Archives de février

 

FÉVRIER 2004

 

Dimanche, 1er février

AU MONUMENT NATIONAL

Soirée des Masques, de beaux vainqueurs et de l’émotion lors de l’hommage à André Brassard. Fallait être heureux du Masque de la mise en scène à Gil Champagne (Le roi se meurt de Ionesco, Théâtre de La Bordée, à Québec), comme aussi pour cette autre artiste de la Vieille Capitale, Lorraine Côté, Masque de l’ »Interprétation féminine » (Marie Tudor, au Trident…dans une mise en scène de Champagne.

Lundi, 2 février

LES BÉBÉS DE MÉLANIE

Un potin savoureux… Hier soir, dans la salle de presse aménagée au Monument National, je demandais à Mélanie St-Laurent, l’une des récipiendaires du Masque Production Régions (Le Petit Théâtre du Nord, pièce « L’Espace entre nous »de Nico Gagnon et Julie Deslauriers, dans une mise en scène de Marc Dumesnil), je lui demande si elle s’occupe à autre chose qu’à cette troupe estivale: « Je m’occupe de mes enfants et j’accouche bientôt, ce sera mon troisième ».- « Mais où trouvez-vous le temps ? » - Dans le plaisir ! » que répond candidement Mélanie. Savoureux.



Mercredi 4 février

GIL CHAMPAGNE A LA FOI

Masque pour sa mise en scène de Le roi se meurt de Ionesco, au Théâtre de La Bordée, Gil Champagne considère qu’un acteur de théâtre a tout autant de chances de s’épanouir dans la région de Québec, qu’à Montréal.
Ce natif de la Beauce, ayant fait ses études en théâtre et arts visuels dans la Vieille Capitale, fut d’abord comédien, remportant quelques prix dans sa région,
Figure centrale du Théâtre Blanc, de 1987 à 2003, Gil Champagne aura signé deux mises en scène à La Bordée cette saison. Et désormais il occupe le poste de directeur artistique du Trident. On peut dire q u’il n’a certes pas manqué de boulot au cours des récentes années.
Mais en parallèle à cette activité sur les scènes de Québec, Gil Champagne estime que les frontières sont d’ores et déjà élargies :
« Nos comédiens ont l’occasion de se faire valoir à l’échelle du pays, à cause des échanges qui se font plus nombreux : que ce soit avec le TNM, chez Duceppe ou Espace Go. Il y a aussi le jeune public qui est important dans les échanges Québec/Montréal.
- Dans cette optique, vous avez dit, Gil Champagne qu’il est aussi facile comme un comédien de travailler à Québec que dans la Métropole…
- C’est ce que je considère, en effet. Peut-être que les plus jeunes n’ont pas encore cette idée-là, mais je crois en eux. Ils commencent à avoir plein de projets et dont les mérites seront reconnus. Je vous donne pour exemple Véronique Côté, Masque de la révélation pour une pièce (Une année sans été) montée par sa propre troupe –Théâtre (mo). Je suis absolument ébloui et enthousiasmé pour cette fille-là.


Jeudi 5 février

LORRAINE CÔTÉ À PLEINE VAPEUR

Lorraine Côté était contente pas à près, lorsqu’elle est allée chercher son Masque, récompense de la meilleure interprétation (Marie Tudor, au Trident…sous la direction de Gil Champagne). C’est la récompense d’un cheminement plus que bien rempli pour cette femme de théâtre, véritable machine à produire.
Pour vous donner une idée de l’immensité du boulot de Lorraine Côté, voici une partie de ses activités durant la saison 2003-2004 :
- comédienne dans Ha ha, au Trident
- comédienne dans Une bonne âme de se Tchouan, au Trident
- comédienne dans L’Enfant problème, à La Bordée
- comédienne dans La Bible, à La Bordée
- metteure en scène de Iphigénie ou le péché des dieux, au Périscope et à Denise-Pelletier.

Interview brève

- Dites donc, Madame, vous travaillez très fort…
- Je n’arrête pas ! Je vais 5-6 shows par année.
- Votre collègue, le metteur en scène Gil Champagne disait qu’on peut parfois mieux exercer son métier à Québec qu’à Montréal…
- Évidemment. Comme moi je préfère le théâtre, et que de toute façon il y a très peu de productions de télévision à Québec, alors je me lance. Je fais aussi partie de deux compagnies, Niveau Parking et Sousmarin jaune. Comme vous voyez, je suis comblée…avec des horaires très, très chargés.
- Et vous avez dit, vous, qu’il faut beaucoup de temps pour former une comédienne.
- Il faut du temps, des gens que nous rencontrons, dans notre vie comme dans notre carrière, des personnes qui inspirent, enseignent. Oui, c’est long, ça demande beaucoup d’acharnement aussi. Toujours dans le plaisir, évidemment.
- Et vous enseignez en plus…
- J’enseigne au Conservatoire d’art dramatique de Québec. J’adore ça ! S’est vraiment fantastique, ça donne une énergie fabuleuse.
Et puis Lorraine Côté est repartie avec grâce, avec le sourire. Vers d’autres pièces à jouer, à monter, vers d’autres jeunes qui, à leur tour, iront quérir un Masque.


Vendredi, 6 février

L’INVENTEUR DE LA POUTINE ?

Était-ce lui l’inventeur de la poutine…? Fernand Lachance, ancien restaurateur de Warwick est décédé, ce jour, à l’âge de 86 ans. La majorité des gens dans les Bois-Francs le considèrent comme étant bel et bien son concepteur. Il aurait servi sa première poutine en 1957, à son restaurant, le Idéal. Il s’agissait d’un plat de fromage en grain, surmonté de frites. Chaudes, celles-ci faisaient fondre le fromage. « Ça va faire toute une poutine », aurait-il dit à un certain Eddy Lainesse qui lui avait demandé ce plat. Mais d’où monsieur Lainesse tenait-il cette recette…? Quand à la sauce, elle se mangeait à part. Donc, frites sur fromage et sauce à part, voilà, dans la croyance de plusieurs, la vraie poutine.


Samedi 7 février

VOUS L’AVIEZ LU
DANS ALLÔ VEDETTES…

Quand j’ai annoncé à ma copine Berthe que j’allais réaliser une courte entrevue avec Marina Orsini, à l’occasion du lancement du troisième volet de Cauchemar d’amour, elle m’a dit que c’est sa comédienne préférée. Le lendemain, avec plaisir, je lui ai révélé que sa « comédienne préférée » est aussi une personne agréable, affable et généreuse en interview. Tout le monde est content, donc…Bon anniversaire à l’ami Claude Saindon, du restaurant SainMartin, le 21 du mois… Si vous projetez un voyage aux Îles de la Madeleine et tenez à avoir belle parlure des Îles, il vous faut l’ouvrage Le Sel des Mots de Sébastien Cyr. Il vous fait découvrir les plus savoureux, tout en vous aidant à découvrir un langage qui a conservé sa pureté. Sébastien est à l’emploi du bureau touristique de ce merveilleux coin de pays…

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Louison Danis, Madame Bougon : « Je suis chanceuse, en 35 ans je n’ai jamais manqué de travail. Ai souvent manqué d’argent parce que les choses que je choisis sont souvent nouvelles. Il faut que je sente intérieurement que je suis menée, guidée par quelque chose que je trouve important. J’ai refusé beaucoup de rôles à la télé, qui m’auraient payé davantage. Aussi parce que je trouvais insignifiant de cacher ma mauvaise peau, de me déguiser et de déclamer des propos insignifiants. » Espérons que le rôle de Madame Bougon rapporte de beaux sous à Louison Danis car elle aura bien mérité chacun d’eux.

