CROISIÈRE AUX
ÎLES DE LA MADELEINE

-par Céline Petit-Martinon

Céline Petit-Martinon est partie en reportage aux Îles de la Madeleine. Son parcours chez les Madelinots viendra en suite à son voyage fluviale, une croisière à bord du Vacancier, de Montréal à Cap-aux-Meules. Voici son journal…de bord

 

Pour ceux qui n’ont pas peur de l’eau, suivez-nous pour une croisière à bord du Vacancier de CTMA, de Montréal à Cap- aux- Meules.
Départ de Montréal au Quai Bikerdyke à la Cité du Havre.

Vendredi, jour 1, 13h
Dans un joyeux brouhaha un centaine de personnes arrivent, qui en taxi, qui avec sa voiture qui sera embarquée au sous-sol du bateau.
Une équipe en uniforme le sourire aux lèvres nous accueille :
informations d’usage, identification des bagages qui sont déposés dans un camion de la compagnie CTMA . Nous les retrouverons à bord, une heure après le départ, devant la porte de notre cabine. Le système est bien rodé et le bateau démarre vers 15 h.

Nous regardons défiler le Vieux Port de Montréal et la Tour de l’horloge . Nous avons le recul pour admirer les fameux cubes d’Habitat 67 à la Cité du Havre, complexe grisonnant à peine recouvert de la verdure début de saison, mais qui a encore le don de nous étonner. Nous passons sous le pont Jacques Cartier et prenons conscience que la croisière est démarrée.

Cela nous prendra la demie journée pour nous repérer à bord.
La Compagnie CTMA a fait l’acquisition du VACANCIER en 2002 afin de répondre à une demande grandissante du public pour une croisière reliant Montréal- Québec- la Gaspésie et les Îles de la Madeleine. C’est un magnifique bateau de 11,481 tonnes, d’une longueur de 125,60 m, d’une largeur de 21,40 m et d’une capacité de 500 passagers en cabine. Le nombre de membres du personnel peut varier de 80 à 100 personnes environ.

Dès le premier soir nous découvrons la magnifique salle à manger entièrement vitrée qui permet d’admirer le paysage et de voir scintiller les rives du St- Laurent.
Excellent service et au menu, poissons fruits de mer comme nous nous y attendions. Les entrées suivies d’un homard magnifique, fromages et desserts tout nous confirme que les plaisirs de la table feront parti de notre semaine de vacances. Une courte mais bonne carte de vins qui accompagneront nos soupers.

Samedi : jour 2 – à bord du Vacancier
Pour les petits déjeuners et dîners la cafétéria est située à un autre étage mais offre la même vue magnifique. Autre style mais avec un assez bon choix permettant de passer moins de temps à table pour participer aux autres activités du bateau.
Les voyageurs qui choisissent la croisière sont, en général , des observateurs et passent une grande partie de la journée devant le film grandeur nature qui se déroule avec majesté sous leurs yeux.
Ce changement de rythme permet aussi aux citadins que nous sommes de décompresser et nous préparer à la détente des vacances.


Dimanche : Jour 3, midi, arrivée à Cap- aux- Meules.
Ce jour là, il pleut à boire debout !…M. Léonard Arsenault, responsable des communications de CTMA et Isabelle Cumming, responsable du marketing à l’Association Touristique des Îles de la Madeleine nous accueillent avec le sourire nous faisant oublier la pluie.
Isabelle nous à réservé des chambres dans un gîte trois *** très réputé : la Maison du Cap-Vert à Fatima.

Cette magnifique maison face à la mer où nous logerons deux nuits, est très confortable et l’accueil chaleureux de nos hôtes Irène et Jean-Marc Aucoin réjouissant. La maison affiche déjà un nombre impressionnant de Prix en tourisme.
Les chambres avec salle de bain privée sont spacieuses et très bien insonorisées, ce qui n’est pas toujours le cas dans les gîtes et auberges.
Une petite heure pour s’installer et déjà notre guide Hélène Richard, tout sourire, passe nous chercher pour partir à la découverte des îles.

« Commençons nous dit- elle par vous restaurer au Café de la Côte. C’est un restaurant très connu où se retrouvent les chanteurs, conteurs et autres artistes pour le plus grand plaisir des touristes. »
Notre arrêt le midi y sera court mais déjà les effluves et l’originalité de présentations telle qu’une pizza aux fruits de mer nous remettent en forme.

