens d’étendre au creux de mes bras, Sous une pluie d’étoiles, C’est beau la vie, qui ont jalonné la carrière de la p’tite fille de Sainte-Agathe depuis ses débuts à la Boite à Chanson du Café St-Jacques, à Montréal. Elle n’avait que 17 ans, c’était précoce à l’époque.

 

  • L’air de la Floride vous va toujours bien, Claude Valade; et ce n’est pas d’hier.
  • Pas d’hier, en effet. Cela remonte à 1970, alors que je chantais au réputé Fontainbleau de Miami Beach. J’avais la manchette du Miami Herald, pensez-y.

La période Sinatra

  • C’est là, dans la salle Poodle Room où vous avez fait la connaissance de Frank Sinatra.
  • Il était là un jour, il me racontera plus tard avoir eu la  chair de poule en entendant C’est beau la vie… même s’il comprenait très peu les mots. Ce soir-là, quand quelqu’un est venu me dire : « Monsieur Sinatra » voudrait vous voir, je pensais que mon cœur s’arrêterait de battre.
  • Une fréquentation qui a duré cinq ans, est-ce exact ?
  • Oui. Je chantais en première partie de son  spectacle et j’ai eu l’honneur de l’accompagner dans sa « tournée d’adieu », de New-York à Los Angeles, avec Cyrille Beaulieu au piano.
  • Vous n’étiez pas tentée de vous laisser pour de bon sur le marché américain ?
  • Il n’était pas question de m’établir aux États-Unis, car je tenais à ce que mes deux enfants soient éduqués au Québec.

 

La ferveur des Haïtiens

  • Tout de même, les Américains vous ont revue dès 1976…
  • Ou plutôt des Haïtiens vivant en Amérique, ceci après mon passage dans leur île. J’ai chanté pour eux pendant une douzaine d’années, à Miami, Baltimore, Boston… et cela s’est arrêté avec septembre 2001. Ce furent de beaux moments. Ils connaissaient mes chansons par cœur et chantaient avec moi.        Ce qui a fait dire à mon pianiste le regretté Daniel Hétu : « Je pensais que je devais t’accompagner toi, pas 3 000 personnes tous les soirs… »
  • Et puis vous êtes revenue à Miami, à l’endroit même où nous sommes  présentement. Soit Sunny Isles, l’ancien Miami Beach North.

Cinq saisons au Rendez-Vous

  • J’y suis venue une première fois  en 1976, au Beach Harbour. Quelqu’un avait changé le nom de l’hôtel en celui de Place Claude Valade.
  • Ce ne fut qu’une saison d’hiver, si notre mémoire est bonne…
  • En effet, je n’y reviendrai que dix ans plus tard : une autre belle histoire qui a duré cinq ans, dans la salle Le Rendez-Vous. Je vivais à Miami comme chez moi au Québec.  Je pouvais conduire les yeux fermés et m’y suis fait de bons amis. Des personnes que malheureusement je n’aurai pas le temps de revoir cette fois-ci.
  • On aimerait bien, oui qu’il y ait une « prochaine fois »…
  • Peut-être. Sait-on ce que la vie nous réserve.
  • Mais n’est-ce pas vous qui disiez : « Il faut qu’une chanteuse chante »…?
  • D’accord. Je mets parfois ma robe de scène et quand c’est terminé, je la range. Et la chanteuse est contente. Aujourd’hui, quand on me fait le bonheur de m’offrir un engagement et que j’accepte, c’est sans obligation mais par pur plaisir.
  • Chose assurée, vous ne risquez pas de trous de mémoire, tellement votre public connaît vos refrains.
  • Trente ans plus tard, oui. Je n’arrive toujours pas à comprendre pourquoi.
  • On le leur demandera, Claude Valade. La prochaine fois.

 

Texte et photos : Pierre LUC

 

par PIERRE LUC

PAOLO NOËL : ÔMERTA 4




« Quand Luc Dionne m’a offert une participation dans Ômerta 3,  ce devait être pour cinq heures de travail, c’est-à-dire 5 émissions, d’expliquer Paolo Noël. Mon personnage devait se faire descendre dans un motel. Sur le plateau, j’ai lancé à la blague :

 « Je suis allé à la confesse, les boys, je suis prêt à recevoir vos balles ! » Là, Luc m’a annoncé qu’il me ferait disparaître au 11e épisode. Il doit avoir changé d’idée puisque je suis encore là. Et que je serai du tournage de la 4e édition à compter d’avril prochain. » 

Paolo, qui chantera au Centre d’art La Chapelle le 25 octobre, s’est de plus remis à l’écriture de ses mémoires, Tome 3. Tout un raconteur cet enfant de Gaspésiens.

Photo: Gaétane Nadeau

 

ROY DUPUIS EN PETIT BANDIT


Quand il n’est pas en expédition pour sauver les rivières ou chez les Amérindiens afin d’attirer l’attention sur la situation périlleuse de ces derniers, Roy Dupuis se trouve en tournage.

Par exemple, il revient d’Argentine où on a tourné pendant plus de deux mois un mélodrame intitulé Les doigts croches   écrit et réalisé par Ken Scott. Y participent aussi principalement : Claude Legault, Paolo Noël, Patrice Robitaille et Jean-Pierre Bergeron.
L’histoire : des jeunes truands ont été entraînés voler, ils réussissent un gros coup, comment vont-ils partager le magot… ?

 

 

HEUREUX QUI
COMME ALAIN LAMONTAGNE...

Heureux qui comme Ulysse et Alain Lamontagne ont beaucoup voyagé. En effet, car si les conteurs ne gagnent pas des millions de billets verts ou autres, les plus talentueux se baladent de par la francophonie. Celui-ci (Lamontagne et non Ulysse), porte-parole du prochain festival Mémoire et Racines, lâchera tout simplement qu’il ne peut plus compter les pays visités.

Alain Lamontagne a été comédien, est devenu harmoniciste, conteur... et podorythmiste. Podo quoi, vous dites ? Podorythmie : l’art de taper avec les pieds, un genre d’invention de notre artiste québécois.
Fondateur du groupe La Veillée, accompagnateur du jazzman Michel Donato, Lamontagne gagne sa vie sur les cinq continents depuis près de 30 ans. Brève rencontre avec un artiste multidisciplinaire.