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Une autre qui se déclare chanceuse d’obtenir de beaux rôles, Évelyne Rompré, Masque 2004 de l’interprétation féminine : « Je suis plutôt gâtée, c’est mon année. Elle se prépare pour jouer dans Le peintre des madones, de Michel-Marc Bouchard (Les Feluettes) à Espace Go, en avril. Sous la direction de Serge Denoncourt, celui-là qui avait réalisé Les Feluettes, pièce présentée dans la même salle. Convergence… André Brassard, auquel on a rendu hommage pour son œuvre de metteur en scène : « Je ne pense pas que j’étais audacieux. Mais je n’ai jamais été capable d’obéir et j’ai eu du plaisir dans ce travail. Puis j’ai rencontré des gens fantastiques qui ont enrichi ma vie. »…

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Véronique Côté, Masque de la Révélation pour sa première mise en scène (Une année sans été de Catherine Anne, d’après la vie et l’œuvre de Rainer Maria Rilke : « Quand ça fait longtemps que je n’ai pas joué, j’ai envie de jouer; quand ça fait longtemps que je n’ai pas fait de mise en scène, je m’ennuie de faire de la mise en scène. » Il faut préciser que l’artiste de Québec a d’abord reçu une éducation de comédienne, au Conservatoire d’Art Dramatique. Il faut également faire remarquer aux lecteurs montréalais que dans la Vieille Capitale, il n’est pas très rare de voir une comédienne se doubler d’une directrice. Et c’est ainsi que la dramaturgie fait vivre ses artistes aussi bien à l’autre bout de la 20 qu’à l’ouest. Ajoutons à cela que Véronique Côté dirige sa propre compagnie, le Théâtre (mo). Comme comédienne, nous l’avions vu à Montréal (Fred-Barry) dans Le Seuil du palais du roi, pièce présentée aussi à Le Petit Champlain. Et puis elle a joué à l’Île-aux-Coudres, l’été dernier. Et il n’y a qu’une année et demie que Véronique a terminé les études…


Dimanche 8 février

MARINA ET CAUCHEMAR D’AMOUR

Mère de famille depuis moins de deux ans, Marina Orsini refait un peu les mêmes gestes à la télévision dans Cauchemar d’amour, série télévisée qui vient de s’engager pour une troisième saison; sauf que le couple d’Anne et de Bernard s’en trouve ébranlé…

Est-ce que cela ressemble à la vraie vie, l’argent peut-il aider au bonheur et qu’elle est cette recette du bonheur, autant de questions auxquelles Marina Orsini, la femme, apporte son opinion.

Cauchemar d’amour, Marina Orsini est là pour nous le rappeler adresse des situations et des problèmes de la vie courante. Premier volet : la recherche de l’âme sœur; deuxième série, comment composer avec les hauts et les bas de la vie à deux; cette saison, le couple veut créer une famille. Comme dans la réalité, ce ne sera pas toujours facile…

Difficultés du couple
-Dans un premier temps, la télévision nous montre souvent, et nous pensons aussi à 3 X rien, l’homme à de la difficulté à composer avec la naissance d’un enfant, est-ce en concordance avec la réalité, d’après vous ?
- Je pense que cela a toujours été, depuis que le monde est monde, qu’on a tous de la difficulté quelque part, dans le sens que nous apprenons à être parents, à être une famille.
- Bien qu’ici, Anne développe des complexes, se montre avec une mauvaise humeur…
- Très souvent on se dit que cela va de soi que l’homme ait de la difficulté à apprivoiser cette situation, par contre l’instinct maternel ne vient pas naturellement à toutes les femmes. Ça se passe à différents degrés pour chaque femme. On ne peut pas généraliser ni dans un sens, ni dans l’autre.

L’argent, ça aide ?
- Dans Cauchemar d’amour, votre mari (joué par Pierre Brassard) est médecin, le couple a de l’argent, n’est-ce pas d’une aide précieuse ?
- Nous avons la preuve que l’argent ne fait pas toujours le bonheur. Ce n’est pas parce qu’on en a qu’on est riche de cœur, que nous avons une capacité émotive. C’est sûr que ça aide, personnellement je mentirais de prétendre le contraire, quoique les relations humaines, ça ne se monnaye pas.
- Or, c’est quoi, la recette du bonheur pour un couple qui vient d’avoir un enfant ?
- Il n’y a pas une recette générale. Chacun trouve sa recette du bonheur. D’abord et avant tout, il faut vouloir être heureux. Sûr que des épreuves doivent être surmontées, et mets-en qu’il en existe; cependant si on a choisi d’être en couple c’est pour trouver le bonheur. Si on pense qu’il n’y a pas de travail à faire en ce sens-là, on reste chez soi et on passe sa vie à recommencer…

Tout un printemps avec son garçon
- Au plan personnel, est-ce que la naissance de son fils a changé des choses dans sa carrière, l’a incitée à demeurer davantage chez elle ?
- Oui et non, ça vient par vague. Cette année, de la façon dont ça se présente, je ne travaillerai pas avant l’été. Ce qui me convient tout à fait. Cela me permet d’être avec mon enfant qui n’a pas encore 17 mois. D’autre part, j’habite la campagne, le printemps s’en vient, j’ai hâte de planter mes fleurs de gratter mon potager. J’en ai besoin. L’été dernier, j’étais en tournage, je travaillais 70-80 heures semaine, j’étais heureuse parce qu’il s’agissait de beaux projets. Mais là, je vais savourer mon printemps et le début de l’été. Je me considère très privilégiée.
Marina Orsini a aussi dévoilé, dans le cadre de cette rencontre de presse avec artistes et artisans de Cauchemar d’amour, qu’elle tenait à avoir un enfant, que ce fils elle veut le voir grandir, l’élever. Tout en ajoutant qu’il faut de l’organisation que les deux travaillent dans le couple. Elle a aussi déclaré qu’elle aimerait enfanter encore au moins une fois, et qu’elle préférerait ne pas trop tarder… »parce que je n’ai plus 25 ans ».