Quel enthousiasme et ferveur chez notre guide qui nous raconte son pays ! « Comprenez-vous mon accent , nous dit-elle? »
« Quel accent , répondons-nous en riant, nous sommes habitués à l’accent de la Sagouine et autres personnages d’Antonine Maillet et c’est là que nous réalisons que l’origine des Madelinots est vraiment l’Acadie. »

Les nuages se sont levés nous permettant d’admirer le paysage. J’ai peu d’espace pour vous décrire comme je le voudrais la beauté de ces îles. Je retiens quelques moments fugitifs :
À Havre– Aubert le site historique de La Grave.
Cette petite plage de galets fut un site privilégié pour les pêcheries et le commerce. C’est là que se trouve l’Aquarium des îles permettant d’observer les phoques, plusieurs espèces de poissons, crustacés et mollusques.
Le Musée de la mer offre une exposition permanente « Laboureur du golf » et un beau choix d’artefacts nous aidant à comprendre la vie difficile de ce peuple courageux depuis trois cent ans.

Au Vieux Treuil c’est une programmation de théâtre et spectacles divers. De chaque côté de cette petite rue en pente s’égrènent des boutiques d’artistes et d’artisans: peintures, sculptures, sable, bijoux, bronze, etc.C’est là qu’est exposée la magnifique sculpture « Le Cœur des îles » d’Armand Vaillancourt.

C’est CHEZ DIANE à Cap- aux- Meules

que nous souperons et passerons notre première soirée.
Cette salle à manger est située dans une magnifique Maison de pierre des champs au toit pentu . Dès l’entrée, les boiseries au naturel, la lumière tamisée, les peintures d’artistes locaux créent une atmosphère de détente où tout est de bon goût.

L’accueil et le menu ce soir là furent aussi à la hauteur de nos attentes. En entrée au choix : les moules au bleu , la bisque de homard, la terrine aux trois gibiers. Comme plat principal : pâté de mer ¨ pot en pot ¨ , une matelote de mer, pétoncles forestières, saumon aux petits légumes et aussi pour les carnivores filet mignon sauce au poivre.

Le tout accompagné d’un Bourgogne aligoté de Roger Jouennes et d’un Château de Nages 2001 Costières de Nîmes.
Un dessert extra dont je ne vous dévoilerai pas le secret: Carré à la sauterelle ! C’est une spécialité des îles et chacun, chacune des cuisiniers et cuisinières de l’île l’ont au menu… à vous d’aller le découvrir.

Diane Vigneau la propriétaire est très connue aux Îles grâce à son implication sociale. Elle fut active pendant dix ans à l’Association Touristique et travaille avec tous les intervenants du milieu. Elle gagna deux fois le Prix de l’Accueil des Grands Prix du Tourisme Québécois.

Mais ayant eu un accident de voiture elle a vu sa mobilité réduite et a dû s’adjoindre des chefs en cuisine: Maurice Dumais au Château Madelinot et Denise Décoste au restaurant Chez Diane. C’est cependant elle qui continue de gérer le tout. Sa table est ouverte sept jours sur sept à l’année et sa principale clientèle est composée de gens d’affaires . Une halte réjouissante à ne pas manquer!


Jour 4, visite des îles.
Après un copieux petit déjeuner et un bout de conversation avec Irène et Jean- Marc nous montons à bord de la familiale pour une journée de balades et découvertes .

La Fromagerie Pied- De-Vent à Havre – aux- Maisons.
C’est notre premier rendez- vous de la journée. Connaissez- vous d’où vient cette expression Pied- de- Vent ? Cela vient des rayons du soleil qui transpercent les nuages et sont annonciateurs de vent !

Vincent Lalonde le chef fromager nous accueille dans la boutique ouverte au public. Un mur vitré donne sur la pièce où les spécialistes travaillent au moulage et transformation des meules sous nos yeux .
Vincent à trois autres associés : Jérémie Arsenault, Paul Jomphe et Luc Chevary.

Jérémie Arsenault est d’une famille de fermiers et la ferme de son père périclitait, c’est en s’associant aux autres qu’il pût la sauver. Ils ont choisit la race de vaches « Canadienne noire » qui étant plus rustique mange de tout et grâce à la flore des îles donne le bon goût au fromage et aussi une meilleure performance.

Le fromage Pied- de-Vent est une pâte molle au lait cru affinée en surface. On en produit 30,000 meules par année.
Tout le lait est transformé sur place. On y emploie six personnes à l’année plus trois autres dans les temps forts et cinq ou six à la ferme.