Père de la podorythmie

« - Alain Lamontagne, outre votre carrière de comédien, le tout a commencé par la musique ?
- Ça a commencé par les pieds, ça a continué avec la musique, c’est revenu avec les pieds et les histoires (contes).
- Les pieds comme les gigueux ?
- Je suis un podorythmiste. La podorythmie fait partie de notre culture. C’est nous qui lavons crée et fait évoluer cette tradition. On parle de l’art de faire du rythme assis avec les jambes et de la technique de trouver des sons sur une surface avec les deux pieds. Donc, la gigue est une danse, tandis que la podorythmie est une percussion des pieds.
- En faisant de la musique...
- On peut faire sans mais idéalement vaut mieux pratiquer les deux.
- On répète que vous êtes le père de la podorythmie ; ce qui vous aura permis de beaucoup voyager, n’est-ce pas ?
- `Énormément, énormément. Depuis 30 ans, je ne pourrais pas compter les kilomètres que j’ai parcourus. Et les pays, je ne peux pas les compter non plus.

Rythmes et percussions

- Quels sont les peuples les plus curieux de découvrir votre matériel ?
- Premièrement, tous ceux qui n’ont jamais assisté à la percussion des pieds sont fascinés. Ensuite, l’harmonica est un instrument que les gens connaissent mais ils ne savent pas comment moi j’en joue. Ils sont épatés par le mélange des deux. Je dirais que les Africains, par le fait de leur familiarité avec les rythmes deviennent grandement intéressés.
- Vous vous en allez vous produire à Joliette, au Festival Mémoire et Racines, on prévoit une belle fête...
- Il n’existe pas véritablement de festival traditionnel important au Québec. Quoiqu’il faille mentionner le Mondial du folklore de Drummondville et celui de l’accordéon à Montmagny. Mais Joliette demeure unique au niveau du trad et du folk.
- À bientôt donc, Alain Lamontagne.

Pîerre LUC

 

ENTREVUE : LOUISE DUCEPPE

La nouvelle saison théâtrale commence dans quelques semaines et comme depuis quelques années, je répondrai avec enthousiasme aux invitations de la Compagnie Jean Duceppe, un homme qui j’ai beaucoup admiré de son vivant. Et que je continue de vénérer.

Petit à petit, je découvre ses filles, Monique la metteure en scène, et Louise la directrice générale et présidente de la Compagnie.
Les filles, vous aurez aussi eu l’occasion de les découvrir grâce à la série télévisée Jean Duceppe mise en ondes par Télé-Québec en 2002. Vous y aurez appris que lorsque le paternel s’est trouvé dans une position monétaire précaire, les mécènes inconnu(e)s qui ont contribué à ce que la troupe continue d’exister, c’étaient elles : Louise et Monique.

Vous avez ici l’esprit qui animait et continue d’animer cette belle famille.
Depuis les débuts de la Compagnie au Théâtre des Prairies, à Joliette, puis l’installation au Théâtre Port Royal, devenu le Théâtre Jean Duceppe, la tradition se poursuit, une tradition de paroles et d’émotion.
Rencontrée de nouveau à l’occasion du lancement de la programmation 2007-08 de la Compagnie, Louise Duceppe répond à quelques questions.

« -Louise Duceppe, est-ce qu’on amène facilement les gens au théâtre ?
- Ce n’est jamais gagné d’avance. C’est toujours à recommencer, mais quand même, nous avons ici un public d’une grande fidélité ; plus que n’importe où ailleurs.
- Vraiment ?
- Oui. Souvent le taux de renouvellement de l’abonnement se situe autour de 88 à 90%. C’est énorme.
- À quoi cela tient-il, selon vous ?
- Je pense que notre façon de faire à la programmation, à notre approche du public, près des émotions, à la variété des spectacles, au choix des comédiens...

- Variété et continuité... ?
- Continuité dans l’effort, certain : nous en sommes à notre 35e saison.
- Avec toujours le même directeur artistique...
- Michel (Dumont) après papa, il est là depuis 1991. Ma sœur (Monique) et moi sommes là depuis 1973.
- On doit croire que vous aimez beaucoup le théâtre...
- Heureusement (rires).

- Vous qui êtes dans les chiffres...
- On fait des chiffres pour pouvoir faire du théâtre.
- Avec du cœur dans les chiffres...
- On met toutes les conditions gagnantes pour permettre de réaliser nos projets de théâtre, accommoder les metteurs en scène, les comédiens.
- Vous avez aussi des compagnies invitées...
- Ici, quand on invite des équipes, on fait attention à elles. Et tous nous disent qu’ils aiment travailler avec nous : il doit y avoir quelque chose de spécial... »

Ce quelque chose de spécial avait un nom : JEAN DUCEPPE. Ses filles respectent et honorent la mémoire d’un homme qu’elles ont admiré, d’un père qu’elles ont aimé.

Pierre LUC

 

BENOÎT BRIÈRE, UN HOMME COMBLÉ

Le voici au Théâtre du Vieux Terrebonne, le voilà chez Duceppe, après y avoir joué la saison dernière, après son Hosanna au TNM, et son Don Juan à Stratford, Benoît Brière se déclare un homme comblé de pouvoir exercer le métier auquel il tient le plus à cœur, celui d’homme de théâtre.

Pour bien nous situer, rappelons que Benoît Brière, nommé directeur artistique des prochaines trois saisons d’été au Théâtre du Vieux Terrebonne, y joue aussi dans la pièce Ténor recherché
Au Théâtre Jean-Duceppe, il vient d’évoluer dans la création québécoise de Serge Boucher, Là ; nous le verrons en pianiste dans La Casta Flore, la saison prochaine.

Un lot de cadeaux

- Benoît Brière, vous n’aviez pas joué souvent chez Duceppe...
- Ce fut une première dans La. Mais deux fois en deux ans, je vais peut-être y devenir un abonné des planches.
- Le théâtre vous colle à la peau depuis quelques années...
- Je suis un grand enfant gâté de l’industrie, je touche du bois. J’ai eu vraiment mon lot de grands cadeaux ces trois dernières années. Ça a commencé avec Hosanna et c’est devenu quelque chose à laquelle je ne m’attendais pas du tout : non stop. Et c’est parfait comme ça.
- On vous verra donc moins dans des commerciaux, à la télé ou au cinéma...
- C’est toujours cyclique. On dirait que je pars pour des années de théâtre, ensuite de tournages...
- Et la vie continue d’être belle...
- Vrai. Sur les planches, c’est vraiment là, où, j’ai l’impression, fondamentalement, de faire mon véritable métier.