Lundi 9 février

MANQUE DE SAVOIR-VIVRE

Conviés à une rencontre de presse avec artistes et artisans, sur un lieu de tournage de la série Temps dur , nous étions en train de vivre une scène drôlement plate : Julie McLemens acceptait d’être photographiée, mais refusait de répondre aux questions des journalistes. Puis, nous nous sommes aperçus qu’elle s’était réfugiée dans une bureau pour recevoir la calvaccade de Radio-Canada. Tiens, tiens…Situation inconfortable, pour ne pas dire déplaisante. C’est ensuite que l’affaire a dégénéré : se présentant pour la séance/photo, la « petite madame », nous a alors tourné le dos pour s’entretenir avec un reporter…du site internet de la télévision d’état canadienne, toujours. S’obstinant à ne pas nous adresser la parole. Vous dire, en près de quelque cinquante années de métier, j’avais très rarement assisté à une telle maladresse, pour ne pas employer l’expression impolitesse- et je demeure poli !
Est-ce que Marie Tifo, qui nous accordait gracieusement entrevue, est douée d’un tel talent inférieur, s’avère une personne de moins bonne qualité ? Et Marina Orsini, et Gérard Poirier, Michel Tremblay, Yves Desgagnés et Lorraine Côté, Rémy Girard, Louison Danis, tous des tarés, ceux-là avec lesquels nous venions de faire un brin de jasette…?
Comme quoi talent et savoir-vivre ne vont pas toujours de pair.


Mardi 10 février

WESTMOUNT À SAINT-BRUNO

Rendez-vous chez l’entomologiste Georges Brassard dans le parc montagneux de Saint-Bruno. Vous devriez y voir les « cabanes » : Westmount à la campagne. Mais n’y perdez pas votre chemin en hiver, car ça glisse et ça dérape dans ces petits chemins tortueux tout en côtes et descentes. C’est pour l’avènement du film Le Papillon Bleu, qui raconte l’histoire miraculeuse d’un jeune garçon qui survivra à un cancer que l’on disait « terminal ». Vous connaissez l’histoire, je vous livrerai quelques extraits d’interviews dans les jours qui viennent. Un mot, ou plutôt deux, au sujet de Pascale Bussières, que je voyais pour la première fois : douceur et élégance. Ça nous change de la veille…


Mercredi 11 février 04

SOIRÉE MAGIQUE

André Lemelin nous écrit:
« Un petit mot pour vous dire que nous avons assisté hier soir à une soirée de conte unique et magique aux Mardis-Gras.
Ces trois nouveaux visages ont tout simplement « cassé la baraque ».
Éric Chalifoux nous a donné des récits de vie typiques de l’époque des vieux, dans ce temps où la parole clouait le bec à la télévision.
Hélène Perron nous a transmis des contes initiatiques de son cru qui ont imposé une écoute quasi-religieuse.
Jean-David Morneau nous a expliqué l’origine scandinave d’un hydromel magique qui serait à l’origine de la verve des conteurs (mais ça, comme on dit, c’est une histoire !)é
Alors faisons mentir le proverbe qui veut que « les absents aient toujours tord »; ceux qui ne pouvaient assister aux Mardis-Gras hier soir pourront se reprendre en écoutant L’Heure du conte à CIBL (101, 5 FM) samedi prochain le 14 février à 13 h 30. »
Ajoutons que chaque semaine, de 13h30 à 14h00, Yves Robitaille y reçoit un conteur en entrevue. Puis, de 14h00 à 15h00, une heure de conte, bien souvent des moments de Les Mardis-Gras du bar L’Intrus.


Jeudi 12 février

ANNIE DUFRESNE :
« ÇA N’ARRÊTE PAS ! »

Annie Dufresne travaille beaucoup, ces temps-ci : « Ca n’arrête pas », confirme cette artiste que nous pourrions qualifier de multidisciplinaire.
Elle joue la comédie, elle chante, écrit et compose ses chansons; et puis elle s’amuse tout en faisant cela sérieusement.

Valérie, la fausse française («À cause de son accent, on pense qu’elle est française mais elle vient de Shawinigan ») sera plus présente que les autres saisons dans Cauchemar d’amour. La brune ne s’en plaint pas : « C’est un beau personnage de composition pour moi. »

Ciné et chanson

Autre personnage de composition, au cinéma celui-ci, Annie Dufresne sera la secrétaire « officielle » d’Elvis Gratton, dans le volet numéro 3 de la série loufoque, « La revanche d’Elvis Wong ».
Côté chanson, Annie est à l’écriture de son troisième album, faisant suite à Contact et à Rock’n’Roll. Lorsque nous disons remarquer que, en moins de trois ans, la roue s’est mise à tourner rapidement pour elle dans ce champ d’action, la chanteuse remet un peu le pendule à l’heure :
« En fait, il y a longtemps que j’écris et que je chante. J’attendais le bon entourage pour réaliser mes projets. Et maintenant, c’est le fun. Dans la rue, des filles me disent : « T’es ma chanteuse préférée ! »
On me reconnaît donc de plus en plus comme une chanteuse. Ça me récompense, parce que j’y travaille fort. »
D’autre part, Annie Dufresne participe à Fun Noir une fois par semaine.
Ça n’arrête pas…


Vendredi 13 février

UN BEAU VENDREDI 13

Chaque soir de représentation de la pièce L’Asile de la pureté, le Théâtre du Nouveau Monde invite une soixantaine de spectateurs à prendre place sur des chaises installées sur des échafauds, à environ trois mètres du sol, côté cour et côté jardin ainsi que derrière la scène. Si la chose vous est possible, bon peuple, vite à vos appareils téléphoniques pour réserver un tel « siège ».
Vous aurez vue impénétrable sur une production à la dimension de la vision de Lorraine Pintal (metteure en scène), sur une chorégraphie qui vous balance entre la démence et la légèreté de l’être. Vous assisterez à la démonstration d’un grand comédien en la personne de Marc Béland. Dans cet espace similaire à celui du cirque, vous serez à la fois décor et témoin rapproché. En plus de recevoir de temps à autre la visite du chœur (composé des membres de la troupe des Abonnés du TNM). Je ne sais pas, si ayant pris place dans la salle, j’aurais pu jouir autant du spectacle. Certes, dans les yeux de l’acteur exalté et halluciné, je n’aurais pu y lire de façon aussi saisissante cette folie translucide et pure qu’il parvient à exprimer. D’une autre façon, comme vous tous, merci à Walter Boudreau pour sa musique, merci encore une fois à Lorraine Pintal. Et comment ne pas demeurer envoûtés pendant des jours à venir par la chorégraphie d’Estelle Clareton, qui, particulièrement dans son personnage de Édith Luel, en réplique à Béland, nous offre un moment privilégié. Tragédie de l’amour et de la mort, cette pièce poétique et revendicatrice de Claude Gauvreau est défendue par comédiens amateurs comme professionnels avec une précision d’horlogerie. Ce qui me fait penser : n’arrivez pas en retard, les acteurs ne le sont point, bravo !