L’équipe travaille depuis un an à un nouveau produit appelé Tomme des Demoiselles qui fait fureur aux Îles. Malheureusement la production n’est pas suffisante pour l’exporter. Nous l’avons dégusté et il est délicieux.
Quant au produit principal Le Pied- de-Vent, on le trouve, entre autres, Aux Marché des Saveurs du Québec, Marché Jean-Talon et à la Fromagerie des Nations, Au marché Public, autoroute 440 à Laval.

Au Fumoir d’Antan , Économusée du Hareng , Havre-aux-Maisons.
Une autre belle histoire racontée par un des propriétaires Benoit Arsenaut. Ben le conteur qui tient son public en haleine pendant une bonne heure et que je vais essayer de vous résumer en quelques lignes.

L’histoire du hareng est un peu celle des tous les produits de nos côtes qui depuis trois cent ans ont été surexploités et ont connu des déclins tragiques pour leurs populations.

En 1970, les années de surexploitation amènent la fermeture des usines. C’est en 1990 que l’on revoit du hareng sur les côtes. Ben et ses frères demandent à leur père de les aider à reprendre le collier et à redémarrer l’entreprise.

Quand on pense que dans les très bonnes années, à l’époque de son grand-père en 1942, il y avait 40 fumoirs sur les îles et que l’on fumait 10 millions de livres de hareng par année, on comprend combien les pêcheurs et leurs familles connurent des années difficiles.

Une visite à cette usine qui depuis quatre ans est devenue un Économusée est fort instructive. Vous y découvrez comment se fait le fumage à la façon ancestrale. Vous avez aussi l’occasion de déguster hareng fumé et mariné ainsi que le maquereau dont on reprend l’exploitation en espérant que le produit arrive dans les filets des pêcheurs pour en permettre les prises et une saine gestion.

Pour les gens séjournant dans les îles pour leurs vacances, une bonne adresse où ils peuvent se procurer tous les produits frais : La Poissonnière à Cap- aux-Meules.


Micro- brasserie ¨ À l’abri de la Tempête ¨ à l’Étang– du- Nord
Une autre aventure réalisée par des jeunes qui n’ont pas eu peur de s’installer en plein vent aux bords de mer dans une ancienne usine à poissons à l’Étang- du- Nord . Anne– Marie Lachance est de Montréal et son copain Jean-Sébastien Bernier, un amant des îles, était brasseur au Bilboquet à St-Hyacinthe.
Anne-Marie vivait aux Îles et lui y était venu plusieurs fois.

¨ Demeurer employés toute sa vie ou devenir patrons ¨ ? Telle fut leur question existentielle. Ces deux ¨pelleteux de nuages ¨ n’ont pas froid aux yeux et se sont lancé avec ferveur dans cette belle aventure.

Pendant trois ans ils ont fait une sélection de semences à l’Étang– du- Cap à Havre Aubert,
qu’ils ont confiées au fermier Gilles Renaud qui ne fera que ça pour eux : cultiver sans produit chimique. Le seul produit chimique utilisé avant de planter les graines fut de l’engrais.

« On emploi de l’orge seulement, c’est un produit unique et simple. On a fait tous nos tests de maltage, le tout dans des réservoirs de 1,180 litres de dire Sébastien.

L’eau provient de l’aqueduc de la ville originant de puits. Ils ont fait analyser les qualités de l’eau et les tests rencontrent les standards.

La bière est vendue en fûts et en bouteilles recyclables de 341 ml ambrées, aux Îles seulement . C’est la première bière madelinote.
Ces jeunes ont beaucoup d’enthousiasme et de courage on leur souhaite bon Vent et longue Vie.

Auberge- De la P’tite Baie, restaurant B & B **** - Hâvre– aux-Maisons

Cette maison centenaire du début du siècle dernier était un poste de douane et a su garder son cachet historique.
Quatre chambres joliment décorées et la salle à manger de 24 places avec des petites salles conservant les coins intimes d’une maison.

Le chef proprio est Luc Arsenault et sa femme Réjeanne Langford est la sœur de notre hôtesse de la maison du Cap-Vert et leur frère le chanteur très connu Georges Langford. On a partout de la famille aux Îles et c’est ce que nous découvrons un peu tous les jours !