(Sur la photo, Benoît Brière et Pierre Collin dans Ténor recherché au Vieux-Terrebonne)
Pierre Luc

 

GREGORY CHARLES :
MONSIEUR LE PROFESSEUR S’EMBALLE

Depuis vingt-cinq ans, Gregory Charles pratique et enseigne le chant choral. Une avenue qui lui a apporté une grande satisfaction, et aussi dans laquelle il a entraîné de nombreux jeunes dans l’univers de la musique ainsi qu’à la découverte de la collectivité et d’ouverture à d’autres cultures.

En ondes de ARTV, tous les samedis soirs, Le chœur de Gregory nous offre telle que vécue par les jeunes chanteurs et chanteuses du Collège Vocal de Laval, leurs répétitions, leurs Olympiques Chorales en Chine (où ils ont remporté la médaille d’or, en passant par les coulisses du spectacle Noir et Blanc.

Voici, en effet, une série sur la fraternité, le plaisir de chanter, l’amitié et le sentiment d’appartenance.
Si les voyages forment la jeunesse, celle-ci démontre du sérieux, de l’humour et une belle mentalité.
Rencontre avec Gregory Charles, professeur, éducateur...

Des jeunes qui ont de la chance

« -Gregory Charles, ces jeunes connaissent des expériences extraordinaires...
- Je pense que oui. Et moi, je me considère extrêmement chanceux d’avoir fait du chant choral de l’enseignement et de la musique avec eux. Ils sont chanceux parce qu’ils sont allés chercher des amitiés durables ; cela autour de leur activité, la musique. Et comme disait mon père quand j’étais jeune : « Le bien engendre le beau et le beau engendre le bien ».
- Ils sont donc devenus des personnes biens.,,,
- Ils sont devenus des jeunes bons citoyens. À cause de l’éduction reçue de leurs parents, bien sûr, de leur environnement et beaucoup à cause de l’activité qui les a réunis. Il y a quelque chose de généreux, vertueux et de beau dans cette activité de chanter collectivement. Donc, c’est clair : ils sont chanceux !

Se rendre disponible

- Cette dynamique, que vous créée demande sûrement efforts et sacrifices...
- D’une part, j’ai toujours aimé le chant choral, ce ne fut donc pas un défi. Le plus difficile fut de juxtaposer le type d’horaire qui est le résultat des mes activités professionnelles et personnelles des 20 dernières années. Plus notre profil prend une certaine popularité, cela a un effet direct sur le temps qu’ont est capable d’attribuer à une activité collective comme celle-ci, qui demande d’être constant.

Des jeunes beaux et bons

- Vous parlez de constance...
- Certains ont commencé à chanter avec moi alors qu’ils avaient neuf ans. Ils n’avaient pas de grandes responsabilités alors. Maintenant, il y en a qui ont de jeunes enfants, un emploi et qui trouvent malgré tout intérêt à note collectivité.
- D’où une grande satisfaction, nul doute...
- En partant, il y a le plaisir de faire de la musique, mais je dirais qu’au-delà de celle-ci, il y a mon intérêt pour l’éducation. Il n’y a pas d’humilité dans ce que je vais avancer, mais au même titre que certains éducateurs et professeurs, ces jeunes que je trouve intéressants, beaux et bons, je pense qu’ils sont du moins un peu le résultat de ce que je leur ai apporté. Et dans ça, pour moi, je trouve une extraordinaire satisfaction.

Pierre LUC

(Cet article a paru dans le journal Allô Vedettes, où vous trouvez la chronique Les Uns, les autres et Pierre Luc)

 

JEAN-GUY MOREAU
SUR LES RAILS APRÈS 40 ANS

Jean-Guy Moreau, l’homme qui emprunte depuis plus de quarante ans la voix des autres, nous sert désormais la sienne, avec des chansons de son cru dans son nouveau spectacle sensiblement éponyme : Jean-Guy Moreau comme personne. L’humoriste est revenu graduellement à la scène suite à des problèmes cardiaques.

Nous avons croisé Jean-Guy Moreau, que nous avions connu du temps des boites à chanson des années soixante, sur le bateau théâtre L’Escale, où il se produira en août prochain.

« - Jean-Guy Moreau, on ne lâche pas, hein !
- On ne lâche pas, c’est sûr.
- Spectacle intimiste que le vôtre présentement...
- En fonction d’endroits comme ici, avec un maximum de 400 places. C’est limite, comme une boite à chanson étendue, si l’on veut. Car j’aime faire un métier de dessinateur sur scène, où tout le monde voit et entend bien.
- On vous verra donc de plus en plus...
- Je travaille beaucoup, du fait que je sois revenu sur les rails avec un nouveau spectacle. Les festivals ont appelé, notamment le Grand Rire à Québec, et Juste pour rire à Montréal où je ferai plusieurs soirs.
- Ça fait du bien de se sentir désiré, n’est-ce pas ?
- Oui mais encore... Tu as beaucoup plus à perdre à soixante ans qu’à 20 ans. Tu te dis : « Si je me cassais la gueule... non, vraiment j’ai pas le droit. Alors ça te force à travailler plus fort. Pendant trois ans, j’ai travaillé comme jamais pour monter ce spectacle.

Une certaine peur, le doute

- Alors qu’on pourrait penser que ça vient tout seul avec l’expérience...
- Avant, je l’avais facile, je l’avoue. Et j’en ai profité (rires). Mais cette fois-ci, j’avais tellement peur de manquer mon coup : j’ai écrit, ré-écrit, avec mille ratures, pour en arriver à ce que je voulais produire.
- On répète qu’avec l’âge le doute s’insinue...
- Oui, oui, il grandit le doute. C’est correct. Car, quand même, j’ai toujours vécu avec lui. Je ne veux être sûr de rien. L’essentiel : se sentir connecté dans son travail.
- Une attitude qui vous a bien servi...
- J’ai cette chance inouïe depuis que je suis monté sur scène qu’il y ait du monde qui applaudisse. Les gens applaudissent et rient, donc ils sont complices et me disent de la sorte : « C’est bien, t’as d’affaire là.
- Et la santé, Jean-Guy Moreau ?
- Elle va bien... faut s’en occuper.
Et puis nous filons chacun de notre bord. Quel monde de fous de ne jamais avoir envie de s’arrêter de travaille après toutes ces années, 40, 50 ans...