Samedi 14 février

PASCALE BUSSIÈRES ET LE PAPILLON BLEU

« En fait, ce film, cette histoire réelle, représente la force de l’humanité dans l’adversité » nous dit d’entrée Pascale Bussières.
« Comme mère, dans le film, je ne peux faire autrement que de suivre mon fils dans ce rêve qui l’habite. Et en poursuivant ce rêve, il y a tout à coup un volte-face qui s’exerce, de nature un peu fantastique mais auquel on peut absolument croire comme être humain, croire que l’on a un certain pouvoir de transformer les choses, sa destinée. »
-Peut-on parler de miracle ?
- C’est-à-dire, oui, on peut appeler ça un miracle; mais moi je ne crois pas aux miracles, je crois à la force de la vie! Je crois qu’on peut ouvrir certaines portes quand transportés par la passion.
- Chose certaine, ce film, basé sur une réalité, transporte un message d’espoir…
- Dans nos sociétés d’aujourd’hui, on a tendance à être plutôt cyniques vis-à-vis de ça; septiques face à une forme de croyance, si on veut surnaturelle. »


Dimanche 15 février

GEORGES BR0SSARD ET LE PAPILLON BLEU

Devant une dizaine de reporters, micros tendus, Georges Brossard, gesticule et entame un long monologue, parfois amusant, parfois très touchant. Voici, sans fil conducteur, quelques-uns de ses propos.
« Cette aventure m’a rendu un peu plus humain. Dans le sens qu’il y a des pouvoirs qui sont en nous que nous ne connaissons pas : nous n’utilisons à peu près que 10% de nos talents…
« (…) La condition plate de la fondation Rêves d’Enfants, c’est qu’il faut que tu meures, que tu sois atteint d’une maladie terminale, c’est ça qui m’écoeurait…
« (…) Quand je suis arrivé au Mexique (le pays où a eu lieu la véritable chasse au Papillon Bleu), une médecin canadienne me disait qu’il n’y avait rien à faire, que jamais ils reviennent les malades pour lui, ça m’enrageait ! Et quand je me couchais, le soir, je me disais : « Pas mon David, pas mon David ». Je l’aimais cet enfant-là , aussi parce qu’il avait l’âge des miens.
« (…) Comment cela a débuté ? Le lendemain de l’ouverture d’une grosse exposition au Jardin Botanique, cet enfant, blanc comme un drap dans une chaise roulante, arrive à moi, tire sur mon pantalon et me dit : « M o n s i e u r B r a s s a r d, a m è n e- m o i a t t r a p e r le P a p i l l o n B l e u … » Je l’ai tiré de la chaise, l’ai pris dans mes bras et lui ai répondu : « Certain, mon homme je vais t’amener attraper ton papillon bleu. Pis avec moi, t’es certain de l’avoir parce que t’as choisi le meilleur. Nous sommes partis dans cet esprit-là.
« (…) Là-bas, dans les conditions du terrain, David ne marchait pas, on traînait la chaise roulante; un jour, je l’ai crissée en bas d’une falaise et puis il s’est mis à marcher. Ils n’ont pas mis tout ça dans le film…


Lundi 16 février

DAVID MARENGER :
« FAUT JAMAIS LÂCHER ! »

L’aventure au Mexique de David Merenger, « l’enfant miracle » du film Le Papillon Bleu, s’est déroulée il y a quatorze ans, il en a maintenant 22. On lui a enlevé une tumeur au cerveau et mène une vie sensiblement normale. S’il croit relativement au miracle, il croit davantage en l’espoir, le courage.
« -David, dis-nous, est-ce un miracle, cette condition nouvelle ?
- C’est dur à expliquer…Comme tu dis, c’est peut-être un miracle, ça peut être beaucoup de choses » J’étais pas dû pour partir…
- Est-ce que tu pensais que tu allais mourir ?
- Non.
- Non ?
- Je n’ai jamais pensé à ça. Pas cinq minutes, pas même 5 secondes.
- Cette chasse au Papillon Bleu fut-elle déterminante dans ta guérison…?
- Ça m’a aidé beaucoup, c’est miraculeux…
- Les conditions ne devaient pas faciles pour toi dans cette région…
- En effet. J’étais en chaise roulante, mais je pouvais marcher sur de courtes distances. Jusqu’à la fin du voyage, j’ai réappris à marcher.
- Qu’est-ce qu’on dit à ceux et celles malades comme tu l’étais ?
- Faut avoir du courage, ne pas désespérer, ne jamais lâcher. »


Mardi, 17 février

LÉA POOL :
AVOIR LE COURAGE DE SES RÊVES

Nous avions une seule question pour la réalisatrice du film Le Papillon Bleu, Léa Pool, la rencontre valait davantage. Malheureusement, ce fut trop court.
- Madame, comment l’avez-vous ressenti ce film ?
- Tout au long, j’avais en tête une phrase de l’un de mes personnages dans Anne Trister : Je voudrais avoir le courage de mes rêves.
Donc, au départ, quand on m’a présenté le projet, ça m’avait frappé de voir ce petit garçon qui a eu le courage de son rêve d’attraper le Papillon Bleu. Il y a avait aussi Georges Brossard qui est un passionné, qui a mené la vie qu’il voulait, qui se consacre entièrement à ce qu’il fait. J’ai été portée par ces deux être, ainsi que par Francine Allaire (productrice) qui a mis 7 ans à monter le financement du film, qui s’est battue contre marées et vents. Je n’avais pas d’autre choix que d’accepter… »

Pendant le film et après…

Léa Pool poursuit :
»On début, nous marchions sur des œufs, on voyait tous les problèmes, c’était gros, compliqué, on se demandait si nous irions jusqu’au bout. Mais il y a eu une force collective, comme si nous avions envie de poursuivre le rêve du petit David.
« Mon sentiment, maintenant, c’est que je suis fière d’avoir réalisé ce film. Et que j’aimais avoir comme un flambeau qu’on se transmettrait : de David à Georges, à Francine et de moi au public. Pour que chacun puisse retourner chez lui avec un rêve et qu’il le rendrait jusqu’au bout. Comme si le papillon continuait d’exister dans la tête de tous.


Mercredi 18 février

À PROPOS DE TEMPS DUR

S’est terminé la semaine dernière, dans les anciens bâtiments militaires de St-Hubert, le tournage de Temps Dur, une télésérie qui sera montrée à l’écran de Radio-Canada, la saison prochaine. Écrite par le comédien et dramaturge Jean Marc Dalpé, d’après une idée originale de France Paradis et d’un ancien détenu, Michel Charbonneau, cette dramatique nous plongera dans l’univers carcéral à travers l’histoire d’un détenu, interprété par Robin Aubert. C’est également l’histoire d’une enquête criminelle menée par David Boutin, dans la peau d’un sergent-détective.