Le chef Arsenault a déjà décroché un bon nombre de trophées dont le Prix de l’Accueil à la clientèle 1998 , entre autres.
J’y ai mangé une merveilleuse brandade de morue et mes compagnons un loup marin grillé, un saumon au beurre de hareng boucané sauce aux canneberges et un duo du poissonnier : flétan et pétoncles sur le grill.
Sans parler des entrées : feuilleté de buccins et crème de légumes crémeuse à souhait. Je cale un peu sur le dessert et j’essaierai, par pure gourmandise, une magnifique confiture aux fraises et canneberges !
Autres bonnes tables à visiter.

JOUR 5 , AUTRES DÉCOUVERTES.

Nous sommes très intrigués par la visite suivante : La Pomme des Prés à l’ Étang du Nord.
Nous voilà accueillis par les propriétaires : Josée Lapierre et Réjean Rioux à l’usine de transformation. Réjean a travaillé pour le MAPAQ à St -Simon de Rimouski.
Ce que l’on nomme pomme des Prés aux Îles ce sont des canneberges sauvages qui poussent dans les tourbières et qui sont cueillies à la main par les gens des îles qui sont très soigneux pour ce faire.

En 2003, on en a ramassé 110,000 livres. Ces petites baies mêlés à des pommes Cortland de M. Lavallée de St- Joseph du Lac donnent un cidre très goûteux aromatisé mais si bien dosé qu’il est difficile de retrouver le goût des canneberges.
La cueillette se fait fin novembre. En 2003 la production fut de 10,000 bouteilles de 375 ml.

Réjean et sa compagne ont suivi une formation en vinification et travaillent en recherches depuis 2001 sur différents produits. Ils produisent aussi un cidre aromatisé aux bleuets sauvages, mais pour le moment la production est vendue aux Îles seulement.

On trouve aux Îles seulement un autre de leurs produits sous le nom ÉVASION, c’est un excellent jus de canneberges et pommes sans addition de sucre ou d’eau.
Les recherches qu’ils poursuivent maintenant depuis 2003 vont au cidre de glace, nouveau produit qui demande beaucoup de soin et est très prometteur. Il est commercialisé sous le nom de VOILE DE GLACE et on en a vendu 700 bouteilles la première année.

Une autre petite industrie dynamique et intéressante à visiter qui nous démontre à quel point les Madelinots sont inventifs, travailleurs et minutieux pour réussir à nous offrir autant de produits locaux originaux. On trouve le CORBIJOU au Marché Les Saveurs du Québec, Marché Jean-Talon à Montréal.


L’Anse aux Herbes , Bel Anse à Cap- aux- Meules.

Un autre rêve de visionnaires! Depuis 10 ans aux Îles Nouane Giguère est une passionnée de jardins, fines herbes, plantes aromatiques et médicinales, onguents, savons, huiles et vinaigres aromatisés.

Son compagnon Alain Lapierre tout aussi passionné qu’elle est le propriétaire d’un terrain de 12 acres magnifiquement situé à Bel Anse. Tous les deux ont réalisé leur rêve qui nous apparaît après six ans de durs labeurs époustouflant.

Au moment où nous y sommes passés, au printemps 2004 ils terminaient un vrai jardin Zen, Cercle parfait où un nombre impressionnant de plantes médicinales étaient réunis.
Depuis 1998 ils ont mis deux ans à préparer les terrains, engrais terrassement et construction des serres. Au fur et à mesure du développement ils ont ajouté une boutique où les touristes, après leur visite peuvent acheter des produits. La visite dure environ une heure et croyez-moi cela vaut le $4.00 d’entrée pour tout ce que l’on y observe et apprend avec un guide spécialisé.

Tout ce qui est cultivé est transformé sur place de la façon la plus naturelle qu’il soit. Ils ont avec eux Laurence Brossard diplômé en Horticulture de Mont-Joli et Luc Leblanc, aide- jardinier des îles ainsi qu’une autre aide pour la mise en pots des produits.

Ils ont réalisé le rêve de leur Vie tout en créant des emplois et aidant à la relance agricole des Îles. .
On trouve leurs produits au FOUVRAC, au GOURMET LAURIER, à Montréal et au Rachel- Berri à Laval .


Chocolaterie Diane -Les entreprises Gallant , Étang-des-Caps.

Diane Gallant aimait le chocolat et en 1994 il n’y avait pas de Chocolaterie aux Îles. Diane et ses deux sœurs avaient beaucoup de recettes et décidèrent d’ouvrir un petit comptoir attenant à leur maison. Au départ il y en avait cinq sortes et maintenant il y en a seize : caramel, fruits sauvages, amandes, érable, menthe, cerises, pralines, chocolat noir, au lait, blanc, sans sucre etc.