Pierre LUC
(Tel que publié dans Allô Vedettes, où vous trouvez le chronique Les Uns, les autres et Pierre Luc).

 

Un premier roman
JANETTE BERTRAND :
82 ANS, TROP JEUNE POUR S’ARRÊTER

Après avoir brassé la cage des téléspectateurs par la série Avec un grand A ,et après un record de ventes de plus de 200 000 copies de son autobiographie Ma vie en trois actes, Janette Bertrand veut frapper un autre grand coup avec son tout premier roman, Le Bien des miens. L’ouvrage, qui se veut un hymne à la famille offre ceci de particulier qu’il met en scène une héroïne octogénaire. La prolifique auteur nous livre ses états d’âme, en regard de son livre et de son métier, comme elle clame la passion toujours présente de l’écriture chez elle.

Le Bien des miens, une brique en 385 pages (chez Libre Expression) se voudrait audacieux et dur. Tous les membres d’une famille, florissante entreprise de produits naturels, complotent pour la succession de Germaine, la matriarche de 80 ans.
Consciente des manigances et manipulations, celle-ci emploie la ruse pour déjouer les complots et faire en sorte de réunir tous dans l’argent et le bonheur.
Voilà le défi qu’a voulu relever l’auteur, Janette Bertrand. Justement, elle nous attend là, prête à recevoir une dizaine de questions que nous lançons pêle-mêle.

- Madame Bertrand, vous voilà devenue romancière, le style s’avère-t-il plus difficile à gérer que les autres ?
- C’est autre chose que la télévision, bien sûr, mais il y a plus de liberté. Mais quand tu sais raconter une histoire, tu sais la raconter de toutes les façons : en nouvelle, en roman ou en télévision.
- En regard de cette nouvelle avenue, on a mentionné votre « goût de surprendre »...
- Le goût de brasser le monde, oui. Aussi de ne pas arriver avec des solutions. Ce qui me plairait avec ce livre, c’est qu’on en discute après. Ce qui m’a toujours plu, avec les cinquante Avec un grand A que j’ai écrit. Que le lundi matin, dans les bureaux, les gens en parlent, donnent leur opinion. Ça me plait beaucoup, suscité des discussions.

Une jeunesse soumise

- Dans ce style, vous avez toujours surfé sur le haut de la vague, une explication ?
- Probablement dû à une jeunesse très soumise, très tranquille. Puis un jour, je me suis mise à vouloir brasser la baraque, à vouloir changer les choses.
- Lors d’une interview précédente, en regard de vos personnages, vous avez dit : « On est bon et méchant à la fois »...
- Tous les êtres le sont. On peut être bon une seconde et puis se choquer contre son frère qui vient constamment vous emprunter votre voiture et la casse.
- Ce que nous retrouvons en monologues intérieurs dans le livre... ?
- Tout-à-fait. Et ce qui est original, on les entend penser, quelque chose que je voulais mettre dans un roman. Ils vont avoir des pensées qu’ils n’exprimeront jamais vraiment.

80 ans, le bel âge

- Vous avez choisi de créer une héroïne de 80 ans ...
- Plus jeune que moi qui en ai 82.
- Ça vous tenait à cœur ?
- Il n’y a jamais d’héroïne de cet âge mais toujours des femmes de 40, 35, 25 ans. Comme si à 80, il ne t’arriverait plus rien, que tu n’étais pas mieux que morte. Alors qu’on est en pleine force, qu’on sait plein de choses.
- Chose évidente, vous mettez constamment à profit cette richesse. On ne s’en va pas n’est-ce pas ?
- Non, non, non, je ne m’en vais pas, moi.
- Pour reprendre le roman ?
- Sûr que je vais écrire. Pour la télé, le cinéma, un autre roman, je ne le sais pas. Cependant, il faut que je sache, parce que l’été s’en vient et qu’il faut que je travaille : je ne vais pas rester à rien faire...

Pierre LUC- tel que publié dans Allô Vedettes

 

HÉLÈNE BOURGE0IS LECLERC :
« LE THÉÂTRE, C’EST MA VIE ! »

Au printemps 2008, Hélène Bourgeois Leclerc jouera du Rideau Vert pour la première fois de sa carrière. Elle y tiendra le premier rôle féminin de la création québécoise de Pier-Luc Lasalle, Construction. La gagnante de plusieurs prix pour ses performances à la télévision avait hâte de remonter sur les planches.

La dernière fois où nous avons vu Hélène Bourgeois Leclerc devant une assistance, c’était dans Les Noces de taule de Claude Meunier, chez Duceppe il y a de cela maintenant trois ans.
Auparavant, au théâtre La Chapelle de Montréal, elle avait joué sous la direction d’Alexandre Marine qu’elle qualifie de grand metteur en scène.

« Je m’ennuie de jouer, moi qui suis issue du théâtre, c'est-à-dire après être sortie de l’École nationale, il y a huit ans. C’est ça ma vie ! »
Donc voici la comédienne doublement comblé puisqu’en plus d’un premier rôle, elle défendra une création québécoise :
« C’est rare qu’on puisse travailler sur une création et, pour moi, avec un nouveau groupe, dont le metteur en scène Claude Roussel.

Des vacances

À l’automne, nous reverrons évidemment Hélène Bourgeois Leclerc dans Annie et ses hommes. Ce sera tout en tant que télévision, vu que Les Bougon se sont arrêtés.
Par contre, un projet de cinéma se réalisera probablement, donc elle devrait tourner pendant une bonne partie de l’été.
« - Pas de vacances ?
- Pas vraiment mais c’est correct. Car ce sont de beaux projets et ça ressemblera à des vacances. C’est aussi plaisant. »
En voilà une qui ne rechigne pas devant le boulot.

P.L.