Louis Choquette, à qui nous devons notamment Les Aventures tumultueuses de Jack Carter, signe la réalisation, alors qu’une distribution assez imposante gravite autour des personnages principaux. Mentionnons Marie Tifo, Guy Thauvette, Dalpé lui-même et Julie McClemens, présents lors de la présence de notre photographe Gilles Deusch. Nous y verrons aussi Patrice Robitaille, Germain Houde, Marie-Thérèse Fortin, Évelyne Rompré, Vincent Bilodeau, Dominique Leduc et Daniel Gadouas, pour ne mentionner que ceux-ci.

Les deux trames

Ces anciens bâtiments de l’armée, transformés en pénitencier -Le Pen, ou Centre correctionnel Chemin St-Michel, nous montre la douleur morale, la dépression et la souffrance, pour reprendre les termes du détenu et co-idéateur de la série, Michel Charbonneau. De là, d’ailleurs, vient le titre de Temps Dur.
La trame centrale consiste en l’odyssée de ce criminel de carrière qui s’est forgé une identité en adhérant au mode de vie et à la loi du milieu. Époux et père, il veut rentrer chez lui et retrouver les siens. C’est le personnage joué par Robin Aubert (Gémeaux 1996 pour Léo dans Radio-Enfer)
D’autre part, la série relate les péripéties d’une enquête criminelle menée par un détective (David Boutin) qui doit résoudre l’énigme d’un attentat dont on découvrira les répercussions sur la vie de tous les personnages, autant au pénitencier qu’à l’extérieur des murs.

Bien conseillés

Le scénariste Michel Dalpé nous explique qu’il y a eu beaucoup de complicité entre lui, chargé de produire les textes, et le détenu Charbonneau : « À chaque étape de l’écriture, je lui apportais les idées, nous en discutions, il me disait ce qui correspondait à la réalité ou pas. Et pour la trame policière, j’ai travaillé très étroitement avec un ex-sergent détective de la police de Montréal, Normand Roy.
Dalpé mentionne également les apports techniques de consultants par rapport aux comportements des prisonniers, à leurs réactions psychologiques.

Les comédiens

Marie Tifo, dans le rôle de secrétaire du détective, parle d’un personnage assez masculin comme elle a côtoyé des hommes toute sa vie, et de l’autre côté montre un caractère très sensible lorsque au téléphone avec sa petite fille. Au plan métier, elle mentionnera la difficulté de jouer cette froideur : « La froideur de ces gens-là qui sont habitués à travailler sur des cas, en présence de la mort constamment. C’est une des premières fois que j’aborde un rôle où il n’y a pas de séduction, pas d’émotion, juste des faits et de l’objectivité. »
Guy Thauvette a un commentaire assez amusant :
« J’incarne un policier un peu rocker, comme sont paraît-il les enquêteurs de stupéfiants. Ils ne travaillent pas toujours dans des circonstances confortables. »
Ce qui aura impressionné David Boutin (jeune détectives aux Homicides), c’est l’acharnement qui les anime. « Ce sont des obsédés, des passionnés de leur travail, des gens qui ne veulent jamais lâcher. Qui même à la maison continue à penser, à chercher.
Comme les comédiens, avons-nous fait valoir.
« Ah! peut-être, peut-être. Mais ce ne sont pas les mêmes préoccupations », a répondu Boutin. « Les conséquences ne sont pas les mêmes. »

Temps Dur est produit par Cirrus Communications qui nous a donné Hommes en quarantaine, La Loi du cochon, Tabou, Asbestos, Jack Carter.


Jeudi 19 février

EN VISITE À MONTRÉAL…

Tous les samedis, le Centre de la Montagne organise des randonnées en soirée sur le Mont Royal tous les samedis. Boisson chaude et clin d’œil historique sont au menu. Ces randonnées se déclinent de deux manières : Ski de fond sous les étoiles et Raquette à la lueur de la ville. Il faut réserver : 514.843.8240 poste 0. Renseignements puisés dans le journal Le Plateau, article de Jessy Lapointe.

Tanagra, le petit peuple d’argile, exposition présentée jusqu’en mai au Musée des Beaux Arts de Montréal, est une invitation à découvrir de célèbres figurines en terre cuite, naïves et sophistiquées produites dans la Grèce Antique.

Plaintes pour indécence, interruption de leur spectacle par l’escouade de la moralité de Montréal, comparution devant le Tribunal (parce que les seins bougeaient, ha ha!), suivie d’une absence de 40 ans de la scène montréalaise, les Ballets Africains reviennent nous visiter. Pour un soir seulement, le 14 mars, au théâtre Maisonneuve de la PDA.

Jusqu’à la mi-avril, le Musée d’Art Contemporain offre deux expositions : Dominique Blain, sculpture et photographie; Kamila Wozniakoswka : peintures amusantes et détestabilisantes. L’une est originaire de Montréal, l’autre y habite depuis vingt ans.

Dans le cadre de Nuit blanche, du 28 au 29 février, le Vieux Port a planifié une nuit tout en douceur avec spectacle pyro-musical, pirouettes et coups de patin. Chausser les patins à 2 heures du matin, une expérience que beaucoup voudront vivre !


Vendredi 20 février

MARIKA, LA SURDOUÉ

Sensibilité et dextérité, déjà une grande pianiste à seulement 13 ans, Marika Bournaki jouait pour nous, hier, au Studio-Théâtre de la Place des Arts. C’était dans le cadre de les Mélodînes, ces petits concerts du jeudi midi, où les gens apportent leur lunch en écoutant de la musique.
Broche aux dents, « baby fat », faisant sa petite madame en talons hauts, pas encore de l’éloquence à se présenter, vous ne direz jamais que…Cette enfant, cette virtuose montréalaise, est reconnue mondialement pour son grand talent. Si elle manque encore d’assurance dans ses présentations, dès qu’elle s’installe au piano, nous découvrons une artiste en pleine possession de ses moyens. Cette surdouée pratique son art de trois à cinq heures par jour, et, le samedi se rend étudier à la prestigieuse Julliard School of Music de New York. Quarante minutes trop vite passées. La semaine prochaine, le 28, la basse Joseph Rouleau et la pianiste Louise-Andrée Baril.

La conteuse suisse Lorette Anderssen écrit du Sud de la France : « Les amandiers sont en fleurs et les mimosas itou… »

Et le caméraman André Gariépy, de Dakar : « Je m’amuse comme un fou, j’entends que vous avez un dur hiver; ici, ils annoncent de la pluie…pour le 28 juin ! »

Le mardi au resto Dante du boulevard St-Laurent, à Montréal, Pascal Coulombe, chanteuse. Nous irons bientôt.


Samedi 21 février

BIENVENUE CHEZ N’DIOUGA

Longtemps que je voulais passer dans l’coin, plus précisément au 66 ouest, St-Viateur, à Montréal, où crèche le resto Keur Fatou du conteur sénégalais N’Diouga Saar. Comme deux fois valent mieux qu’une, les avis de Louise Rioux, dite Madame Lou, et de la photographe Françoise Lemoyne correspondent : excellente cuisine. Plats de poisson, viandes rouges, poulet mariné, des sauces au combo ou au beurre d’arachide, aubergines et veau, couscous, bon repas et bonne ambiance dans la « maison de la femme » : Keur (maison) Fatou (nom de femme) wolaf. Qu’on m’explique. Quand il en a le temps et surtout quand on le lui demande –c’est-à-dire souvent, N’Diouga s’assoit et raconte. Il dit des contes de son pays. On y entend aussi de la musique africaine au Keur Fatou, des expositions se marient avec l’art de la parole. Tiens, voici une photo de bibi en compagnie du sympathique N’Diouga.