Quel talent et imagination pour les arrangements d’événements spéciaux : gerbes de fleurs en chocolats et emballages en tout genre, boites et paniers, c’est un jardin chocolaté. Diane est une vraie spécialiste qui a suivi des cours à St-Hyacinthe et chez Barry-Callebaut. Pour certains emballages elle utilise des bases d’artisans du coin. Une artiste qui réjouit le palais des plus fins connaisseurs.

Pêcheries Gros- Cap. Étang du Nord Cap- aux- Meules.

Ici, on trouve sous un même toit une usine de transformation des produits marins, un magasin de ventes et une Cafétéria- Pizzeria.
M. Jean-Yves Cyr, directeur général m’explique que son arrière grand- père était parmi les premiers fondateurs de la Coopérative en 1932.

Cette usine, une des trois plus grosses des Îles, a fonctionné sous forme de coopérative jusqu’en 1988 alors qu’elle changea de statut pour devenir compagnie privée avec des actionnaires dont 22 sont des pêcheurs commerciaux.
Ce changement fut très bénéfique à l’entreprise en permettant l’agrandissement et la modernisation de l’usine augmentant ainsi la production et permettant de développer l’exportation.

On y ajouta une cafétéria au deuxième étage, munie d’un immense mur vitré . Les visiteurs ont ainsi l’occasion de voir les employés à l’œuvre dans les travaux de transformation du poisson et des fruits de mer. On goûte ainsi aux produits frais à la Pizzéria et on peut par la suite faire ses achats à la boutique .

Cette usine offre le plus grand choix de produits pour un volume de 7 millions de livres par année, dont 70% va à l’exportation : U.S.A. Japon, Belgique etc. Le Japon à lui seul achète 90% de la production de crabe, en 2004 cela représenta 1 million de livres.

LA TABLE DES ROYS Johanne Vigneault, chef- propriétaire.
Étang- du-Nord, Cap- aux-Meules.

Pour notre dernier repas on nous avait réservé la surprise d’une des meilleures tables des Îles.
Notre coup de chance c’était la soirée d’ouverture et le début de la saison de cette magnifique table gastronomique. Notre guide Hélène Richard avait parlé à Madame Johanne Vigneault , la veille et avait réussi ce tour de force, nous faire recevoir à cette table un soir de Première.

Accueil chaleureux du maître d’hôtel Robert Marchand et du sommelier Denis Lemoyne. Ce dernier a une vaste expérience eu Europe et dans l’ouest du pays où il fut 11 ans au Banff Springs Hôtel d’Alberta.
La patronne Madame Johanne Vigneault, malgré la charge énorme qui lui pesait sur les épaules ce soir-là, vint nous accueillir et s’informer de notre bien-être au cours du repas.
Lors d’un repas aussi soignée les mots nous manquent pour vous décrire ces moments privilégiés. Effleurons le sujet :
Carpacio d’agneau sur polenta vinaigrette et tomates séchées, un délice. Sashami de pétoncles du golf, sésame et gingembre et salade de fruits exotiques au saké, véritable péché exotique!
Poulet de Cornouaille grillé, petits légumes rôtis et ail confit, jus aux herbes de Belle Anse, le poulet à son meilleur.
Mes compagnons de table eurent aussi à déguster des œuvres d’Art.
Le tout bellement soutenu par un Chablis 2002 Les Champs Royaux de William Fèvre, habilement suggéré par le sommelier, pour notre plus grand plaisir.
Au dessert un petit bijou : une crème brûlée- soufflée à l’érable et au chocolat fondant . Cela terminait en beauté un repas merveilleux.

Notre seul regret nous avons dû nous hâter, chose à ne jamais faire lors d’un souper gastronomique mais , nous n’avions pas le choix, notre bateau dont le départ était fixé à 20h ne nous aurait sûrement pas attendus!
Nous aurions cependant tellement aimé passer une semaine de plus dans ces îles enchanteresses !

Le retour
Pour nous accueillir nous retrouvons notre équipage et un nouveau capitaine Monsieur Mario Landry ( voir texte suivant) et le Commissaire de bord Monsieur Stéphane Gaudet.
Au retour le Vacancier effectuera deux arrêts : un de quatre heures environ à Chandler et de huit heures à Québec pour accoster dans le port de Montréal le vendredi matin ou vous quitterez le bateau après le petit déjeuner.