 

DANY SÉDUIT PAR LE QUÉBEC

Le Québec a été séduit par Dany Turcotte et ses invités de La petite séduction et les villageois ont séduit Dany. Si bien qu’il est heureux de retourner sur la route pour le tournage de la deuxième saison de cette émission qui grandit dans le cœur du public.

En effet, dès l’automne, l’équipe repart à travers les chemins de campagne pour l’enregistrement de quatre des 19 émissions qui constitueront la saison 2007, à Radio-Canada. Ce qui fait bien l’affaire de l’animateur :
- Dès le début, j’ai été séduit par le concept ; par la suite par le tournage, par les villages et par le Québec. J’ai trouvé qu’on a vraiment un beau pays.
- Vous êtes partis à la découverte, somme toute...
- Il y a plein d’endroits que je ne connaissais pas et que j’ai découverts grâce à nos visites. En fait, à 90%, je ne les connaissais que par le nom. Maintenant c’est fait, nous sommes familiers parce qu’on a été pendant trois jours dans presque tous.
- Un beau pays, comme vous dites... ?
- On sort de là et puis on est conquis. On connaît ce qui fait vibrer le cœur du village...
- Si nous avions à indiquer un dénominateur commun de tous ces villageois... ?
-

Fierté et séduction

- La fierté. Les gens aiment tellement leur place ; ça devient attachant de voir ça. Des fois, j’y suis arrivé depuis 45 secondes et je me suis fais demander trois fois si j’aime leur patelin ; « Pis, aimez-vous notre village, trouvez-vous ça beau ? Êtes-vous séduit... ?
- Comment s’y prennent-ils en général pour vous séduire ?
- Ils déploient de nombreux efforts : ils se réunissent dans le but de trouver des idées, se rencontrent en comités, une occupation qui dure deux mois. C’est un peu l’équivalent d’un pays se préparant à recevoir les olympique, pour un village de recevoir une équipe de tournage.
-

Dany Turcotte a beau rappeler que son rôle se situe surtout à celui d’entremetteur (« Je leur apporte une vedette sur un plateau d’argent »), c’est avec lui que les Québécois tombent en amour.

Pierre LUC

 

LES SEPT VIES DE PIERRE LÉTOURNEAU

La carrière de Pierre Létourneau, troubadour, auteur-compositeur, comédien et même écrivain a passé le cap d’une quarantaine d’années. Au cours desquelles, les périodes de veaux gras ont précédé celles de vaches maigres et ainsi de suite pour un homme tenace. Le quinzième album de cet artiste ayant connu des succès au cours de toutes les décennies depuis l’époque des boites à chansons, Heures de pointe, aura vu le jour dans la camaraderie. Tel que nous l’évoquerons.

Plus de 40 ans plus tard, donc, comme aux premières heures des dits « chansonniers », nous bavardons de nouveau avec Pierre Létourneau. Nous discutons de la chanson en général, nous parlons de lui...

Les temps changent

« -Pierre Létourneau qu’elle différence trouvons-nous entre avant-hier et aujourd’hui.
- Nous restons le même...
- Bien sûr, mais le métier, lui... ?
- Au début, c’était magistralement génial et artisanal. Mais il fallait que ça s’arrête un jour. Que la chanson aille dans la rue. C’était la Révolution tranquille, tout le Québec vivait comme ça.
- Plus facile pour un débutant... ?
- Nous étions portés par le public...pas besoin de lourds systèmes de son... les gens t’appelaient chez toi pour des engagements...
- Maintenant, vous avez un agent, une attachée de presse...
- Il faut que tu fasses partie de l’industrie. Mais ça peut être dangereux si tu n’as pas le bagage pour répondre à cela. Aujourd’hui, c’est tout de suite le sommet de la pyramide, t’as intérêt à être bon.

Étoile pâlissante

- Quand même, pour Pierre Létourneau il y a aussi eu des moments difficiles...
- Durant 1968-69, mon étoile pâlissait, si on peut dire. Puis en 1970 je m’en suis allé à Paris, où j’ai perdu mon temps. Ensuite, ce furent des années encore plus difficiles. Je n’avais plus un sou, pas une maison de disques. Mais je ne me suis même pas posé la question à savoir si je devais continuer : je me suis dit que je suis un homme de paroles, de chansons.
- Vous avez écrit des chansons pour d’autres, Nicole Martin, Donald Lautrec, Véronique Béliveau...
- Et puis Yves Martin m’a dit : « On va faire un 45-tours », mon tout premier. « Ce fut Tous les jours de la semaine, qui s’est mis à tourner à CJMS et à toutes les émissions populaires. »

Calvé et histoires souriantes

Le temps file et Pierre Létourneau continue à enregistrer, il fait la tournée des écoles primaires, travaille de concert avec Claude Gauthier et Claude Léveillée.
Arrivent ensuite Les années guitares, consacrées aux grandes chansons, en compagnie de Priscilla, Michel Robidoux et Louise Poirier, une période qui durera quatre ans.
Le présent siècle s’ouvrira avec un spectacle en duo avec Pierre Calvé, De la ville à la mer. Ils sillonnent le Québec, avec en «à côté« pour un homme de paroles, un livre de 52 histoires souriantes avec des illustrations du copain Jean-Guy Moreau.
Mais les maisons de disques ne téléphonent plus...

Chez Bill Gagnon

Au moment où Heures de pointe arrive sur le marché, il y a sept ans que Pierre Létourneau n’est pas entré en studio :
« - Sept ans, tout un bail sans domicile, n’est-ce pas ?
- Pendant tout ce temps, je n’ai jamais cessé d’écrire. Dans l’espoir de trouver un producteur ou un musicien avec un studio. Ce fut Bill Gagnon. Il m’a dit : « T’as pas d’argent, c’est pas grave. Les musiciens, on les paiera plus tard.
- Pourquoi Heures de pointe ?
- Parce que ce sont des chansons de ville : trois ans de cogitation, de composition et de remises en question.
- La critique vous salue unanimement, comment se sent-on ?
- On se sent très bien. Grâce à la visibilité du disque les engagements se multiplient. J’ai bien hâte de remonter sur scène, en solo. »

Ce retour officiel à la scène, Pierre Létourneau le fera par deux grandes portes à l’automne : le Centre d’Art La Chapelle de Québec et le Gesù de Montréal.
C’est reparti !
Pierre LUC

LES CAMARADES
Claude Gauthier et Renée Claude ont visité Pierre Létourneau sur ce disque. Alors que la partie musicale est assumée par Michel Robidoux (des retrouvailles), Bill Gagnon et sa conjointe Geneviève Maufette et les chœurs, Robert Séguin –de même qu’aux compositions-, Steve Goldberg, Jean-Claude Tremblay... Une belle petite famille.