Branle-bas de combat à la future Radio Énergie où va sévir Colette Chabot, celle qui nous avait servi CIME FM : ou ouvre le 9 mars, à 11 heures du matin. Tout le monde est ben énarvé!

Dixit le journaliste (ex) Marc Chatel : « Le jour où j’ai quitté Échos Vedettes (il y a de cela cinq ans environ), j’ai mis ma machine à écrire dehors, à la poubelle, et je me suis installé avec mes pinceaux. » Depuis, Marc est devenu un artiste peintre aguerri et dont on dit grand bien de ses œuvres. Voilà qui donne raison à l’adage : « Le journalisme mène à tout…à condition d’en sortir ».

Françoise Lemoyne, dont je faisais mention hier, au sujet du Keur Fatou (elle y est d’ailleurs retournée le lendemain), est celle dont nous voyons la publicité en frontispice du Journal : en effet, Françoise se spécialise aussi dans la confection de déclarations d’impôts. Faites-lui confiance


Dimanche 22 février

NOS RESPECTS, MADAME HÉLÈNE

Célébration familiale vendredi dernier, au Théâtre Jean-Duceppe, dirigé par la fille Louise du regretté dramaturge, à l’occasion de la première de La Mémoire de l’eau, dans une mise scène de Monique Duceppe, avec des costumes signés de sa sœur, Anne. Célébration qui nous a amené, au bras de son grand garçon Gilles, maman Hélène et le benjamin de cette famille tricotée serré et remplie d’amour.. Quel doux souvenir ce fut de retrouver cette belle dame, dont la mémoire visuelle ne fait certes pas défaut, puisqu’elle s’est souvenu de nous quelque trente années plus tard. Mon premier mot fut de la remercier, elle et ses filles (parce qu’on m’a rapporté qu’elle avait eu un bon mot…) de m’inviter à chacune de leurs pièces –après tout, je ne suis pas un critique théâtral-. Puis, j’ai ajouté qu’elle devait être fière d’elles. Ce à quoi elle a répondu qu’elles se donnaient de plein cœur, mais qu’elles travaillaient trop fort :
« C’est ce que je répétais à Gilles, l’autre jour… « Il m’a répondu : « C’est toi, maman, qui nous dis cela, toi qui a tant fait… »
Il y avait tant de douceur, et aussi d’admiration, dans la voix de Hélène Rowley Duceppe, comment ne pas en être ému ? Puis c’est le cœur léger que nous avons pris place dans cette salle, où survivra le souvenir d’un homme que nous avons respecté, adulé et en la compagnie duquel nous avons toujours pris grand plaisir : Jean Duceppe.


Lundi 23 février

CES QUARTIERS EN TRANSMUTATION…

La femme de communications Chantal Beauregard bouge du côté de Verdun. Si vous vous demandez pourquoi les gens déménagent dans cette ville de réputation modeste, allez-y faire un tour. Et admirez toutes ces nouvelles habitations. D’ici cinq ans, Verdun aura acquis un standard à rendre jalouses bien des banlieues de Montréal. D’autant plus que Verdun, c’est dans Montréal, non ? Juste de l’autre côté du tunnel Atwater. Où le métro se rend.

Et si ce n’est pas la ville du maire Bossé, Hochelaga-Maisonneuve fera bientôt mourir d’envie Le Plateau Mont-Royal. Un qui l’a bien compris, Robert Boulé qui a presque doublé la surface de son épicerie Métro, rue Ontario. L’intelligentsia montréalaise y émigre, les bandes criminalisées quittent petit à petit. Quoiqu’il y ait encore beaucoup de manches à retrousser….

Comme on trouve deux faces à une médaille, l’arrivée en masse d’une population à l’aise financièrement dans ces quartiers provoque une explosion des coûts d’achat comme de location. Les personnes moins fortunées en souffrent. Où va-t-on les relocalisées ?


Mardi 24 février

LARA, LARA

Rencontre fortement médiatisée avec Lara Fabien, hier au Salon Vert de la Place des Arts, la presse ayant été convoquée par Annexe Communications. Quelque chose d’efficacement chirurgical et avec une certaine froideur, pour ne pas dire une froideur certaine.
Ils étaient nombreux à vouloir interviewer la star : le vingtième sur la liste devait attendre que les autres l’aient rencontré, à raison d’intervalles d’une dizaine de minutes. Calculez : 200 minutes d’attente avant le « grand moment ». Le prix à payer pour les journalistes mais aussi pour l’artiste, ces entrevues à la chaîne exigeant une grande patience.
Le but de cette réunion : battre le tambour en vue du concert que donne Lara Fabian, à la Salle Wilfrid-Pelletier, les 27-28 février. Un concert en compagnie de l’Orchestre Symphonique de Montréal, dirigé par Charles Barbeau. Celui-ci connaît bien le répertoire de l’auteure-compositeure-interprète pour avoir été son chef d’orchestre pendant plusieurs années, et l’avoir accompagnée dans des manifestations du genre.
Ce spectacle s’inscrit dans le cadre des Week-ends Pop de l’OSM
Cette même fin de semaine, le 28 plus précisément, rencontre internationale des fans (Québec, France, États- Unis, Belgique, Mexique, Brésil…) de Lara Fabian, au Hyatt Regency de Montréal. Mais ça, vous l’aurez lu dans Planète Québec.

Mercredi 25 février

MON ONCLE
NE SE TASSE PAS !

Celui qu’on appelle l’ »Oncle » dans les sports motorisés, par rapport au « neveu » répondant au même prénom, Jacques Villeneuve, le nôtre, celui de Saint-Cuthbert, ne se tasse pas ! Vice-champion à l’Américain Larry Day en classe reine (Pro Champ) de la série Eastern Pro Tour, le vétéran de quelque 35 saisons sur motoneige continue de livrer de chaudes batailles. Deux fois deuxième à Eganville, Ontario, le week-end dernier, le cadet du regretté Gilles Villeneuve s’accroche toujours au deuxième rang de la série. C’est lui qui prépare ses propres machines, des Ski-Doo et, malgré la cinquantaine, demeure l’un des plus spectaculaires sur les anneaux de glace. Avec Jacquot, ça passe ou ça casse. Du vrai Villeneuve…de frère en frère. D’exprimer le vétéran relationniste Yvon Larrivée : « C’est tout un phénomène. Je ne sais pas quand il va s’arrêter. »

Vennat, Lefrançois, Ouellet, Ti-Paul est en pleine vendetta : après être passés au cash, les copains du p’tit gars de Shawinigan passent dans l’tordeur !