Le retour est tout aussi intéressant qu’à l’aller.
Les soirées sont particulièrement animées par Raymond Henry. Natif de Cap- aux- Meules ce chanteur, humoriste, comédien et animateur chevronné en est à sa deuxième année à bord du Vacancier.

Pendant 10 ans il fut comédien et metteur en scène au Théâtre d’été des Îles: La Parlure. Avec humour il fait même participer les membres du personnel du bateau pour l’exécution de certaines chansons . Ce fut un numéro très réussi. Le Commissaire de bord y joue ma foi un autre rôle : il est aussi chanteur- compositeur il a même un cd à son actif.
Comme accompagnatrice, Céline Chevarie de l’Étang –du- Nord était thérapeute de métier mais elle a étudié la musique pendant 11 ans aux îles et pour une deuxième saison s’en tire avec beaucoup de talent.

L’animation remplie d’allusions aux blagues et histoires des Îles nous toucha un peu plus, qu’à l’aller. La salle participe et s’amuse agréablement.

La Croisière : une façon originale et reposante de découvrir les Îles de la Madeleine .

CAPITAINE EXPÉRIMENTÉ À BORD

Le capitaine Mario Landry est depuis quatre ans à l’emploi de CTMA Compagnie de Transport Maritime et Aérien. Pour son jeune âge, à peine 40 ans, il a une feuille de route impressionnante.

Il obtint son DEC en navigation à l’Institut de Marine de Rimouski après 3 années d’études et un an de stage pratique sur un navire.
Il passa trois ans comme officier navigant et six ans comme opérateur radio. Il a aussi un certificat en administration de l’Université de Trois-Rivières.
Avant CTMA, il navigua six ans dans la Garde Côtière Canadienne : dans l’Ouest, dans le Golf et dans l’Artique jusqu’au 80e parallèle nord et sur la côte ouest du Groenland.

C’est dans l’Artique qu’il dit avoir fait son plus beau voyage avec une expédition d’une cinquantaine de scientifiques de sept nations différentes.
Lorsque l’on dit que le Capitaine est Maître après Dieu à bord cela est véridique car c’est vraiment sur ses épaules que repose l’énorme responsabilité du navire et de ses passagers.

L’erreur étant humaine… il me dit qu’un capitaine doit être à l’attention de toutes les anomalies qui peuvent arriver à bord.
Bien sûr qu’il est secondé par toute une équipe dont deux officiers, le commissaire de bord et le chef mécanicien. Qui eux ont sous leurs ordres près d’une centaine de personnes.
Le chef officier par exemple s’occupe du département des ponts et de la timonerie, le chef mécanicien a l’énorme responsabilité de toute la mécanique, électricité, plomberie etc.

Le commissaire de bord pour sa part à la responsabilité et l’entretien général intérieur du navire et le service à la clientèle. Ii a sous ses ordres une cinquantaine de personnes.
Les équipages travaillent des quarts de 8 heures pour quatre semaines de travail et prennent deux semaines de repos.
Bien qu’il ait travaillé aussi sur les traversiers de la CTMA, le capitaine Landry trouve que le travail à bord du Vacancier est plus agréable car il comporte un meilleur contact avec les passagers.

La responsabilité du capitaine, poursuit-il, c’est qu’il n’a pas droit à l’erreur. C’est lui qui en cas d’imprévu doit prendre instantanément une décision.
Comme j’entendais certains passagers avant le départ se demander si la mer était agitée, je lui demandai si le bateau avait des stabilisateurs ?

Oui, mais nous n’en avons pas besoin en ce moment ce bateau est très stable et cela nous sert seulement en hiver.
Ce bateau n’est pas de première jeunesse, je crois qu’il a une quarantaine d’années et a été construit en Allemagne. Il a été acheté par CTMA en 2002 et a été ré-aménagé. Toutefois, les habitués de croisières dans le sud devront tenir compte que les cabines sont exiguës mais comportent une minuscule toilette et douche ! Comme on ne va pas en croisière pour passer la journée dans sa cabine je dirais que les cinq jours sur le Vacancier sont très agréables et confortables.

Le capitaine Landry et son équipage sont aux petits soins pour nous et ce sont de magnifiques vacances à la découverte des Îles- de- la Madeleine et des rives de notre magnifique Saint- Laurent.

Le Capitaine Landry est capitaine en second à bord du Plaisancier, le premier Capitaine étant Monsieur Langford , que je n’ai pas eu le plaisir de rencontrer.

 

 

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