 

RENÉE CLAUDE :
toute une vie dans la musique

Il y a un demi-siècle, Renée Claude sortait gagnante d’un concours Les découvertes de Billy Monroe à la radio de CKVL. Celle qui affirme être « née dans la musique » devait poursuivre avec des débuts professionnels cinq ans plus tard et ensuite devenir l’une de nos interprètes les plus respectées. Se spécialisant dans les spectacles-thèmes, autour des œuvres de Brassens, Ferré et Clémence Desrochers, voici qu’elle nous offre une intégrale de ses collaborations avec Luc Plamondon : Entre la terre et le soleil. Un spectacle en devenir ? Elle nous le dira.
La boucle ne semble pas bouclée pour l’interprète et comédienne née Renée Bélanger, à Montréal en 1939. En dépit d’un très long parcours.

Si tout d’abord elle chantait du Brel, du Bécaud ainsi que du Brassens et Ferré –qu’elle retrouvera d’ailleurs-, le triomphe de Renée Claude avec la chanson Feuille de gui à Bruxelles, en 1962, la fait se tourner vers les auteurs québécois.
La voilà engagée dans la tournée des boites à chanson, La Butte à Mathieu, Le Patriote, tout en effectuant sa première sortie hors Québec, soit au Festival de Sopot.

Succès populaire

À la toute fin des années soixante, Renée Claude connaît ses premiers succès dits « populaires », grâce à des chansons de Stéphane Venne : C’est notre fête aujourd’hui, Le début d’un temps nouveau, Tu trouveras la paix
La Grèce, le Japon, l’U.R.S.S. l’attendent, de même que l’Orchestre symphonique de Montréal.

Rencontre avec Plamondon

Sa collaboration avec Venne se terminant, Renée Claude a l’occasion de rencontrer Luc Plamondon alors partenaire des musiciens du Ville Émard Blues Band. Autre tournant donc qui se produit en 1971, l’une favorisant la carrière de l’autre : elle chante de Plamondon et Michel Robidoux, Je reprends mon souffle, titre de leur premier album.
Pendant une décennie, le duo va essaimer le Québec, récoltant succès d’estime comme de popularité.
Tantôt ils trouveront des musiques de, Jay Boivin (Berceuse pour mon père et ma mère), Germain Gauthier (Un gars comme toi), Yvan Ouellette (Je veux vivre avec toi), Christian St-Roch (Le monde est fou) et, bien sûr, Robidoux : Ce soir je fais l’amour avec toi, Le Bonheur, Tu m’as laissée tomber du 7e ciel…
C’est toutefois André Gagnon qui signera leur première musique, celle de J’ai besoin d’un grand amour, en 1971, comme il signera la toute dernière, écrite spécialement pour la sortie de Entre la terre et le soleil de Plamondon : Ballade pour mes vieux jours. N’oublions pas le très beau Nelligan en 1976.

La compilation

Ces associations, nous les retrouvons donc dans le coffret double Entre la terre et le soleil –Renée Claude chante Luc Plamondon « ; 35 chansons, une bonne partie ayant été travaillées dans le sous-sol de l’arrangeur Bill Gagnon.
Toutes ne sont pas connues du grand public, car on a ressorti des 45-tours ayant peu tourné à la radio, mais qui n’en reproduisent pas moins le talent et la ferveur déployés dans cette dizaine d’années.

Une époque merveilleuse

Au milieu de ses complices d’autrefois, lors du lancement du coffret, Renée Claude se dira ravie : « C’est formidable, je suis contente, avec tout ce monde autour de moi. Nous étions engagés dans la même aventure, nous donnions 100% de nous-mêmes. Nous n’étions jamais tannés de répéter, enfermés dans le sous-sol de Bill Gagnon, alors qu’il faisait 35 degrés dehors, en plein été. C’était merveilleux ! »
Aussi ravis que la célébrée, sa mère Cécile, sa sœur Violette et son frère Richard n’auraient pas manqué cette fête, eux qui l’ont toujours encouragée.
« Il faut savoir, nous dit Renée Claude, que la musique a toujours été présente chez nous, que ce soit des chansons de La Bolduc à l’opéra en passant par Trenet. Je suis née dans la musique. Ma mère chantait, mon père jouait du trombone, d’autres du violon. »
Revenant à la compilation, pouvons-nous espérer un spectacle Plamondon, comme ceux centrés autour de Brassens, Ferré et Clémence ?
« C’est toute une entreprise de monter un spectacle du genre et je n’ai plus la même énergie, confie Renée Claude. Mais je le souhaite de tout cœur ! »

Pierre LUC

 

MICHEL TREMBLAY:
DES HASARDS
QUI PARLENT D’ABONDANCE

L’été dernier, Michel Tremblay a signé des textes, traductions et adaptations dans quatre, cinq théâtres d’été. Une performance dont il ne fallait pas s’étonner, aux dires de l’auteur, puisque la majorité de ces créations soient dataient de deux, trois ans, ou encore s’avéraient des reprises.

N’en reste pas moins que la présence de ce classique de notre littérature théâtrale se faisait bien évidente. Qu’en est-il de la saison automne-hiver-printemps de Tremblay. Voyons avant de recueillir les commentaires du principal intéressé.

À La Bordée, s’étant terminé à la mi-octobre, En pièces détachées aura permis à un jeune metteur en scène, Frédéric Dubois de jongler avec l’univers familial de Tremblay. À signaler que la pièce, mettant en scène neuf comédiens, a reçu l’éloge de la critique et que l’interprète principale, Lorraine Côté, dans le rôle de Thérèse, nous a confirmé une fois de plus son grand talent.