L’un plantait des fleurs, l’autre remplit des trous….

La série de courses autos Champ Car, qui va nous revisiter l’été prochain, se targue de présenter 18 voitures sur les grilles de départ : une belle farce, quand, sur souvent les mêmes pistes, on aligne une quarantaine de mastodontes de NASCAR.

Omar Sharif a beau avoir été choisi meilleur acteur (Monsieur Ibrahim et les Fleurs du Coran) lors des récents Césars, dans l’esprit de plusieurs, l’homme demeurera détestable. Pour ne pas dire méprisable. Une préposée aux gageures de l’Hippodrome de Montréal –alors Blue Bonnets- se souviendra toute sa vie de la gifle que l’acteur lui avait administrée. Malheureusement, ils ne furent pas nombreux d’entre nous, à aller rendre sa monnaie à l’individu. Cette dame, d’un commerce fort agréable, demeure une hôtesse à la piste de chevaux montréalais, à ce qu’on me dit.


Jeudi 26 février

LA ROUTE DE LA SOIE

Une invitation d’Anne Létourneau, voilà qui serait impossible à refuser. Surtout quand elle promet de nous faire découvrir les odeurs et les saveurs orientales, l’exotisme et l’enchantement de « la route de la soie » : de l’Égypte à la Perse, de la Thaïlande à la Chine; au milieu de ravissantes danseuses et chanteuses, menées comme d’une baquette magique par celle qui fut Shéhérazade et qui devient maintenant Saphir dans Bombay Blue, comédie musicale sera présentée au Casino de Montréal à compter du 13 mars.

Nous étions donc quelques privilégiés, je dirais, reçus dans la « résidence secondaire » du Maharadjah, soit au Pavillon du Canada de Terre des Hommes, lieu de répétition de ce bijou de spectacle concoctée par la fille de Monique Lepage et de Yves Létourneau.

Bombay Blue – sur la route de la soie- ce sont 70 chansons, des danses, des acrobaties, des tours de magie et de délicieuses illusions présentées par 22 artistes, sur un fond de sensualité certaine et de l’humour. Un voyage que feront avec plaisir –si l’on se fie aux extraits qui nous furent offerts, hier- les spectateurs du Casino et de d’autres lieux; car le budget énorme rencontré par Les Productions Phaneuf indique clairement que ce spectacle est appelé à voyager pour rencontrer ses frais. C’est vous dire l’ampleur de cette production réunissant des artistes dont le talent a été éprouvé dans nombre de comédies musicales et présentations de compagnies de prestige.

Trente minutes qui ont passé trop rapidement en compagnie de l’élégante et coquine Anne Létourneau et d’une troupe dynamique et que les premiers applaudissements, sincères et chaleureux ont ravi.

À BATON ROMPU
Effervescence à Radio Nostalgie, on entre en ondes le 9 mars, à 11 heures précises. Inutile d’ajouter que dame Colette Chabot en jase pas à peu près…Bon vent à Louise Turgeon de Planète Québec, et à Luc Pelletier qui prennent la route des États- Unis (Arizona, Texas, Oklahoma, rien de trop beau) pendant quatre semaines…Le comédien d’origine Agoumi (en remplacement de Kader Mansour dans Le Collier d’Hélène (Théâtre d’Aujourd’hui à compter du 16 mars), est celui qui donnait la réplique à l’auteure Carole Fréchette lors de la lecture de la pièce, à Limoges en 2001…


Vendredi 27 février

BRAVO, MONSIEUR ROULEAU
ADIEU, MONSIEUR BERVAL

JOSEPH ROULEAU célèbre ses 75 ans ce samedi. Il les aura soulignés à sa façon hier, jeudi, par un mini-récital dans le cadre de Les Mélodînes de la Place des Arts. Elles étaient nombreuses, les têtes blanches à venir applaudir le chantre basse originaire de Matane, au crépuscule d’une longue et brillante carrière. Mais un crépuscule ensoleillé par le plaisir de l’un et celui des autres : du chanteur et de ses fidèles admirateurs.
« Il ne fait pas son âge », disait une dame à côté de moi. « Regardez comme il est fier ! »Bien raison d’être fier, Monsieur Rouleau, car la voix est toujours là, puissante et bien mesurée. La prestance aussi, ça oui. Dans une belle complicité avec la pianiste LOUISE-ANDRÉE BARIL.
Après avoir interprété Le Cor d’Ange Flégier, Joseph Rouleau a rappelé que ce fut l’une de ses premières présentations et une pas facile pour une basse : « À ce compte-là, je pense que je m’améliore », a-t-il exprimé, provoquant le sourire dans la petite salle remplit à sa capacité.
Le concert terminé, Monsieur Rouleau a remis sa gerbe de fleurs à une fillette de cinq ans qui, sagement assise, battait parfois la mesure. Derrière, un bébé pleurait. La vie…

La vie…et la mort
Pleur d’enfant, yeux émerveillés d’une fillette, la vie…cette vie qui a quitté le corps de PAUL BERVAL, mercredi matin. Ce fut un grand artiste, un maître dans son art.
Les humoristes prennent de plus en plus d’espace sur les scènes québécoises depuis cinq ans. Ils furent aussi très courus dans une époque qui nous apparaît désormais lointaine : les années cinquante et soixante. Du talent, ils en avaient autant que ceux d’aujourd’hui. Sinon plus. Ils savaient jouer la comédie, chanter, exécuter quelques stepettes et faire rire ! Ils s’amusaient entre eux et une belle synergie se manifestait dans leurs numéros en duos ou dans des revues de trois à cinq personnages.
Paul Berval, c’était le cabaret LE BEU QUI RIT, fin des années cinquante, rue Sherbrooke (angle Jeanne-Mance), une artère grouillante à l’époque. « C’est là qu’on a appris à jouer des sketches », raconte DENISE FILIATRAULT. Et de confirmer DOMINIQUE MICHEL : « J’ai beaucoup appris de mon métier en regardant travailler Paul. »
Elles doivent commencer à se sentir bien seules, Dodo et Denise, et aussi Roger Joubert, arrivé dans le décor avec les revues de Jacques Normand. Seules sans Denis Drouin, sans Olivier Guimond, sans…C’était du temps où l’on chantait : « J’aime les nuits de Montréal…c’est bien mieux qu’à Place Pigalle… »
Il y a quelque cinq ans, j’avais rencontré Monsieur Paul Berval. Ses blagues n’avaient plus la même verve, il n’aurait pas été en mesure de se produire en spectacle. Il le savait et ça le rendait triste, je pense.
Dimanche, lors du gala LES OLIVIER, on rendra hommage à Paul Berval, qui s’est éteint à l’âge de 80 ans. Nous verrons Denise Filiatrault lui remettre son Olivier/Hommage. Cela se passait le mois dernier, Paul Berval aura quitté la scène avant de recevoir ses derniers applaudissements. Humblement, à l’image de Paul Bédard, ce jeune homme de Longueuil, chanteur d’opérette, acteur au cinéma et à la télévision, voix de Fred Caillou dans les Pierrafeu, pince-sans-rire dont les partenaires de revues se trouvaient justifiés de craindre toute « modification » apportée au tableau.