Le 28 février, le TNM présente Hosanna, un coup de poing qui remonte aux années 70, avec un Benoît Brière travesti en Cléopâtre, face à une autre fragilité d’homme et d’homosexuel défendue par Normand D’Amour. Débute le même jour –autre hasard- au Théâtre d’Aujourd’hui, lieu de jeunes créateurs, Encore une fois, autre classique répété avec un complice de toujours Louison Danis.
Un mois plus tard, au Rideau Vert, Bonbons Assortis, des saynètes retraçant la vie familiale québécoise et l’enfance « drôlatique » de Michel Tremblay, marque le retour de sa comédienne fétiche Rita Lafontaine.

Dans un monde de jeunes au Théâtre d’Aujourd’hui, retrouvant ses acteurs préférés, voici les mondes de Michel Tremblay, notre plus prolifique auteur dramatique de toujours.

Maintenant, devant cette méga production annuelle, laissons s’exprimer Michel Tremblay. Et nous citons à bâton rompu :
« Le plus grand cadeau que l’on puisse faire à un auteur de son vivant, est de lui présenter du théâtre et le plus de producteurs possible : parce que c’est absolument magnifique pour l’auteur –le gars ou la fille- qui se sont assis des années auparavant pour mettre au monde des personnages.

Aussi, que d’une ville à l’autre, d’un pays à l’autre, d’une langue à l’autre, tout change sauf ce que nous créons, nous. Et c’est ça le grand cadeau de la vie; parce que les sensibilités de metteurs en scène ou d’acteurs, de costumiers, etc, sont différentes physiquement mais c’est toujours du théâtre. (...) Il y a une grande différence entre les créateurs de la génération antérieure et celle d’aujourd’hui, celle-ci évoquant davantage ses problèmes personnels alors que ceux de la mienne s’attardaient surtout aux problèmes sociaux.

Ceci dit, c’est absolument fascinant de voir évoluer les plus jeunes. (...) Si je travaille presque toujours avec les mêmes comédiens c’est que je suis fidèle. Je le suis aussi en amour et en amitié. De plus, j’ai tendance à reprendre mes personnages d’une pièce à l’autre, donc je suis inspiré de renouer avec celles et ceux qui les ont créés. D’autre part, je me considère très chanceux que ces artistes-là continuent de travailler avec moi. (...) En ce qui a trait aux trois pièces d’hiver ce n’est que par pur hasard si elles vont être jouées en même temps, leur écriture ne relève pas d’une succession de travaux récents. »

Il aura beau s’en défendre, tous ces hasards ne sont pas que le fruit d’un hasard, mais d’une luminosité de créateur à nulle autre pareille.

 

JANETTE BERTRAND:
”JE VEUX VIVRE HEUREUSE”
« Le bonheur c’est simple, tout petit »

Grand jour attendu par de multiples téléspectateurs, jeudi le 16 septembre, le retour de Janette Bertrand dans une émission continue. Intitulée tout simplement Janette cette heure de télévision nous la montrera s’étant faite inviter chez des gens, auxquels elle apporte de petits cadeaux et des petits bonheurs. Elle q ui semble nager dedans parce qu’elle s’est dite un jour : « Je veux vivre heureuse ».

Janette Bertrand s’invite donc chez des personnalités connues et aimées du public, dans l’intimité de leur maison, afin de mieux cerner comment on arrive à être heureux en s’offrant de petits cadeaux quotidiens que l’on somme le bonheur. La voici donc qui précise sa pensée au sujet du bonheur.

Heureuse aujourd’hui

-Janette Bertrand, tout à l’heure, en présentant l’émission à laquelle vous nous conviez, vous avez dit : « Je veux montrer que le bonheur c’est plus simple qu’on pense... »
- Je pense en effet qu’on a de fausses idées sur le bonheur. On pense que c’est la loterie qui nous l’apporte, que c’est quelque chose de l’extérieur, alors que le bonheur c’est une décision de saisir de petits moments heureux dans la vie, les déguster. Je parle de petits bonheurs de rencontres. Je viens de voir Marc Labrèche que j’adore, c’est un bonheur. Je suis contente de le voir, d’être venue ici présenter mon émission...et à la fin de la journée, quand j’additionne tous ces petits bonheurs, je me dis : « J’ai été heureuse aujourd’hui. »
- Des fois il passe et...
- Il faut savoir le saisir. Ne pas penser que c’est comme la manne dans le désert, qu’il va nous tomber dessus à un moment donné : quand on va être plus mince, plus riche, célèbre. Non, le bonheur c’est simple, c’est tout petit.

La vie passe

- Donc, vous allez nous parler beaucoup de bonheur, à Janette.
- On va parler tout le temps de bonheur. C’est pas redondant...La recherche du bonheur, l’être humain ne fait que cela. Avoir un bon job, une bonne femme ou un mari, des enfants. Pourquoi les gens ont des enfants ? Parce qu’ils pensent être heureux avec eux, qu’ils vont leur apporter le bonheur.
- Quand même, Madame, si c’était toujours aussi simple...
- C’est une décision de l’esprit. J’ai décidé, moi un jour, il y a quelques nées, étant donné que ma vie passe, qu’il me reste peu d’années à vivre étant donné mon âge, je me suis dit : « Moi, je veux être heureuse! » Je me suis mise à me dire que je suis chanceuse de ne pas être malade, de ne pas être tellement malade, d’être vivante. Et ma vie s’est éclaircie. J’avais pris ma décision : Moi, je veux vivre heureuse ! »

Les emmerdes et les joies

- N’est-ce pas plus difficile pour certains...?
- Malheureusement, il y a des gens peu doués pour le bonheur.
- Ils ne sont pas chanceux ?
- Même quand on est pas chanceux, dans ta malchance, il existe de petits bonheurs, il y en a toujours- sauf quand tu perds un être cher, t’es pas heureux là.
- Nous vous attendrons donc le 16 septembre.
- C’est ce que j’essaierai d’apporter aux téléspectateurs, le bonheur. Que l’on essaie de voir dans chaque journée , les emmerdements, oui, mais de savoir compter les joies qui nous les font oublier.
Pierre LUC

 

LOUISON DANIS
EN TOUTE SIMPLICITÉ

Le succès la rend rayonnante,
mais ne lui monte pas à la tête

Après plus de 160 personnages au théâtre, Louison Danis a connu la gloire grâce au rôle de Madame Bougon. Le revoilà tout de même sur les planches, en toute sincérité et simplicité et rayonnante. Après un mois de vacances, alors que beaucoup partent en vacances la comédienne se prépare à reprendre le boulot.