Samedi 28 février

PLANÈTE QUÉBEC,
C’EST CHAMPION !

Beaucoup de lecteurs de Le Journal ont transité par PLANÈTE QUÉBEC, où il m’arrive de signer quelques chroniques –convergence obligeant. Ce n’est pas peu de choses ce site internet fondé par RICHARD JOHNSON, il y aura bientôt dix ans. Alors qu’appuyé par sa conjointe ANNE ROBERGE, ils ont investi des économies de nombreuses années pour se lancer dans cette aventure périlleuse.
Aujourd’hui, Richard, Anne et leur fidèle collaborateur TOMMY TURCOTTE récoltent le dixième de ce qu’ils ont semé –le centième et le meilleur étant encore à venir.
Lors de notre dernière vérification, sur Alexa, le thermomètre des sites internet, Planète Québec se plaçait au 57e rang dans la francophonie, deux places derrière RDS et trois derrière Infiniti. Un bond prestigieux depuis la fin de l’automne dernier, alors que Planète ne faisait qu’entrer dans le « top 100 ».
Dans cette guerre de la cyberespace, Google et le français Wanadoo demeurent indélogables, mais quand vous vous promenez dans le sillage de Cyberpresse et de Radio-Canada (la maison d’État venant de mettre la hache dans son site internet), vous pouvez relever la tête. Surtout avec 55 000 abonnés et une trentaine de milliers de visiteurs par jour.
Je vous le répète, Planète Québec, c’est champion !

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À BÂTON ROMPU
Puisqu’il est question de Planète, un très bel anniversaire de naissance à MARIE-JOSÉE VAILLANCOURT, dite La Maudite, avec laquelle je collabore à une chronique, sous la bannière Unibroue… Et mes vœux de prompt rétablissement à l’amie et journaliste MICHÈLE SÉNÉCAL de Destination Soleil, un satellite de Planète Québec… De la façon dont ils sont bardassé FUN NOIR, pas trop surprenant que les cotes d’écoute ne répondent pas aux espérances de TQS…AMBA, cette sympathique chanteuse que vous avez peut-être applaudi à L’Escogriffe de la rue St-Denis (Montréal) se la coule douce à Hawaii et il s’écoulera encore beaucoup d’eau sous les ponts avant de la revoir….C’était au mérite, bravo pour la nomination d’ANDRÉ MÉNARD au panthéon du jazz canadien !


Dimanche 29 février

GOSPEL EN LA CHAPELLE

«Chants, bonheur et douce lueur », promettait la réclame, ce fut sensiblement l’ambiance projetée lors du concert gospel offert par L’ENSEMBLE VOCAL PROCHANT, à la CHAPELLE NOTRE-DAME-DU-BON-SECOURS , en fin d’après-midi de dimanche.

Située dans le Vieux Montréal, à la fin du XIXe siècle, la Chapelle sera peuplée surtout de journaliers oeuvrant, en majorité, dans le port. Ceux-ci fréquenteront la chapelle alors surnommée « la chapelle des marins ». Une beauté, avec ses vitraux, sa nef, ses peintures. Les mélomanes montréalais s’y rendent régulièrement assister à des concerts, dans ce lieu offrant une sonorité de premier choix.

Si l’Ensemble Prochant ne peut se comparer à un chœur Noir, la bonne volonté et l’enthousiasme sont là. Laissons-nous emporter, frappons dans les mains, répondons à l’appel : Oh Happy Day !

Composé d’une vingtaine de choristes possédant une formation de soliste et qui se produisent autant en chœur qu’en quatuor, l’Ensemble, sous la direction musique de Jacques Ménard de la Bande Magnétik, présente de belles voix, et nous voudrons certainement répondre à son prochain rendez-vous.

Si, après le spectacle, il était un peu tôt pour suivre le guide sur les hauteurs du Belvédère pour admirer le Vieux Montréal en lumière (les journées rallongement), une visite à la patinoire s’imposait. Joie des enfants, joie des familles. Plus que quelques jours pour chausser nos patins.

Et il y a eu le feu d’artifice au Bassin Bonsecours : court mais un vrai de vrai. Quelle belle façon de débuter la NUIT BLANCHE de MONTRÉAL !

IN MEMORIAM, YVON THIBOUTOT
Rencontré il y a quelque deux ans, célébrant un anniversaire de La Roulotte des Parcs de Montréal, le comédien YVON THIBOUTOT, se disait content de pouvoir profiter de sa campagne dans les Laurentides. Je compris qu’il avait été malade, nous n’avons pas allongé là-dessus.

Ils étaient là, les anciens de La Roulotte, ceux et celles que Paul Buissonneau rappelait à l’occasion d’un bon coup, les Thiboutot, Claude Jasmin, Mireille, Julien Poulin… L’homme se trouvait en rémission d’un cancer du poumon. La maladie mortelle l’aura rattrapé :
Yvon Thiboutot est décédé samedi dernier.
Je ne l’avais pas beaucoup connu (quelques entrevues, quelques bières, même environnement) , juste assez pour en conserver un bon souvenir.

PASCALE BUSSIÈRES,
UNE SOIE

Dans ce métier, il y a des artistes qu’on souhaiterait n’avoir jamais rencontrés, d’autres dont la présence, fusse-t-elle brève, nous laisse un souvenir agréable. PASCALE BUSSIÈRES, une soie, doit faire le bonheur de tous ceux (et celles) qui ont l’occasion de la fréquenter au niveau artistique. Celle qui joue la mère du jeune garçon malade dans Le Papillon Bleu nous aura raconté, entre autres :
»Cela a été assez épique, le tournage, parce que nous étions dans une végétation de nature puissante et extrême, dans une « rain forest », au Costa-Rica, près de la frontière du Panama. (…) On ne s’y aventure pas tout seul la nuit, car il y énormément de vie. Le fait que Georges (Brossard) et Suzanne (Schiller, la compagne de l’entomologiste) aient été là, ça m’a sécurisée. Parce que même à l’hôtel où nous logions, il y avait des scorpions, des boas, des vipères, tarentules, un paquet d’insectes qui, à priori, sont menaçants. Quoique Georges vous dirait le contraire : à son contact, on dédramatise la peur de ces insectes qu’on ne connaît pas, en fait. Et comme le dit si bien Georges nous sommes entourés eux et l’espèce humaine n’en est qu’une parmi tant d’autres. Et qu’il est fondamental de se rendre compte que ces insectes sont là depuis beaucoup, beaucoup plus longtemps que nous. Et vont y rester encore plus longtemps. Ce qui remet l’humanité en perspective… »

 

 

 

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