Rencontrée à l’occasion du lancement de la programmation 2005 du Théâtre d’Aujourd’hui, Louison Danis resplendissait. C’est ce que nous lui avons fait remarquer.

La langue à terre

-Madame Danis, Louison permettez-nous : vous êtes tout à fait rayonnante !
- Merci beaucoup !
- Votre plaisir sur les planches et le succès de Les Bougon doivent y contribuer...
- C’est sûr. Parce que nous travaillons pour le public : quand il apprécie c’est comme une énergie qui roule. Au lieu de prendre des vitamines, je prends du public ! En recevant des commentaires positifs, ça donne une énergie terrible. Une chance, parce qu’en 25 mois, je n’ai pas pris une semaine de vacances. Alors vous dires que je suis rayonnante mais j’ai la langue à terre.

Simplicité

- Vous avez beaucoup été applaudie au théâtre, par contre à la télévision le rôle de Madame Bougon s’avère votre premier succès « populaire »...
- Disons que je suis bien contente que cela ne me soit pas arrivé à l’âge de 25 ans.
- Pourquoi donc ?
- Parce que maintenant je sais que tout est tellement passager. Il faut prendre cela avec un grain de sel en ne boudant toutefois pas son plaisir. Mais que rien ne nous monte à la tête.

De retour sur les planches

- Vous allez reprendre, en février prochain, le rôle de la mère dans Encore une fois si vous le permettez de Michel Tremblay...
- Des 167 personnages que j’ai incarnés au théâtre c’est mon préféré.
- La raison ?
- La raison ...parce qu’il s’adresse à une grande foule. Notre plus jeune spectateur avait 4 ans, notre plus âgé 98 et moi je voyais les mêmes étoiles dans les yeux à la fin du spectacle.
- Combien de fois l’avez-vous joué ?
- 131 fois et pour une actrice c’est du gâteau parce qu’il s’agit d’une comédie dramatique, ce qui nous permet d’explorer la palette des sentiments comme de l’étendue de nos moyens d’acteur.
- Nous verrons-nous ailleurs sur les planches ?
- Oui. J’ai le grand plaisir de dire que je vais jouer pour Jean Asselin et sa troupe Omnibus à Espace Libre, l’automne prochain.
Au moment où vous lisez ces lignes, Louison Danis achève ses vacances, se préparant à entrer en studio pour le tournage de Les Bougon. Des vacances bien méritées qui ne se sont cependant pas déroulées sans qu’elle apporte avec elle des textes à apprendre.
Pierre LUC

 

BENOÎT BRIÈRE:
“LA VIE EST BONNE POUR MOI”

Choisi pour interpréter le rôle du travesti Hosanna dans la pièce du même nom, au TNM, Benoît Brière n’aura de cesse de se dire honoré de remplir un tel engagement. L’homme de théâtre et des fameuses publicités de Bell semble voguer sur un nuage : « La vie est bonne pour moi », s’exclame-t-il en fin d’interview.

Traçons un bref portrait du décor de cette pièce de Michel Tremblay, Hosanna, que mettra en scène Serge Denoncourt. Dans ce remake de 1970, sont confrontés deux personnages (Normand D’Amour et Benoît Brière) sur fond de haine comme d’amour.
Brière incarne un travesti vieillissant obnubilé par son idole Elizabeth Taylor en Cléopâtre.

Pas une comédie

S’adressant à l’auditoire lors du lancement de la prochaine saison du Théâtre du Nouveau Monde, Benoît Brière prévient donc que si nous sommes habitués de le voir habillé en femme, cette fois-ci, on ne va pas se rouler de rire : « Ce n’est pas une comédie mais bien une tragédie ! »
Il dira aussi que recevant l’appel du TNM, il aurait pu s’attendre à ce qu’on lui offre un Molière ou quelque chose de léger, il fut très surpris qu’on lui présente cette tragédie : « Ca me touche profondément. »

Honoré et excité

Légèrement à l’écart de la cohue, des cameramen et reporters, sur la scène du TNM, Benoît Brière répond à nos quelques questions.
Pierre Luc.- Tantôt, Benoît Brière, vous avez aussi déclaré : « C’est un rôle qui me jette par terre »...
Benoît Brière.- Absolument. D’abord, sachons que j’ai une prédilection pour le classique, les comédiens en l’occurrence. On m’en offre souvent et chaque fois, je suis fort aise et honoré. Eh bien quand on m’a proposé Hosanna, j’ai eu exactement le même feeling. Et l’impression qu’on m’offrait un des plus grands classiques : cette fois-ci de la dramaturgie québécoise. Et je le porte sur le même piédestal que les plus grandes œuvres.
- Pensons donc que cela vous porte aux nues plutôt que par terre...
- Il s’agit véritablement d’un honneur et en même temps ça m’excite excessivement. Et ça me rend extrêmement nerveux.

Son premier Tremblay

- La première fois que vous jouez du Tremblay, avez-vous signalé...
- Oui, sauf à l’École nationale du théâtre, il y a de cela bien longtemps. Et ce que j’ai su à travers les planches, il paraît que Michel faisait partie du choix de la distribution, ou tout au moins on l’aurait consulté. Si tel est véritablement le cas, ça me remplit de bonheur ! J’avoue que c’est d’autant plus excitant et honorable pour moi de relever le défi.

Une vocation

- Cela apparaît comme une nécessité pour vous de monter sur les planches, alors que vous avez beaucoup d’autres choix...
- J’ai cette chance-là et surtout le grand privilège de pouvoir rester au théâtre, mon véritable métier. Il y a quelque chose dans l’art d’être acteur qui tient de l’ordre du conteur face à un public. C’est une espèce de saut dans le vide sans filet, qui n’existe pas vraiment au cinéma ou à la télévision et j’ai besoin de ce vertige-là.

Nouvelles pubs

- Un mot de vos publicités pour Bell, d’autres s’en viennent ?
- Ça sort comme en bourrasque. Une autre arrive très bientôt, nous avons plusieurs projets pour la rentrée scolaire et même pour Noël, déjà.
- Pas le temps de vous ennuyer...
- Ça va très bien, touchons du bois. La vie est bonne pour moi! »
Pierre LUC

 

 

 

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